Les élections législatives nord-coréennes de 2026 ont lieu le afin de renouveler l'ensemble des de l'Assemblée populaire suprême en Corée du Nord.

Il s'agit du seizième scrutin législatif dans le pays. Ces élections se tiennent sept ans après les élections précédentes de 2019, une mandature étant constitutionnellement de cinq ans "N. Korea picks candidates for deputies to rubber-stamp parliament ahead of elections", The Korea Times, 13 mars 2026.

La Corée du Nord est un État totalitaire qui ne permet aucune candidature d'opposition et dont le parlement n'a aucun pouvoir.

Contexte Bien que la Constitution dispose que les élections législatives aient lieu tous les cinq ans, les élections devant avoir lieu en 2024 ne se tiennent qu'en 2026, permettant qu'elles fassent suite au congrès du Parti du travail.

Ces élections font suite à une réforme électorale introduite pour les élections locales de 2023. Cette réforme a permis que les autorités présentent aux électeurs un choix entre deux candidats pour les élections municipales et de comtés ainsi que les élections provinciales "A Primer on North Korea’s Upcoming Parliamentary Election", The Diplomat, 10 mars 2026. Les autorités ont également autorisé les électeurs, pour la première fois depuis les années 1950, à voter « non » aux candidats proposés par le parti. Les élections locales de 2023 ont ainsi vu quelques dizaines de milliers de Nord-Coréens voter « non ».

Les observateurs étrangers se demandent ainsi si « cette expérience de prétendue libéralisation » politique sera appliquée également aux élections législatives de 2026. Les autorités publient toutefois une liste de candidats approuvés avec un seul candidat par circonscription.

Système politique et électoral En principe, l'Assemblée populaire suprême est l'organe le plus puissant du gouvernement. En pratique, elle ne se réunit que quelques jours par an, pour ratifier automatiquement les décisions prises par le Parti du travail de Corée "North Korea: Government", GlobalEdge, Université d'État du Michigan. Ainsi, de toute son histoire, l'Assemblée n'a jamais connu de débat en son sein, n'a jamais vu de proposition de loi déposée par un simple député, et n'a jamais vu un député voter contre une mesure du parti-État, ni s'abstenir. Le pouvoir réel est exercé par le conseil des ministres dirigé par le Premier ministre Pak Thae-song ; par la Commission des affaires de l'État que préside Kim Jong-un ; et par le politburo du Comité central du Parti du travail, que dirige également Kim Jong-un. Kim Jong-un est encensé par un culte de la personnalité "North Korea profile", BBC, 17 décembre 2013.

Nommément, il existe plusieurs partis politiques, mais ce pluripartisme n'est qu'une façade. Tous reconnaissent l'autorité du Parti du travail, et sont assemblés avec lui en « Front démocratique pour la réunification de la patrie ». La Constitution dispose dans son article 11 que « la république populaire démocratique de Corée déploie toutes ses activités sous la direction du Parti du travail de Corée », tandis que l'article 10 dispose que le pays « s'appuie sur l'unité politique et idéologique du peuple entier »Constitution de la Corée du Nord, version de 2009. Le Parti social-démocrate de Corée et le Parti Chondogyo-Chong-u, ce dernier issu du mouvement religieux cheondoïste, n'existent ainsi plus que « sur papier » ainsi que par « de petits bureaux centraux conservés pour les besoins de la propagande » "Democracy, DPRK style: North Korea holds election", Agence France-Presse, 10 mars 2019. Après chaque élection, le pays communique à l'Union interparlementaire la répartition des sièges par parti à l'Assemblée ; note que cette donnée n'est pas publiée en Corée du Nord elle-même, où tous les députés sont au contraire décrits comme membres du Parti du travail, suggérant que les données communiquées à l'étranger « sont sans doute complètement falsifiées » "How small changes in North Korea’s upcoming election could signal bigger moves", , 14 mars 2026.

Le pays est divisé en 687 circonscriptions, élisant chacune un député. Le droit de vote s'acquiert à l'âge de , qui est également l'âge minimal pour se présenter aux élections. Il y a un seul candidat par circonscription. « Officiellement, des réunions d'électeurs ont lieu dans toutes les circonscriptions du pays pour la désignation des candidats. Les commentateurs pensent majoritairement que la plupart des candidats sont triés sur le volet » par les autorités et par le Parti du travail de Corée« République populaire démocratique de Corée », Union interparlementaire. Dans chaque bureau de vote, une affiche informe les électeurs du nom de leur candidat unique, et de sa profession "North Koreans Complaining about Coercive, Open-ballot Election System", Radio Free Asia, 8 mars 2019.

Le candidat est élu s'il obtient la majorité absolue des suffrages dans sa circonscription, et si le taux de participation y est d'au moins 50 %. Officiellement, l'élection se déroule à bulletin secret. Mais une personne souhaitant voter contre l'unique candidat sélectionné pour sa circonscription doit rayer son nom sur le bulletin « dans un isoloir spécial » . L'abstention n'est pas tolérée non plus - ce qui permet aux autorités d'utiliser les élections comme une forme de recensement "North Koreans vote in predetermined elections", Deutsche Welle, 9 mars 2014 "North Korea holds parliament 'election'", Channel NewsAsia, 9 mars 2014, et d'identifier d'éventuelles défections. Ainsi, « des fonctionnaires chargés de l'organisation de l'élection se rendent dans chaque foyer pour s'assurer de la présence ou de l'absence des électeurs inscrits »« La Corée du Nord aux urnes, un candidat unique par circonscription », La Libre, 9 mars 2014. Si une personne ayant fui à l'étranger est identifiée comme absente, sa « famille restée au Nord risque de graves punitions. C’est pourquoi de nombreux Nord-Coréens partis en Chine reviennent, au péril de leur vie, juste pour voter »« Corée du Nord : des élections pour légitimer le pouvoir », Radio France internationale, 7 mars 2014. Par ailleurs, des « urnes mobiles » sont prévues pour que les malades ou infirmes, ne pouvant pas se déplacer, puissent voter "North Koreans vote for new national council", Al Jazeera, 9 mars 2014. En conséquence, les autorités affichent, lors de chaque élection, un taux d'approbation populaire de 100 % pour chaque candidat, ainsi qu'un taux de participation de près de 100 %.

Résultats Nationaux Si tous les candidats sont déclarés élus, et si le taux de participation déclaré est le même qu'à l'accoutumée (99,99 %), les autorités annoncent que 99,93 % des votants ont voté « pour » le candidat proposé dans leur circonscription, et 0,07 % « contre ». Ces chiffres sont invérifiables, mais ce sont les premières élections législatives depuis celles de 1957 pour lesquelles les autorités ne déclarent pas 100 % de votes en faveur des candidats. Par ailleurs, plus de 70 % des élus n'étaient pas députés du parlement sortant, ce qui constitue le plus important renouvellement législatif de l'histoire du pays "What we can learn from the results of North Korea’s parliamentary election", NK News, 18 mars 2026 "99.93% votes, zero suspense: Kim Jong Un sweeps North Korea polls", The Statesman (Inde), 18 mars 2026.

+ Résultats nationaux.. Fichier:North Korea Parliament 2026 With Parties.svg Parti % +/- Sièges +/- Parti du travail de Corée 99,93 671 Organisations sociales 10 Partis alliés et organisations religieuses 6 Contre 0,07 Total 100 – 687 Abstentions 0,01 Participation 99,99

Par circonscription