Jacques Nicolas Bussière de Pouilly (souvent abrévié « J.N.B. de Pouilly »), né le Masson, Ann (1992). « The Mortuary Architecture of Jacques Nicolas Bussiere de Pouilly ». Thèse de maîtrise, Tulane University, Nouvelle-Orléans. . à Châtel-Censoir (France) et mort le à La Nouvelle-Orléans, Louisiane (États-Unis), est un architecte franco-américain.
Il est un des architectes les plus importants à la Nouvelle-Orléans pendant le , connu en particulier pour son œuvre pour la population francophone de la ville, comme la cathédrale de St-Louis sur la Place d’Armes, ainsi que ses dessins pour l’architecture funéraire des cimetières de la ville.
Enfance et éducation Il naît le à Châtel-Censoir, en Bourgogne, au sud d’Auxerre. Il est issu d'une fratrie de cinq enfants, dont son frère Joseph Isidore, né vers 1809, avec qui il collaborera plus tard à la Nouvelle-Orléans.
Toutefois, nous disposons de peu d'informations sur sa formation, notamment en architecture. L’historienne de l’architecture Ann Masson a suggéré que Pouilly aurait pu fréquenté une école régionale des Beaux-arts à Besançon, Troyes, ou Lyon. Malgré sa maitrise des courants novateurs de l’architecture française et du style Néo-Grec développés dans les années 1830 par une nouvelle génération d'architectes, aucune source n'indique qu'il ait étudié à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts à Paris, ni même qu’il ait fréquenté un atelier, officiel ou privé, lié à cette institutionMasson, Ann (1992). « The Mortuary Architecture of Jacques Nicolas Bussiere de Pouilly ». Thèse de maîtrise, Tulane University, Nouvelle-Orléans. ..
Émigration à la Nouvelle-Orléans et succès premières Plus probablement entraîné dans le domaine de l'architecture aux années 1820, Pouilly a épousé Laurence Drigny, fille d'un architecte français, à l'église Saint-Roch dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré de Paris le . Leur fille, Lucienne, est née à Paris le . En , Pouilly et sa famille s'installent à la Nouvelle-Orléans. Il est inscrit en tant qu'architecte au 78 rue St-Philippe, au Vieux-Carré ou « French Quarter » dans un annuaire de la ville de 1834 Masson, Ann (1992). « The Mortuary Architecture of Jacques Nicolas Bussiere de Pouilly ». Thèse de maîtrise, Tulane University, Nouvelle-Orléans. ..
La première œuvre de Pouilly aux États-Unis est l'Hotel City Exchange (plus tard Hotel St-Louis) au Vieux-Carré (1835–1838), l’équivalent de la communauté francophone au St. Charles Hotel de la communauté anglophone de l'autre côté de la rue Canal au « American Quarter » de la ville. Sa réputation comme architecte est bien connue, épaulé par son frère Joseph. Le rez-de-chaussée arqué, réservé pour des boutiques individuelles, rappelle le quartier des magasins de la rue de Rivoli au centre de Paris par Charles Percier et Pierre Fontaine de 1811Masson, Ann (1992). « The Mortuary Architecture of Jacques Nicolas Bussiere de Pouilly ». Thèse de maîtrise, Tulane University, Nouvelle-Orléans. .. Décrit plus tard comme un « immeuble magnifique qui est un des ornements le plus grand de la ville », le Hotel St-Louis a contenu un grand foyer de par , une salle des spectacles, et quelques petits salons publiques. Il est détruit par un incendie en 1841, mais rebâti avec des matériaux anti-incendies grâce à un crédit de du Citizens Bank. (Le nouvel immeuble de cette banque est aussi dessiné par de Pouilly, en 1836.) Le Hotel St-Louis original est l'hôtel des personnes les plus importantes de la région du Sud des États-Unis avant la Guerre de Sécession ; il accueille beaucoup de bals et conférences, le plus connu étant le bal travesti en , où le senateur Henry Clay délivra son discours seul à l'état de la LouisianeFrancis Burns, « Henry Clay Visits New Orleans », dans Louisiana Historical Quarterly t. 27 (juillet 1944), ..
thumb|310px|Une interprétation fictive par un artiste de « Vente de biens, de tableaux et d'esclaves dans la rotonde de la Nouvelle-Orléans », par J. M. Starling (graveur), après le dessinateur William Henry Brooke, dans le livre The Slave States of America (1842) par James Silk Buckingham, la représentation par un artiste britannique d'une vente aux enchères se déroulant dans la rotonde de l'Hotel St. Louis. On voit ici l'intérieur d'un dôme qui ressemble davantage au Panthéon (Rome) qu'à l'hôtel Saint-Louis, avec un estrade de vente aux enchères, des esclaves, des marchandises et des matériaux. Le pièce de résistance de l'Hotel St-Louis est sa rotonde vaste, « ouvert entre midi et 15h seulement pour les affaires », où, quand New Orleans était la capitale de la Louisiane, l'assemblée législative de l'État s'est réunie en session. Mais il est mieux connu comme un des points principaux du trafic d'esclaves, une pratique omniprésente à la Nouvelle-Orléans. La ville est un point de distribution majeur pour les esclaves destinés aux états américains de la région « Deep South », comme Mississippi, Louisiane, Alabama, Géorgie, et aussi Texas et Arkansas, souvent envoyés des villes comme Baltimore, Washington, et Richmond. Un bloc des enchères s'est installé en rotonde, lui-même couverte dans un plafond des pots d'argile en forme d'un nid des abeilles. L'espace et l'activité d'un vente des esclaves est illustré (avec erreurs) dans le livre du visiteur James Silk Buckingham The Slave States of America (1842), avec un texte descriptif extensive du scène.
L'Hotel accueille un hôpital militaire pour l'armée de l'Union pendant l'occupation de la Nouvelle-Orléans durant la Guerre de Sécession dès . En cours de l'ère de Reconstruction (1865–1877), il est vendu à l'État de la Louisiane, et encore a devenu le capitole de facto. Là, en , le gouverneur de l'État, Stephen B. Packard, du parti républicain, abandonna son poste au lendemain du Compromis de 1877, quand le président des États-Unis Rutherford B. Hayes a retiré les forces militaires des États du Sud, et permettait les régimes racistes du parti Democratique a gagné le contrôle des gouvernements de ces États pour les prochaines. Le Hotel s'est détérioré vers 1900 sous les auspices des quelques propriétaires jusqu'à sa démolition pendant le Ouragan de septembre 1915. Le Hotel Omni Royal Orleans, érigé en 1969 et sans aucune connexion au Hotel St-Louis, occupe le site actuellement.
La réputation de de Pouilly après l'incendie de l'Hotel St-Louis de 1841 ne semble pas avoir beaucoup souffert, et il reçoit encore quelques commissions dans le Vieux-Carré et centre-ville. Les autres œuvres de De Pouilly des années 1830 et 1840 comprennent les résidences pour les Créoles francophones, telle une maison et pharmacie pour Louis Dufilho sur la rue de Chartres en 1837 (actuellement le New Orleans Pharmacy Museum), et le résidence nouvelle de la famille Olivier au 828 de la rue de Toulouse (1839). En 1842, de Pouilly et son partenaire, le bâtisseur Ernest Goudchaux, ont reçu les contrats pour dessiner et ériger la nouvelle Église de St Augustin au quartier actuel Tremé, qui est devenue une des paroisses catholiques bien connus des Afro-américains à la Nouvelle-Orléans ; la résidence d'une Avert ; la résidence d'Edouard Bertus, un escrimeur professionnel ; et la reconstruction du Théâtre St-Charles (aussi le Théâtre de Camp Street ou Théâtre American), sur Poydras Street au quartier américain.
Architecture funéraire L'altitude topographique de la Nouvelle-Orléans est de sous le niveau de la mer, et la nappe phréatique élevée rend le sol impropre aux inhumations souterraines. Donc, c'est un problème pour les résidents de la ville mais aussi une opportunité pour l'architecture mortuaire, en raison de la nécessité de sépultures hors sol. De Pouilly est devenu un dessinateur majeur du type des monuments dans les années 1830 et 1840, en raison en partie de son association avec Goudchaux et aussi en partie de son acquisition d'une participation dans une carrière de granit et de marbre près des cimetières St-Louis, établis en 1789 non loin de la frontière nord-ouest du Vieux-Carré, à huit pâtés de maisons des rives du fleuve Mississippi. Au début du , les cimetières St-Louis sont considérés un quartier suburbain (à l'extérieur des murs de la cité), mais aux cours des décennies suivantes, ils sont devenus encerclés par les quartiers résidentiels et commerciaux, et aussi des autoroutes comme le Claiborne Expressway.
La communauté francophone de la Nouvelle-Orléans offre à de Pouilly beaucoup d'opportunités d'expérimenter avec l'architecture funéraire. Un projet important de 1850 est le tombeau familial du marchand Alexandre Grailhe au cimetière St-Louis numéro 2, pour qui de Pouilly utilise un style néo-égyptien. Une série d'autres projets funéraires suivirent pour de Pouilly, aux cimetières St-Louis, Cypress Grove, et Greenwood, pour la plupart pour personnes riches avec influence considérable. Ses créations sont fortement influencées par l'architecture du cimetière parisien du Père-Lachaise, fondé l'an de la naissance de de Pouilly (1804). Père-Lachaise est aussi fondé à l'extérieur des murs médiévaux de la ville de Paris avant l'agrandissement de la ville sous Napoléon III et Haussmann dans les années 1850 et 1860. Il est évident que de Pouilly connaît Père-Lachaise très intimement, puisque plusieurs de ses tombeaux à la Nouvelle-Orléans reproduisent fidèlement des sépultures de la nécropole parisienne.
Les nombreuses commandes de tombeaux de de Pouilly provenaient aussi bien de riches familles de La Nouvelle-Orléans que des nombreuses organisations caritatives municipales. Les premiers tombeaux hors sol du cimetière St-Louis numéro 1 sont érigés en 1804 et sont très courants en 1818. Le choix de ces tombeaux est accéléré par l'élévation de l'église paroissiale de St-Louis au rang de cathédrale en 1794 avec la création du nouveau diocèse de La Nouvelle-Orléans. Par conséquence, les enterrements des membres du clergé et des personnes privilégiées de la communauté ne pouvaient plus avoir lieu dans l'église, donc ces citoyens désiraient l'enterrement prestigieux hors sol aux cimetières St-Louis, en accord avec la prospérité de la ville, principal port américain du golfe du Mexique. Pour ces raisons, les tombeaux des cimetières St-Louis devinrent des symboles de prestige dans la communauté jusqu'au .
thumb|droite|300px|Tombeaux des familles Miltenberger (à gauche) et familles Peniston et Duplantier (droite), Cimetière St. Louis no. 2, tous les deux dessins du style « Greek revival » par de Pouilly.Pour atteindre ces résultats pour ses clients, de Pouilly utilisait le marbre et granit, plâtre mouluré, et fer fonte des balustres, dans des styles souvent chargés de symbolisme ou historiques. Ses projets de tombeau, essentiellement des caveaux cubiques ou prismatiques ornés, sont influencés par l'œuvre de Jean-Nicolas-Louis Durand éditée entre 1799–1810. Ces tombeaux consistent principalement en une façade à fronton reposant sur deux colonnes, évoquant un modeste temple grec ou romain. Les différents courants de classicisme, comme l'anglo-américain Greek Revival ou le néoclassicisme du , comme l'architecture visionnaire d'Étienne-Louis Boullée ou Claude-Nicolas Ledoux, sont des éléments réguliers de son répertoire, mais de Pouilly adaptait aussi le Néo-Grec de ses contemporains français comme Henri Labrouste et Félix Duban ; plus tard, il utilisait le néogothique, préconisé par Viollet-le-Duc et d'autres dès 1840. Comme les autres architectes du , nombre de projets de tombeaux par de Pouilly sont visibles dans ses carnets de croquis, dont l'un est conservé au Historic New Orleans Collection. De Pouilly travaillait quelquefois avec Florville Foy, un homme noir libre à la Nouvelle-Orléans qui simultanément a bâti une entreprise florissante comme un tailleur de pierre et un sculpteur pour les monuments funéraires.
Cathédrale de St-Louis et difficultés de sa carrière