Tia Philomène Glao, née le , est une femme d'affaires ivoirienne. Originaire de l'ouest de la Côte d'Ivoire, elle est la présidente fondatrice du groupe Maindeba, qui opère dans sept secteurs d'activités en Côte d'Ivoire, dont le transport, l'hôtellerie, la distribution, l'agriculture et l'élevage.
Elle est également la fondatrice et présidente du comité de gestion de Société coopérative simplifiée des productrices agricoles et vivrières du Tonkpi (SCOOP-PAVIT). En 2016, elle reçoit le prix national d'excellence pour la valorisation des compétences féminines. En 2018, elle est élevée au rang de Chevalier de l'ordre du Mérite ivoirien.
La journaliste et écrivaine ivoirienne Agnès Kraidy, lui consacre un livre dénommé Tia Glao, une vie inspirante, paru en 2025 aux éditions Les éditions Bomo, dans la collection Êblê.
Biographie
Origine et enfance Tia Philomène Glao naît dans la région du Tonkpi, à l'ouest de la Côte d'Ivoire. Elle est issue d'une famille nombreuse de 42 enfants, dont 7 garçons. Son père est un polygame et sa famille est pauvre. Elle et ses sœurs ne sont pas scolarisées.
Quand son frère aîné réussit à l'examen du Certificat d'études primaires élémentaires (CEPE), son père, en manque de moyens financiers pour la scolarité de ce fils, oblige Philomène Glao à se marier. Elle a 7 ans et elle est forcée d'épouser un homme un octogénaire polygame qui avaient 7 femmes et qui résidait à Sipilou.
Pour sa dot, son futur mari verse à son père, la somme de 35 000 francs CFA, soit 70 dollars américain. Tia Philomène Glao devient ainsi la huitième épouse de cet homme. Ce type de mariage était courant chez les Yacouba de cette époque. Mineure au moment du mariage coutumier, elle est jugée trop jeune pour rejoindre le foyer conjugal ; elle n'intègre la maison de son époux qu'à la puberté. À son arrivée, elle est rejetée par les autres épouses. Elle n'a que les restes du repas de son mari à manger.
Parcours entrepreneurial
Premiers pas dans l'agriculture Enceinte de son premier enfant, elle sollicite de son mari une parcelle cultivable. En un mois, elle défriche seule un hectare de terrain. Mais son mari refuse de lui donner les semences, estimant que sa capacité de défricher témoignait d'une autonomie suffisante pour se les procurer.
Sans argent, elle travaille alors comme journalière afin d'obtenir la somme de 500 francs CFA nécessaires à l'achat des semences. C'était en 1984, elle travaille dans un champ d'arachide où elle était réénuméré à 600 francs CFA la journée. Elle ne conserve que 100 francs CFA pour se nourrir.
Après son accouchement, ne pouvant assurer seule la récolte, elle mobilise les femmes et les élèves du village, selon un système de rémunération en nature. À l'issue de la récolte, elle se retrouve en possession de sacs d'arachides. Plutôt que de les vendre immédiatement au prix courant de 2 500 francs CFA le sac, elle attend la période de rupture du marché. Lorsque le prix double, elle réalise une vente de 350 000 francs CFA.
Premiers pas dans l'élevage Avec l'argent issu de la vente de ses arachides, Tia Philomène Glao effectue régulièrement des voyages en Guinée Conakry pour acheter des produits vivriers, puis elle revend dans la ville de Man et dans les environs. Au fur et à mesure, elle constitue un cheptel bovin.
Exil en Guinée et reconstruction En , quand éclate la Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire, la région ouest où elle vit est particulièrement affectée par les combats. Elle est alors contrainte de fuir. Elle se réfugie en Guinée Conakry.
Pendant cette période, elle perd la quasi-totalité de son bétail et de son capital. Quand elle revient en Côte d'Ivoire, elle quitte Sipilou et s'installe dans la ville de Man.
Quand elle s'installe à Man, elle est dépourvue de capital. Tia Philomène Glao commence par ramasser des bouteilles vides dans les caniveaux de la ville pour les revendre. Cette activité lui permet d'accumuler progressivement l'équivalent du prix de 400 casiers de boissons.
Avec cette épargne, elle devient distributrice de boissons à Man pendant plusieurs années, activité à laquelle s'ajoutera la distribution de poisson. Ces commerces lui permettent de reconstituer un capital suffisant pour diversifier ses activités.
Groupe Maindeba En 2007, elle investit dans le secteur hôtelier à Man. Puis, elle crée une compagnie de transport qu'elle nomme Maindeba Transport (MT). Le nom « Maindeba » signifie « c'est à moi » en langue yacouba, la langue principale de la région du Tonkpi. La compagnie de transport en 2016, MT possédait 70 cars. En 2017, sa compagnie recevait 10 nouveaux cars.
Par ailleurs, elle développe des activités agricoles et d'élevage. En 2016, elle possédait un cheptel bovin de plus de 3170 têtes. La même année, elle possède également 7 hectares de cacao, 12 hectares d'hévéa et 40 hectares de riz. Elle est promotrice immobilière et possède des biens immobiliers. Son entreprise crée de l'emploi.
Le Groupe Maindeba opère dans 7 secteurs dont le transport et de marchandises, l'hôtellerie, la distribution de produits, la production agricole, l'élevage, l'immobilier, la vente d'hydrocarbures, de produits pétroliers et dérivés.
Tia Philomène Glao a dénoncé publiquement la concurrence déloyale exercée par des transporteurs étrangers burkinabè, guinéens, maliens opérant en Côte d'Ivoire sans acquitter de taxes ivoiriennes.
Société coopérative Tia Philomène Glao crée également la Société coopérative simplifiée des productrices agricoles et vivrières du Tonkpi (SCOOPS-PAVIT). L'avis de constitution de la coopérative est publié en . Avec un capital, en 2014, de 1,350 milliard de francs CFA. Elle est la présidente du comité de gestion au moment de sa création. Une coopérative qui emploie plus de 600 femmes dans la région.
En 2021, la coopérative exporte 60000 tonnes de produits vivriers vers les villes de Bouaké, San Pedro, et dans la sous-région. En 2022, la coopérative reçoit le prix national d'excellence dans la catégorie meilleur promoteur de l'intégration africaine.
Conseil régional Le , elle est élue au bureau du conseil régional du Tonkpi en qualité de sixième vice-présidente.
Hommage Le parcours de Philomène Tia Glao a fait l'objet d'une étude publiée en 2023 dans la revue American Journal of Humanities and Social Sciences Research (AJHSSR), qui analyse son parcours comme un modèle exemplaire de la femme subsaharienne contemporaine, la plaçant dans la même lignée que des figures historiques telles qu'Ellen Johnson Sirleaf ou la Reine de Saba.
La journaliste et écrivaine ivoirienne Agnès Kraidy, lui consacre un livre dénommé Tia Glao, une vie inspirante, paru aux éditions Les éditions Bomo, dans la collection Êblê. Le livre est présenté officiellement le à Abidjan. La ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, était présente à la cérémonie. L'ouvrage retrace l'intégralité du parcours de Tia Philomène Glao.
Distinctions et récompenses
2016 : Prix national d'excellence pour la valorisation des compétences féminines 2018 : 50x50px Chevalier de l'ordre du Mérite ivoirien 2019 : Meilleure femme d'affaires de Côte d'Ivoire 2023 : Docteur honoris causa en leadership féminin et développement durable de la Glory international University de Californie
Notes et références
Bibliographie
Catégorie:Entrepreneur ivoirien Catégorie:Naissance en janvier 1960