Le clan des Éclaireurs René Madec, puis clan Roger Le Bras à partir de 1944, est un groupe de jeunes résistants issu des Éclaireurs de France à Quimper, dont les actions durant la libération de la France de l'occupation allemande ont conduit à leur décoration collective au titre de la Croix de guerre. Sur 21 membres que comptait le clan René Madec, 7 ont été tués comme résistants.
Le cinéaste René Vautier en a fait partie.
Le clan René Madec
Le groupe de Quimper des Éclaireurs de France est créé dès 1919, adossé au lycée de la Tour d'AuvergneNotice du premier drapeau des Eclaireurs de Quimper, Musée de Bretagne, http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo270302, mais ne perdure pas.
Il est relancé à partir de 1937 sous l'impulsion de Albert Philippot et Jean Kerloc'h, professeurs.. Il comprend une branche d’éclaireurs (moins de 17 ans) dont René Vautier et une branche de routiers (plus de 17 ans). Il prend le nom de .
Le clan participe, en à l'accueil des réfugiés qui fuient l'avancée de l'armée allemande dans la région de Quimper, comme l'ont fait de nombreux groupes scouts ailleurs en France. Le commissaire local (responsable adulte du groupe) est alors Jean Borrossi qui rejoint plus tard les Forces françaises combattantes, et son frère est Paul Borossi, aviateur dans les Forces françaises libres.
Engagement dans la Résistance Les éclaireurs et les routiers de Quimper basculent progressivement dans la clandestinité, puis la résistance, puis la guerre ouverte en participant aux combats armés lors de la libération du Finistère Sud.
Période résistance civile Dès , le scoutisme est interdit en zone occupée : les Éclaireurs de Quimper contournent l'interdiction par la création d'une association "Les pionniers de Cornouaille" dont l'objet officiel est la pratique du tir à l'arc. En , certains des plus âgés (chefs et routiers) souhaitent rejoindre l'Angleterre par avion, depuis l'aérodrome de Pluguffan, les plus jeunes s'attelant alors à dresser des obstacles sur les routes pour empêcher qu'ils soient rattrapés par les militaires allemands..
Les plus jeunes, collégiens, prennent l'initiative à la rentrée 1940 de premières actions inorganisées de résistance civile, dont témoigne René Vautier : . Ils poursuivent leurs activités de scoutisme, colorées par la lecture de littérature clandestine, notamment les Lettres françaises, qu'un de leurs professeurs Xavier Trellu, s'arrange pour leur fournir.
Leurs activités de plein air sur les côtes leur donnent l'occasion de débuter des activités de renseignement, notamment le relevé d'angles de tir de casemate. En 1943, Albert Philippot découvre cette activité et la leur interdit initialement. Ayant pris connaissance des relevés, il organise finalement leur acheminement vers le réseau du Musée de L'homme dont il est membre..
Clandestinité et entrée dans la Résistance Après une fouille de leur lycée par des officiers allemands en , les éclaireurs quittent l'établissement et entrent dans la clandestinité. Ils pillent des dépôts de munitions allemands et ravitaillent ainsi leurs camarades routiers et d'autres groupes résistants. Après un incident qui conduit René Vautier à tuer un soldat allemand, Albert Philippot et André Monteil décident le rattachement des éclaireurs aux Forces françaises de l'intérieur (FFI) pour pouvoir encadrer leurs actions, leur donner des missions spécifiques et les éloigner des combats. Ils intègrent la compagnie du bataillon du Finistère. Ils sont chargés par Albert Philippot, devenu chef des FFI pour le Finistère Sud, du secteur 3 au nord de Quimper, et désormais rattachés au réseau Libération-Vengeance.
Le , une partie du clan dort avec leurs camarades FFI dans une ferme au lieu-dit Guellen sur la commune de Briec. Ils sont repérés par hasard par un soldat allemand, ce qui conduit à une attaque allemande durant leur sommeil... 5 jeunes sont tués, donc 3 routiers : Raymond Lamour (19 ans), Jean-Marie Quéau (20 ans), Guy Nonna Rolland (18 ans). Le même jour, sur dénonciation, les soldats allemands investissent le poste de commandement des FFI de la zone à Penhoat sur la commune de Kerfeunteun, et fusillent 5 autres maquisards, puis le à Kergrenn en Ergué- Armel, de nouveau 6 résistants..
En , une cérémonie est organisée à Quimper pour rendre hommages aux 16 résistants tués lors de ces deux journées, à laquelle participent plusieurs milliers de personnes..
Participation aux combats de la Libération thumb|Drapeau vert des éclaireurs de france de quimper réalisé vers 1938 Le , des armes sont livrées par avion en vue des combats de la libération, et les routiers du clan sont dotés d'armes sur décision militaire. Les FFI libèrent la ville de Quimper le , sans l'aide des forces américaines qui n'arrivent sur place que le Notice du drapeau de la deuxième compagnie du premier bataillon FFI du Finistère. "Le 5 août 1944, la deuxième compagnie du premier bataillon FFI du Finistère est armée, elle est constituée essentiellement de membres du clan des Eclaireurs. La deuxième compagnie libère Quimper le 8 août, les Américains arrivent dans la ville le 22 septembre." http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo270304. Le , le drapeau vert frappé de l’arc tendu des Éclaireurs entre en tête des FFI dans la ville libérée....
En , les FFI participent aux combats pour la libération de la presqu’île de Crozon. Les aviateurs américains bombardent a priori par erreur la zone le , notamment Telgruc-sur-Mer, faisant un nombre important de victimes civiles et résistantes. dont 3 membres du clan : Roger Le Bras, Robert Grandjean, Louis HenticJournal sur le massacre des résistants au Stangala à Quimper, Juin 1944, Archives départementales du Finistère, 202 J 27, . La mort de Roger Le Bras, qui était le chef du groupe de jeunes, conduit les éclaireurs à se renommer .
Distinctions et hommages Le clan a été cité à l'ordre de l'Armée le et a reçu, à titre collectif, la Croix de guerre avec palme le , qui leur a été remise par le Général de Gaulle en personne... La décoration collective est accrochée sur le fanion rouge du clan, confectionné par la mère de Roger Le Bras en après le décès de son fils, qui a été donné au Musée de BretagneNotice du fanion d'un clan d'Eclaireurs de France quimpérois portant le nom de Roger Le Bras, Eclaireur de France entré dans la résistance puis dans les FFI et mort lors d'un bombardement allié à Telgruc. Il porte la croix de guerre remise par le général De Gaulle en septembre 1944. http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMo9958.
Le clan René Madec - Roger Le Bras est ainsi le seul groupe de jeunes décoré collectivement de la Croix de Guerre, le clan Guy de Larigaudie des Scouts de France et le groupe des Purs-Sangs des Guides de France ayant été décorés collectivement de la Médaille de la Résistance..
Une Allée du Clan des Éclaireurs a été inaugurée le à Quimper, en même temps qu'une stèle place de La Tourbie.
Références
Catégorie:Scoutisme en France Catégorie:Résistance française Catégorie:Finistère pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945