La Femme qui avait perdu son mari (en ) est le titre d'une nouvelle de Sadegh Hedayat publiée en dans la collection iranienne Ombre et lumière. Elle traite de la vie et des rapports sexuels d'une femme masochiste en Iran dans les années 1930, dans les campagnes, dans un milieu social pauvre.

Récit Lors des vendanges dans la province de Mazandéran au nord de Téhéran, Zarrine-Kolâh à 14 ans fait la connaissance de Gol-Bebou qu'elle épouse deux ans plus tard malgré l'opposition de sa mère. Ils s'installent à Téhéran où commence leur vie en couple. Ils vivent heureux jusqu'à ce que Gol-Bebou se tourne vers le vin et l'opium sous l'influence d'amis. Il rentre à la maison tous les soirs et bat Zarrine-Kolâh avec le fouet destiné à son âne sous de vains prétextes. Elle endure la douleur et ce tourment et n'ouvre pas la bouche pour protester.« Quoique Zarrine-Kolâh se tordit et gémit, sous le fouet, en réalité elle y prenait plaisir. Elle se sentait alors toute petite et toute faible devant Gol-Bebou, et plus il la fouettait , plus elle s'attachait à lui. Elle aurait voulu baiser ses mains vigoureuses, ses joues rouges , sa nuque épaisse, ses bras musclés, son torse velu, ses levres charnues, ses dents puissantes. Elle aimait surtout l'odeur de son corps, cette odeur d'écurie... ». Plus tard Gol-Bebou quitte la maison sous prétexte de trouver du travail.۔ Comme cela commence à faire long et qu'il n'envoye aucun mot à Zarrine-Kolâh, finalement, après avoir interrogé les amis de son mari, elle se rend dans son village natal de Mazandaran à sa recherche, avec son bébé sous le bras. Quand elle arrive à la maison de son beau-père, elle retrouve son mari, mais il lui ouvre la porte en lui disant qu'il ne la connaît pas.۔ Et Zarrine-Kolâh décide d'abandonner son enfant au pied d'une maison inconnue et regagne la grand-route. Elle rencontre un jeun homme robuste qui la fait monter sur son âne. « Elle vit toute sa vie défiler devant ses yeux ... Elle avait faim et soif et pourtant elle sentait une joie sourde au fond d'elle-même. Elle ne savait pas où elle allait, mais elle se disait que peut-être cet homme ( qu'elle vient de rencontrer) aussi donnait des coups de fouet, que lui aussi peut-être sentait l'âne et l'écurie.».

Critique Cette nouvelle donne une représentation caricaturale et satirique de la vie d'une fille simple, rurale, de ses relations avec sa famille, qui la maltraite sans raison et la fait tomber amoureuse et très vite se marier. Le ton de l'histoire et les caractéristiques des personnages reflètent la haine profonde et le dégoût de l'auteur pour l'ignorance et les superstitions. Les personnages sont très superficiels et unidimensionnels, comme des héros de vieilles légendes. La personnalité simple et soumise de la fille est un exemple de personnalité masochiste, qui aime être battue par son mari. Quand, à la fin de l'histoire elle est chassée par son mari et abandonnée aussi par son beau-père elle aime tout de suite un autre homme qui a les mêmes défauts que son mari. C'est une fille superstitieuse, qui a recours aux vœux pour retrouver son mari, et se réconforter۔ Elle est un symbole des femmes traditionnelles et superstitieuses, vivant dans la misère, complètement soumises à leurs maris et sans aucun refuge dans les difficultés de la vie.۔ Le mari, Gol-Bebou, est un homme rural, rude et insensible.

Bibliographie

La femme qui avait perdu son mari dans le recueil Trois gouttes de sang de Sadegh Hedayat, éditions Zulma, , en 2019

Références

Catégorie:Roman paru en 1933 Catégorie:Roman de langue persane Catégorie:Roman iranien du XXe siècle Catégorie:Œuvre de Sadegh Hedayat