Enterré vivant ( en ) est une nouvelle du recueil du même nom de l'écrivain iranien Sadegh Hedayat, écrite à Paris le , publiée la première fois à Paris en 1932 . Elle porte le sous-titre Des notes d'un fou. Le recueil du même nom contient neufs nouvelles.
Récit La nouvelle est écrite à la première personne par un jeune homme écrivain pauvre, dans son lit de malade, à Paris. Il est dégoûté, découragé et veut mettre fin à sa vie. Il voudrait réussir son suicide et se torture tout au long de son récit sur son échec à atteindre son but. Parfois sa folie recommence et il rêve d'aller vivre en Sibérie, dans une cabane, sous les sapins, ou en Inde sous le soleil ardent, quelque part où personne ne le connaîtrait, ne comprendrait sa langue. Mais il voit qu'il n'est pas fait pour cela . Il hésite tout le temps entre la poursuite de son but, qui est de se suicider, et l'envie de revivre des expériences déjà vécues. Le narrateur se demande comment sa mort sera perçue et pense à faire croire à une mort naturelle. Puis il finit par ingérer de l'opium après avoir pris deux grammes de cyanure sans succès. Il tente malgré tout de sauver les apparences en enfilant de nouveaux vêtements et en aspergeant son lit d'eau de cologne. Les dernières phrases du récit : «Ces notes se trouvaient avec un paquet de feuilles, dans le tiroir de sa table, mais lui-même était retombé dans son lit ; il avait oublié de respirer.»
Analyse Dans sa représentation du moi de ce récit d'introspection et d'interrogation, Hedayat capture l'humeur d'une société en transition. Le système du monologue intérieur met en lumière les rêves et les hallucinations du narrateur. Des descriptions d'objets inanimés interagissent pour explorer le sentiment d'aliénation du sujet. « les murs sont couverts d'un papier peint à bouquets de roses sur fond rouge; régulièrement, deux oiseaux noirs se font face; l'un a le bec ouvert comme s'il parlait à l'autre ; ce dessin m'exaspère... » Le récit est écrit en phrases simples, courtes et précises. Comme pour Le Chien errant Hedayat utilise des techniques réalistes pour des histoires à orientation psychologique. Comme le narrateur de Trois gouttes de sang celui d'Enterré vivant est partagé entre sa conscience de la futilité de sa vie et son désir insatisfait de lui donner un sens par une communication créative. Comme Hedayat lui-même, dont la vie malheureuse se termine par le suicide .
Critique Saremi Soheila observe que les critiques ont tracé des affinités entre Enterré vivant et Journal d'un fou de Nicolas Gogol ouvrage qui retrace la descente d'un petit fonctionnaire dans la folie. Hedayat s'est aussi essayé à utiliser les techniques littéraires caractéristiques de Franz Kafka pour traiter du thème de l'aliénation. Il faut toutefois remarquer que sa traduction en persan de la nouvelle La Métamorphose date de 1950, c'est-à-dire longtemps après Enterré vivantHedayat a également traduit notamment Devant la loi, de Kafka. Mais Hedayat a toujours été fasciné par la capacité de cet écrivain à représenter l'ignoble humanité de la détresse dans un monde sans Dieu. Le critique Keïvan remarque toutefois que « Si des similitudes existent quant à la personnalité et la biographie du romancier persan et celles du nouvelliste tchèque - citons à titre d’exemple la phobie sociale, le conflit familial, l’autodafé souhaité de leurs écrits, tous deux morts à la quarantaine, etc., d’un point de vue littéraire en revanche, leurs styles et procédés, l’ambiance générale, obligent à parler plutôt de correspondances tant la filiation n’a rien de manifeste » .
Bibliographie Sadegh Hedayat, Enterré vivant, éditions Corti, 1986,
Notes et références
Catégorie:Littérature de langue persane Catégorie:Roman paru en 1932 Catégorie:Roman de langue persane Catégorie:Roman iranien du XXe siècle Catégorie:Œuvre de Sadegh Hedayat Catégorie:Livre sur le suicide