vignette|Nombre d'abonnements à Internet par accès fixe rapporté à la population, exprimé en pourcentage, par pays, en 2021.
Internet est le réseau informatique mondial accessible au public.
Il est constitué de millions de réseaux tant publics que privés, universitaires, commerciaux et gouvernementaux, à commutation de paquets, sans centre névralgique. Ceux-ci sont regroupés en réseaux autonomes. Il existe plus de distincts en 2019..
Les données échangées sont retransmises par Internet grâce à un ensemble standardisé de protocoles de transfert de données, lesquels permettent différentes applications comme le courrier électronique, le World Wide Web, la messagerie instantanée, le partage de fichiers en pair-à-pair, le streaming
Dans les années 1990, l'apparition du Web contribue à rendre Internet accessible au grand public. Depuis les années 2000, un nombre croissant de types d'objets divers y sont connectés, formant l'Internet des objets.
Un internaute est un individu qui utilise un accès à Internet, lequel peut être obtenu grâce un fournisseur d'accès, généralement par souscription à un abonnement, à travers divers modes de communication électronique : soit filaire (réseau téléphonique commuté à bas débit, ADSL, fibre optique jusqu'au domicile), soit sans fil (WiMAX, par satellite, GPRS, EDGE, 3G, 3G+, 4G, 5G).
Terminologie Le terme américain Internet est dérivé du concept d, , dont la première utilisation documentée remonte à par Robert Elliot Kahn., dans le cadre de la première (ICCC) à Washington.
Les origines exactes du terme sont incertaines. Le , le nom « Internet », déjà en usage pour désigner l'ensemble d'ARPANET et de plusieurs réseaux informatiques, devient officiel A Closer Look At The Controversy Over The Internet's Birthday! You Decide, sur circleid.com.
En anglais, « un » (nom commun, sans majuscule) est un terme technique désignant un réseau constitué de l'interconnexion de plusieurs réseaux informatiques au moyen de routeurs.. Écrire « Internet » avec une majuscule permet alors de distinguer le réseau global d'un quelconque autre réseau de réseaux. L'usage de la minuscule devient toutefois majoritaire vers 2015 Should You Be Capitalizing the Word 'Internet'?, Wired News, 19 octobre 2015.. En 2016, l'agence Associated Press adopte la minuscule dans son , qui fait office de de la presse anglophone..
En français, l'usage ou non d'une majuscule (« Internet » ou « internet ») et d'un article défini (« l'Internet » ou « Internet ») est flottant« Clés pour Internet », Economica, 2001, page 19.. Dans l'usage courant, l'article est très peu employé.
En France La Commission d'enrichissement de la langue française indique qu'il faut utiliser le mot « internet » comme un nom commun, c'est-à-dire sans majusculeCommission générale de terminologie et de néologie, « Liste des termes, expressions et définitions adoptées, Vocabulaire de l'informatique et d'internet », NOR : CTNX9903444K, JORF du 16 mars 1999 (3907), sur Légifrance..
Dans son dictionnaire, l'Académie française donne un exemple utilisant la forme « l'internet » : .
Au Québec L'Office québécois de la langue française recommande d'utiliser une majuscule, car le terme Internet, intranet et extranet. De nombreux correcteurs orthographiques intégrés aux logiciels francophones utilisent la majuscule (Microsoft Office, Mozilla Firefox…).
Historique vignette|Évolution du nombre d'utilisateurs et du nombre d'abonnements à Internet par type entre 1960 et 2024.
En 1934, Paul Otlet décrit dans son Traité de documentation. une vision prémonitoire de l'avènement d'Internet.
Années 1960
Au début des années 1960, J.C.R. Licklider du Massachusetts Institute of Technology (MIT) décrivit pour la première fois les interactions sociales possibles grâce à un réseau d'ordinateurs reliés entre eux... En 1961, Leonard Kleinrock, également membre du MIT, publia le premier texte théorique sur la commutation de paquetsD’ARPA à ARPANET, 1957-1972 Histoire de la naissance d’Internet durant la Guerre Froide, sur mediaphusis.wordpress.com, ..
En , Licklider fut le premier chef du programme de recherche en informatique de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), organisme de recherche pour la défense américaine. Il persuada ses successeurs Ivan Sutherland, Bob Taylor et le chercheur du MIT Lawrence G. Roberts de l'intérêt des réseaux informatiques. En 1964, Leonard Kleinrock publia le premier livre sur le sujet. En 1965, Lawrence G. Roberts élabora et expérimenta, avec Thomas Merrill, la première connexion informatique à longue distance, établie entre le Massachusetts et la Californie. Le résultat démontra que des ordinateurs pouvaient travailler ensemble à distance, mais que le mode de télécommunication par commutation de circuits utilisé par le système téléphonique était inadapté, engendrant notamment un taux d'erreur significatif.
Le concept de communication par commutation de paquets de Kleinrock s'imposa comme une solution compatible et mieux éprouvée. En 1966, L. G. Roberts fut engagé par Bob Taylor à la DARPA pour concevoir le réseau ARPANET ; il en publia les plans au cours de l'année 1967. En présentant ce dossier, il découvrit deux autres groupes de chercheurs travaillant indépendamment sur le même domaine : un groupe britannique du (NPL) au Royaume-Uni comprenant Donald Davies et Roger Scantlebury, ainsi qu'une équipe de la RAND Corporation, comprenant Paul Baran.
Entre 1962 et 1965, le groupe de la RAND avait étudié la transmission par paquets pour l'armée américaine. Son but était de pouvoir maintenir les échanges de télécommunications en cas d'attaque (notamment nucléaire), ce que permet une transmission par paquets dans un réseau non centralisé. Ce projet faisait partie d'un développement indépendant d'ARPANET. Bien que probablement robuste face à une telle attaque, ARPANET n'avait toutefois pas été initialement conçu pour faciliter les télécommunications entre chercheurs. Le rapport de Paul Baran resta purement théorique et il tomba rapidement dans l'oubli. En revanche, le mythe de l'« ARPANET comme dernier rempart à une attaque atomique » trouve dans cet épisode son origine. Parallèlement, au , l'équipe de Donald Davies progressait sur le NPL Network, premier réseau « maillé » fonctionnel, fondé sur la transmission de datagrammes (). L'histoire d'Internet ne retint pourtant pas d'origine européenne. ARPANET serait reconnu dès lors comme origine officielle du réseau InternetJulien Lausson, « L'histoire d'internet, d'Arpanet en 1969 à nos jours », Numerama..
En , la DARPA accepta de financer le développement des équipements de routage des paquets d'ARPANET. Ce développement fut confié en décembre de la même année à un groupe de la société Bolt, Beranek and Newman (BBN) de Boston. Celui-ci travailla avec Bob Kahn sur l'architecture du réseau. De son côté, Roberts améliora les aspects topologiques et économiques du réseau. Kleinrock prépara plusieurs systèmes de mesure du réseau. Le , BBN installa le premier équipement à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), où travaillait Kleinrock. Le second nœud du réseau fut installé au (SRI), où Douglas Engelbart travaillait sur un projet d'hypertexte. Deux nœuds supplémentaires furent ajoutés à l'université de Santa Barbara et à l'université de l'Utah. Fin 1969, ARPANET comptait ainsi quatre nœuds.
Années 1970 Le (NWG) conduit par Steve Crocker acheva le protocole de communication poste-à-poste Network Control Program (NCP) en . Ce protocole fut adopté entre 1971 et 1972 par les sites branchés à ARPANET. Ceci permit le développement d'applications par les utilisateurs du réseau. La perspective d'une informatique plus décentralisée commence à intéresser les constructeurs souhaitant rivaliser avec le géant IBM.
En 1972, Ray Tomlinson mit au point la première application importante : le courrier électronique. En , Kahn organisa la première démonstration à grande échelle d'ARPANET à l' (ICCC). C'était la première démonstration publique du réseau.
Le concept d'Internet est né d'ARPANET. L'idée était de permettre la connexion entre des réseaux divers : ARPANET, des communications avec les satellites, des communications par radio. Cette idée fut introduite par Kahn en 1972 sous le nom de Internetting. Le protocole NCP d'ARPANET ne permettait pas d'adresser des hôtes hors d'ARPANET ni de corriger d'éventuelles erreurs de transmission. Kahn décida donc de développer un nouveau protocole, qui devint finalement TCP/IP.
En parallèle, un projet inspiré par ARPANET était dirigé en France par Louis Pouzin : le projet Cyclades. De nombreuses propriétés de TCP/IP furent ainsi développées, plus tôt, pour Cyclades. Pouzin et Kahn indiquent que TCP/IP était inspiré par le réseau Cyclades français, poussé par la CII et sa . On commença à parler de calcul distribué. Aux États-Unis, IBM et Digital Equipment Corporation (DEC) créèrent les architectures SNA et DECnet, en profitant de la numérisation du réseau d'AT&T (Réseau téléphonique commuté) History of Network Switching, AT&T..
En 1973, Kahn demanda à Vint Cerf (parfois appelé le « père d'Internet ») de travailler avec lui, car Cerf connaissait les détails de mise en œuvre de NCP. Le premier document faisant référence au Transmission Control Protocol (TCP) fut écrit en 1973 par Cerf : . La première spécification formelle de TCP, publiée en , fut le .
La version initiale de TCP ne permettait que la communication en établissant un circuit virtuel. Cela fonctionnait bien pour le transfert de fichiers ou le travail à distance, mais n'était pas adapté à des applications comme la téléphonie par Internet. TCP fut donc séparé de Internet Protocol (IP) et User Datagram Protocol (UDP) proposé pour les transmissions sans établissement d'un circuit.
Années 1980 En , le protocole de communication TCP/IP version 4 est décrit dans les (RFC) 791, 792 et 793. Il est installé en 1983 sur ARPANET. En 1983, les spécifications du système de noms de domaine sont publiées dans les et 883. En 1986, la (NSF) crée NSFNET avec une dorsale Internet de 56 kilobits par seconde, qui passe à 1,5 mégabit par seconde en 1988.
Dans les années 1980, la guerre des protocoles de communication n'est pas éteinte et l'Europe préfère le modèle OSI Internet History of 1980s, computerhistory.org (consulté le 27 mars 2021)., ce qui freine l'adoption de TCP/IP pour les connexions distantes. Le CERN participe à l'introduction des techniques liées à Internet en Europe, par la mise en service de deux routeurs Cisco en 1987, qui sont vraisemblablement les premiers introduits sur le continent européen. Le CERN n'est connecté à Internet qu'en 1989.
Années 1990 Le début des années 1990 marque la naissance de l'application la plus connue d'Internet aujourd'hui : le , un ensemble de pages codées en HTML qui mélangent du texte, des hyperliens, des images, sont adressables par une URL (ou adresse web) et sont accessibles au moyen du protocole HTTP. Ces standards, développés au CERN par Tim Berners-Lee et Robert Cailliau, deviennent rapidement populaires grâce au développement au NCSA par Marc Andreessen et Eric Bina du navigateur web NCSA Mosaic.
L'interconnexion de réseaux d'opérateurs indépendants qui utilisent les standards d'Internet s'organise à partir de 1991. La coentreprise (CIX) est créée à cet effet, initialement pour les réseaux PSINet, CERFNet et Alternet.. Cela marque le début de l'Internet commercial mondial et ouvert à tous.
Le premier site web est mis en service en 1991 et le marque le passage officiel du dans le domaine public..
En , l’ (ISOC) voit le jour, dans le but de promouvoir et de coordonner les développements sur Internet. En 1993, la (NSF) mandate une compagnie pour enregistrer les noms de domaine. À la fin des années 1990, des sociétés pionnières comme Yahoo!, Amazon, eBay, Netscape Communications et AOL voient leur valeur en bourse monter en flèche, ce qui se finit par le krach boursier de 2001-2002.