thumb|Carte physique de la Colombie-Britannique La Colombie-Britannique est la province qui est située la plus au sud-ouest du Canada. Elle est longée à l'ouest par l'océan Pacifique, au nord-ouest par l'Alaska Panhandle, au nord par le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, à l'est par la province de l'Alberta et au sud par les États américains de Washington, de l'Idaho et du Montana.
La province est principalement dominée par des chaînes montagneuses recouvertes de vastes forêts, tandis que ses côtes sont découpées de nombreux fjords qui abritent des eaux profondes. Les îles sont particulièrement nombreuses et l'une d'entre elles, l'île de Vancouver, a une très grande superficie.
Les paysages souvent spectaculaires de la Colombie-Britannique sont le résultat de l'activité tectonique et de la dernière période glaciaire.
La majeure partie de la population est concentrée sur la côte du Pacifique, notamment dans la région de Vancouver, située à l'extrême sud-ouest de la partie continentale de la province. La densité de la population est faible et la vie sauvage occupe la plus grande partie d'un territoire souvent encore vierge et qui constitue un ensemble d'écosystèmes remarquables.
Situation et dimensions Situation thumb|Situation géographique de la Colombie-Britannique au sud-ouest du Canada La Colombie-Britannique est globalement située entre le parallèle nord (au sud) et le parallèle nord (au nord) et entre ouest (à l'est) et ouest (à l'ouest) de longitude. La limite sud du parallèle correspond à la frontière avec les États-Unis qui a été officiellement établie par le traité de l'Oregon en 1846, cependant l'extrémité sud de l'île de Vancouver est encore plus au sud (50').
La province a une forme allongée orientée du sud-est vers le nord-ouest, que l'on peut schématiser par un parallélogramme. Limite ouest : elle correspond pour sa moitié sud à la côte Pacifique qui est très découpée, elle est longée dans son quart sud par l'île de Vancouver qui lui est parallèle. La moitié nord de la limite ouest correspond à la frontière avec l'Alaska du sud-est. Limite nord : c'est une ligne qui suit le parallèle. Limite est : elle suit le méridien de de longitude dans sa moitié nord, puis suit la ligne de crêtes des Montagnes rocheuses qui s'écarte légèrement vers l'est () dans sa moitié sud (cette ligne est une portion du Continental Divide, la ligne continentale de partage des eaux d'Amérique du Nord). Limite sud : elle correspond au parallèle nord, sauf pour la partie sud de l'île de Vancouver qui est un peu plus au sud. À noter que la petite péninsule continentale de Point Roberts est découpée en deux par la frontière avec les États-Unis, la partie sud de cette péninsule formant ainsi une minuscule enclave des États-Unis.
thumb|left|upright=0.7|Longitude et latitude de la province
Dimensions Sur son axe nord-sud, la Colombie-Britannique s'étend sur une amplitude de 21 degrés de longitude, ce qui correspond à environ .
Dans sa partie continentale, la largeur (axe est-ouest) varie entre 350 et .
La superficie de la province est de , dont recouverts par la terre ferme et par des étendues d'eau (soit 2,1 %).
La côte étant très découpée, elle a une longueur de plus de et elle est bordée d'environ six mille îles dont la plupart sont inhabitées.
Pour ce qui est de la superficie, la Colombie-Britannique se situe à la troisième place des provinces du Canada. La province fait à peu près quatre fois la taille de la Grande-Bretagne et deux fois et demi celle du Japon. Elle est plus grande que n'importe quel État des États-Unis à l'exception de l'Alaska.
Division en trois grandes régions thumb|Les trois grandes régions de la Colombie-Britannique Il est fréquent de diviser la Colombie-Britannique en trois grandes régions : le Lower Mainland, la Côte (The Coast) et l'Intérieur (The Interior).
Cette division n'a pas un caractère officiel et ne correspond pas à des critères géographiques déterminants, en fait elle a plutôt un caractère culturel et historique, mais elle est très utilisée dans la vie courante parmi les habitants de la province.
Définition des trois grandes régions : Le Lower Mainland est situé à l'extrême sud-ouest de la province autour de la ville de Vancouver et du delta du Fraser. Bien qu'elle couvre une superficie relativement réduite c'est la région la plus peuplée. La Côte (The Coast) est constituée de la bande de terrain située à l'ouest de la chaîne Côtière (à l'exclusion du Lower Mainland) ainsi que des très nombreuses îles qui bordent le littoral. C'est une région constituée essentiellement de montagnes recouvertes de forêts de conifères, au climat tempéré et humide. L'Intérieur (The Interior) s'étend sur la totalité des territoires à l'est de la chaîne Côtière, cette région est composée de montagnes et de plateaux (ainsi que de prairies dans le nord-est). Son climat y est plus sec et c'est dans cette région que l'on trouve les températures les plus extrêmes.
Histoire géologique Avertissement : Les nombres mesurant, en millions d'années, les périodes écoulées depuis l’avènement des événements cités dans ce chapitre sont bien sûr des estimations issues d'études géologiques et doivent être considérés comme des ordres de grandeur.
La Colombie-Britannique est un territoire d'une diversité géologique particulièrement riche et complexe, tant du point de vue des types de roches que des structures géologiques. Cette diversité s'explique par la manière dont s'est formée la province il y a plusieurs millions d'années.
Mouvements tectoniques thumb|left|Il y a 200 millions d'années Il y a 200 millions d'années, le supercontinent, appelé Pangée, est bordé par un océan, Panthalassa, qui s'étend sur tout le reste de la planète et dont la côte est se situe au milieu de ce qui deviendra l'Alberta. Le territoire actuel de l'est de la Colombie-Britannique et celui de l'ouest de l'Alberta, situés sur la plaque continentale, sont recouverts par une mer peu profonde. La limite de la plaque tectonique continentale traverse alors la Colombie-Britannique selon son axe nord-sud actuel. Au large de la plaque continentale plusieurs chapelets d'îles (les îles Insulaires) émergent des eaux profondes de l'océan qui recouvre une plaque tectonique océanique appelée plaque insulaire. Ces îles qui sont globalement alignées en forme d'arc, étaient apparues lors de la création de l'océan Panthalassa. On trouve des archipels symétriques actuellement sur la façade est du Pacifique comme l'archipel japonais ou les îles Aléoutiennes.
Plus à l'ouest se trouve une autre plaque océanique, la plaque Farallon.
thumb|left|Il y a 175 millions d'années Lors de la formation de l'océan Atlantique, la Pangée se disloque en plusieurs plaques, dont la plaque nord-américaine.
En se déplaçant vers le nord-ouest il y a 175 millions d'années, la plaque nord-américaine provoque la subduction de la plaque insulaire qui elle se dirige vers le nord-est, c'est-à-dire que la plaque insulaire (de type océanique) glisse sous la plaque nord-américaine (de type continental). Cet événement marque le début d'une période appelée l'épisode Omineca en géologie. Ce phénomène provoque notamment l'érection des différents massifs constituant les montagnes Rocheuses : les Rocheuses canadiennes s'érigent par chevauchement tandis que les Rocheuses situés dans les actuels États-Unis s'élèvent globalement par soulèvement tectonique. Entraînés vers le continent par le déplacement de la plaque insulaire, les chapelets d'îles initialement situés au large et formés de matière moins dense que le socle de la plaque océanique, ne glissent pas sous la plaque nord-américaine mais viennent s'agréger à celle-ci pour former des terranes par un phénomène d'accrétion.
Une partie des eaux océaniques se retrouve ainsi piégée et forme une mer intérieure entre les terranes nouvellement agrégés et l'ancienne limite continentale.
thumb|left|Il y a 135 millions d'années Il y a 135 millions d'années, le mouvement de la plaque nord-américaine s'accélère tandis que celui de la plaque océanique ralentit et s'oriente désormais vers le nord.
La mer intérieure se divise et se rétracte vers le sud et vers le nord.
thumb|left|Il y a 60 millions d'années Plusieurs millions d'années plus tard, la mer intérieure a totalement disparu. Le mouvement des plaques change de sens. La plaque nord-américaine se déplace vers le sud-est, tandis que la plaque océanique se déplace vers le nord-ouest. Ce changement de direction permet l'accrétion de l'île de Vancouver il y a 60 millions d'années.
La plaque insulaire finit par disparaître totalement sous la plaque continentale. C'est alors la plaque Farallon qui se retrouve au contact de la plaque nord-américaine et subit une subduction. L'actuelle plaque Juan de Fuca est un fragment résiduel de la plaque Farallon.
Les Rocheuses canadiennes sont alors complètement érigées.
La manière dont s'est formée la Colombie-Britannique explique son relief composé de systèmes montagneux globalement parallèles à la côte ainsi que la présence de plusieurs volcans, aujourd'hui en sommeil. Elle explique également la diversité des roches qui composent son sol, formé par l'accrétion de matériaux variés au cours des mouvements de la plaque nord-américaine.
Aujourd'hui la plaque continue à se déplacer vers le sud-ouest à une vitesse de un à deux centimètres par an. Ce déplacement est le principal responsable de l'activité sismique dans la région, comme le tremblement de terre supposé de 1700.
Domaines orogéniques Les domaines orogéniques de la Colombie-Britannique sont les suivants (de l'est vers l'ouest) Géoscience de la cordillère canadienne sur le site web officiel de Ressources naturelles Canada (gouvernement du Canada) : thumb|Domaines orogéniques de Colombie-Britannique Domaine de l'avant-pays (Foreland Belt) Ce domaine est traversé par la limite de la déformation cordillérienne qui marque les roches du craton nord-américain. La majeure partie de ce domaine est formée de matériaux sédimentaires qui ont été déposés sur ou à la limite de l'ancienne plaque nord-américaine. Le plissage et l'apparition des failles ont donné à ces roches une apparence spectaculaire lorsque celles-ci ont été soulevées. Domaine de l'Omineca (Omineca Belt) Le domaine de l'Omineca présente des structures géologiques complexes et un important métamorphisme, il marque la frontière entre l'ancienne plaque nord-américaine issue de la Pangée et le domaine intermontagneux. Ce domaine s'est formé probablement vers le début ou le milieu du Jurassique, par l'accrétion d'un grand terrane composite, lui-même sans doute le résultat de plusieurs événements successifs d'accrétion. On le qualifie de superterrane. Domaine intermontagneux (Intermontane Belt) Ce domaine est formé de roches sédimentaires et volcaniques qui se sont agrégées au continent. Domaine côtier (Coast Belt) Le domaine côtier est, comme celui d'Omineca, un superterrane. Il est formé de roches sédimentaires et volcaniques qui ont été fortement compressées entre le domaine intermontagneux et le domaine insulaire. Domaine insulaire (Insular Belt) Ce domaine est formé de roches sédimentaires et volcaniques qui se sont agrégées au continent. Une grande partie de la surface de ce domaine est en dessous du niveau de l'océan.
Influence des glaciations thumb|Localisation des glaces durant la dernière glaciation Au cours du Pléistocène, la Colombie-Britannique fut à plusieurs reprises recouverte de glace. Lors de la glaciation du Wisconsin (dernière période glaciaire), il y a environ à , un inlandsis (vaste calotte de glace) recouvre la majeure partie des régions septentrionales de l'Amérique du Nord. Cette glaciation a laissé des traces importantes dans le relief de surface de la province.