Gloria Orwoba, née le , est une femme politique kenyane. Membre de l'UDA, elle siège au Sénat du Kenya en tant que sénatrice nommée représentant les femmes depuis 2022.
Biographie Gloria Orwoba naît et grandit à Nairobi au sein d'une fratrie de quatre filles. Elle est élevée par son père, un fonctionnaire originaire du comté de Kisii, dans le quartier de Hurlingham, à proximité du centre Yaya. Elle effectue ses études secondaires à la St. George's Girls' Secondary School à Kilimani. Elle obtient ensuite un diplôme en architecture à l'Université de Nairobi, suivi d'un diplôme en travail social. Elle poursuit actuellement un cursus en leadership et gestion. En 2015, elle s'installe en Suède avec sa famille. Au cours de son séjour en Scandinavie, elle occupe des fonctions de gestion pour un centre de données de Facebook situé au Danemark.
Carrière politique En 2017, Gloria Orwoba retourne temporairement au Kenya pour briguer le poste de responsable de la jeunesse au sein de l'exécutif du comté de Kisii, une tentative qui se solde par un échec.
Elle s'installe définitivement au Kenya en 2019 et annonce son intention de se présenter aux élections législatives dans la circonscription de Bobasi dans le comté de Kisii sous les couleurs de l'United Democratic Alliance (UDA). Lors des primaires du parti, elle est battue par un candidat, elle conteste alors ce résultat en invoquant des soupçons de corruption.
Parallèlement à ses ambitions électorales, Gloria Orwoba s'investit dans l'action sociale à travers le programme nutritionnel Uji Ya Glo. Cette initiative a permis de distribuer quotidiennement un bol de bouillie et deux tranches de pain aux élèves de treize écoles primaires de la circonscription de Bobasi.
Au sein de l'UDA, elle s'affirme comme une fervente partisane de William Ruto lors de l'élection générale de 2022. Elle soutient publiquement sa campagne présidentielle qui se solde par un succès, saluant son programme axé sur l'inclusion et l'autonomisation des différentes couches de la société kényane
En 2022, Gloria Orwoba est nommée sénatrice pour représenter les femmes, au titre des sièges réservés par la Constitution kényane pour assurer la représentation des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap.
Au cours de son mandat, elle devient une figure importante du plaidoyer contre la précarité menstruelle au Kenya. Elle dénonce les structures patriarcales et le manque de connaissances masculines sur la menstruation, qu'elle identifie comme des freins majeurs. Elle souligne notamment une inégalité de santé publique : la gratuité des préservatifs contrastant avec le coût élevé des tampons.
Son engagement prend racine dans un événement tragique survenu en 2019 : le suicide de Jackline Chepngeno, une collégienne de 14 ans du comté de Bomet, après avoir été humiliée par un enseignant à cause de ses règles.
En 2023, elle dépose une motion demandant au ministère de la Fonction publique, du Genre et de l'Action affirmative de garantir la gratuité des produits périodiques dans toutes les écoles du Kenya. Elle exige également que les établissements scolaires soient dotés d'équipements adéquats pour l'élimination hygiénique de ces produits.
Incident menstruel Le , Gloria Orwoba se présente à une session plénière du Sénat vêtue d'un pantalon blanc présentant une tache rouge visible à l'entrejambe. Par ce geste symbolique, elle entend dénoncer la "period shaming" (l'humiliation liée aux règles) et sensibiliser ses collègues à la réalité vécue par de nombreuses jeunes Kényanes. Au cours de la séance, la sénatrice Tabitha Mutinda interpelle le président du Sénat, Amason Kingi, lui demandant de statuer si la tenue d'Orwoba constitue une violation du code vestimentaire parlementaire. Le président Kingi ordonne finalement à Gloria Orwoba de quitter l'hémicycle pour changer de vêtements avant de pouvoir réintégrer les débats. Ce même jour, un incident distinct survient au Sénat : la sénatrice Karen Nyamu est également exclue de la chambre pour avoir porté une robe sans manches.
L'action de Gloria Orwoba a suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique kényane, alimentant un débat sur la nature de son geste, entre activisme nécessaire et mise en scène médiatique.
Au Sénat, plusieurs collègues ont vivement critiqué sa démarche. La sénatrice Tabitha Mutinda a qualifié la présentation d'Orwoba d'« indécente », estimant qu'elle ne constituait pas un modèle approprié pour les femmes et les jeunes filles. Le sénateur Enoch Wambua a parlé d'une « honte pour la chambre », tandis que le sénateur Ledama ole Kina a suggéré que Gloria Orwoba avait simulé ses menstruations à des fins purement politiques.
Face à la polémique, le président du Sénat, Amason Kingi, a maintenu sa position en précisant que l'exclusion de la sénatrice visait uniquement à lui permettre de se changer pour respecter le règlement intérieur, et non à la sanctionner pour son état physiologique.
Johnson Sakaja, gouverneur du comté de Nairobi, a qualifié l'initiative de « courageuse et provocatrice ». En réaction directe à cet événement, il s'est engagé à renforcer la distribution gratuite de serviettes hygiéniques à travers Nairobi. De son côté, la personnalité médiatique Janet Mbugua, elle-même engagée sur ces thématiques, a félicité la sénatrice pour avoir su « relancer » le mouvement contre la précarité menstruelle au Kenya.
Gloria Orwoba a maintenu avoir respecté le code vestimentaire du Sénat, qualifiant la tache d'«accident» qu'elle a choisi d'assumer pour illustrer la stigmatisation liée aux règles dans la société kényane.
Pour joindre le geste à la parole, elle s'est rendue dans une école de Nairobi immédiatement après son exclusion de l'hémicycle pour y distribuer des protections périodiques.
Face aux accusations de simulation, elle a défendu la sincérité de sa démarche. Elle a également rapporté avoir été la cible d'une campagne de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, à la suite de cet incident.
Après l'incident au Sénat, elle parraine une campagne d'affichage à Nairobi. Elle y apparaît vêtue d'un t-shirt blanc arborant le slogan : « Anything you can do, I can do bleeding » (Tout ce que vous pouvez faire, je peux le faire en saignant).
Vie personnelle Gloria Orwoba a trois enfants.
Notes et références
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