Margherita von Brentano, née le à Sauerburg près de Kaub et morte le à Berlin, est une philosophesse et professeure allemande à l'Université libre de Berlin (FU Berlin). De 1970 à 1972, elle est la première femme vice-présidente de cette université. L'université nomme son Centre d'études de genre en son honneur et, depuis 1995, elle décerne un prix à son nom récompensant des projets exceptionnels dans le domaine des études féminines et de la promotion des femmes.

Biographie Margherita von Brentano nait au château de Sauerburg, près de Kaub-sur-le-Rhin. Quatrième enfant du diplomate Clemens von Brentano et de Dorothea von Brentano, née von Loehr, elle appartient à la famille Brentano qui compte des artistes, des hommes politiques et des scientifiques. En raison des fréquents déménagements de la famille, elle reçoit d'abord une éducation privée. De 1932 à 1937, elle fréquente l'Oberlyzeum (un établissement d'enseignement secondaire) des Sœurs de Notre-Dame de Berlin-Charlottenburg, puis la Westend-Schule, un lycée spécialisé en sciences et mathématiques, dont elle sort diplômée en .

En , Margherita von Brentano entreprend des études de philosophie, d'histoire, de lettres germaniques et de littérature anglaise à l'Université Friedrich Wilhelm de Berlin, qu'elle poursuit à partir de l'automne 1941 à l'Université Albert-Ludwig de Fribourg-en-Brisgau, principalement au Séminaire de philosophie sous la direction de Martin Heidegger. Après avoir réussi l'examen d'aptitude à l'enseignement secondaire supérieur en avec une étude sur le concept de Reich chez Nicolas de Cues, von Brentano obtient son doctorat en philosophie en 1948 à l'Université de Fribourg-en-Brisgau avec une thèse intitulée « La signification de 'ἕν' comme concept fondamental de la métaphysique aristotélicienne », qu'elle commence sous la direction de Heidegger avant la fin de la guerre. Son directeur de thèse est le philosophe et psychologue fribourgeois Robert Heiß, après la révocation de l'agrément d'enseignement de Heidegger en 1946.

Travaux En 1948-1949, elle publie la revue franco-allemande *La rencontre - das Treffen* . De 1947 à 1956, elle travaille comme rédactrice à la Südwestfunk (Radio du Sud-Ouest de l'Allemagne) et y fonde l'émission de radio scolaire qui, sous sa direction de 1950 à 1954, traite notamment du national-socialisme. En 1956, elle retourne à Berlin comme assistante de Wilhelm Weischedel et travaille à l'Institut de philosophie de l'Université libre de Berlin. Le nouveau rédacteur en chef du Spandauer Volksblatt, Hans Höppner, l'engage comme journalisteEin bisschen „New York Times“, Christian Walther, Die Tageszeitung, 1. Januar 2016. De 1970 à 1972, elle est la première femme vice-présidente de l'université. Elle est la première femme élue à ce poste et, lors de son élection, elle doit justifier sa candidature sous son nom et non celui de son mari. Margherita von Brentano devient professeure à l'Université libre de Berlin en 1972, où elle occupe également le poste de directrice générale de l'Institut de philosophieWalter Habel (Hrsg.): Wer ist wer? Das deutsche Who’s who. 24. Ausgabe. Schmidt-Römhild, Lübeck 1985, , S. 149., et y reste jusqu'à sa retraite en 1987.

Engagement Margherita von Brentano s'implique activement dans les débats politiques de son époque, notamment au sein du mouvement pacifiste contre le déploiement de missiles de l'OTAN dans les années 1950. Elle est l'une des fondatrices de la revue Das Argument. L'égalité des femmes à l'université est l'une de ses principales préoccupations.

Vie personnelle Elle est mariée au sociologue des religions et érudit du judaïsme Jacob Taubes.

Distinctions et récompenses Depuis 1995, année de son décès, l'Université libre de Berlin décerne chaque année le prix Margherita von Brentano à des projets particulièrement remarquables en matière de promotion des femmes et de la recherche sur les femmes. Elle baptise son Centre d'études de genre en son honneur.

En reconnaissance de ses réalisations en tant que scientifique et chercheuse, un panneau d'exposition lui est dédié dans le cadre de l'exposition « Berlin – Capitale des femmes scientifiques » pendant l'année où Berlin était Ville de la connaissance 2021.

Publications

Die Situation der Frauen und das Bild „der Frau“ an der Universität. In: Universitätstage 1963 – Universität und Universalität, Veröffentlichung der Freien Universität Berlin. Berlin: de Gruyter, 1963, S. 73–93. Inhaltsverzeichnis. (d-nb.info). 

Bibliographie

Références

Liens externes

Nina Diezemann: „Ich gestehe, in dieser Sache Partei zu sein.“ Portrait: Margherita von Brentano, Freie Universität Berlin. Christine Pries: Philosophin mit Schnauze, Frankfurter Rundschau vom 5. Juli 2010. Susan Neiman: Politik, Marxismus und Universitätsreform. Die Philosophin Margherita von Brentano (1922 – 1995), veröffentlicht am 9. September 2022 auf rosalux.de.

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