Les abus sexuels dans l’enseignement catholique en France concernent des faits d'agressions sexuelles et de viols commis par des clercs ou religieux enseignants ou des agents laïcs des établissements d'enseignement catholique sur des mineurs et des majeures. Certains ont donné lieu à des condamnations pénales, mais la majorité des faits, révélés tardivement, sont prescrits et donc sans poursuites judiciaires possibles.
À la suite de la médiatisation de l'affaire Bétharram en , les signalements d'abus sexuels s'intensifient. En , Guillaume Prévost, secrétaire général de l’enseignement catholique, décide d'engager une mission dont l'objectif est de proposer des évolutions destinées à protéger les enfants.
Historique En 2019, la Compagnie de Jésus indique qu'en France sur la période 1950-2019, 19 prêtres jésuites sont signalés par des témoignages pour abus sexuels en particulier dans des établissements scolaires, 3 d'entre eux sont condamnés par la justice. Les établissement concernés sont situés à ..
Selon le rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église, dite commission Sauvé, publié en 2021, une personne sur dit avoir été abusée sexuellement alors qu'elle était mineure au sein de l’école publique. Pour l'école catholique, c'est une personne sur . Entre 1950 et 1970, 40 % des abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux se sont effectués dans l'enseignement catholique. À partir des années 1990 les abus sexuels dans le monde scolaire est de moins de 5 %, en effet des enseignants de l’Éducation nationale interviennent alors dans les écoles catholiques et les prêtres conservent seulement les fonctions d’aumônerie...
À la suite de la forte médiatisation de l'affaire Bétharram en , d'anciens élèves d'autres d’établissements privés catholique sous contrat avec l'État, s'expriment et dénoncent à leur tour, les violences physiques et sexuelles dont ils ont été victimes... C'est le cas notamment à l'institution Notre-Dame-de-Garaison à Monléon-Magnoac (Hautes-Pyrénées)., au sein du collège Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon (Finistère), dans le collège Saint-François-Xavier à Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques), à l'institution Saint-Dominique de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). et à l'institution Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, dite « Cendrillon » à Dax (Landes)...
En 2026, plusieurs médias rapportent que les Lasalliens (Frères des écoles chrétiennes), qui supervisent des établissements accueillant en France, mais aussi d'autres congrégations, mettent en place un protocole qui interdit aux victimes indemnisées de communiquer sur les agressions qu'elles ont subies. Un collectif de victimes demande l'abandon de ce protocole...
En , à la suite de contrôles d'établissements d'enseignement catholique par le ministère de l’Éducation nationale, Guillaume Prévost, secrétaire général de l’enseignement catholique, dénonce des « abus d'autorité » pendant ces contrôles. Pour sa part l'évêque Matthieu Rougé, référent pour l'enseignement catholique, considère que l'année 2025 a été .. Le ministre Édouard Geffray indique que ces contrôles ..
En , Guillaume Prévost décide d'engager une mission . Il mentionne que les abus au sein de l'enseignement catholique ne se limitent pas au passé mais se perpétuent avec plusieurs affaires en cours. L'objectif de la mission est de proposer des évolutions concrètes destinées à protéger les enfants..
Alors que les affaires de violences se multiplient tant dans l'enseignement privé que dans le public (affaire du périscolaire à Paris), le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, nomme le , Cristelle Gillard au poste de défenseure des droits de l'enfant. Par ailleurs, il est favorable à la création d'une « liste noire » pour écarter des personnes qui ont eu un « comportement inadmissible » avec des enfants mais qui n'ont pas été condamnés pénalement..
Pour la rentrée scolaire 2016-2017, le questionnaire « Brisons le silence » est obligatoire pour les établissements publics mais pas pour les écoles privées sous contrat. Aussi, les députés Violette Spillebout et Paul Vannier écrivent au ministère pour s'inquiéter de cette exception..
Chronologies d'affaires par congrégation Frères des écoles chrétiennes
Le Likès à Quimper est une institution religieuse fondée en 1838 par les Frères des écoles chrétiennes. Des témoignages d’anciens élèves mentionnent des agressions sexuelles, dans les années 1970, de la part d'un frère surveillant d’internat et professeur d’éducation manuelle. Une cellule d’écoute est mise en place à Paris pour recueillir la parole des victimes.. En , à la suite de l'affaire Bétharram, une des victimes du Likès regrette l'omertà sur cette affaire et demande à l'Église catholique d'intervenir.. En 2026, l'association pour la mémoire et la prévention des abus sexuels dans l’Église catholique de l’Ouest (Ampaseo) réclame de supprimer la clause de confidentialité, imposée par les Lasalliens aux victimes qui témoignent.. vignette|Jean-Michel Di Falco est le premier évêque français condamné pour des abus sexuels. L'affaire Jean-Michel Di Falco est une affaire judiciaire mettant en cause l'évêque Jean-Michel Di Falco, accusé d'avoir agressé sexuellement deux enfants et violé l'un d'eux dans les années 1970. Les affaires concernent des enfants parisiens dont un fréquentait le lycée Saint-Thomas-d'Aquin. La justice, considérant les faits prescrits, décide d'un non-lieu à poursuivre en 2018. La Cour de cassation annule, le , le jugement de la cour d’appel de Paris, relançant ainsi la procédure au civil... Il est condamné le à verser à sa victime. Il se pourvoit en cassation... Il est le premier évêque français à être condamné pour des abus sexuels..
Dans le collège Bellefonds à Rouen, intégré depuis dans l'Institution Jean-Paul-II, un frère a violé un enfant de entre 1970 et 1972. En 2023, la victime, âgée de , a été indemnisée à hauteur de par les Frères des écoles chrétiennes. En échange de cet argent, elle a du signer un protocole de confidentialité et de non-dénigrement..
Pour le collège Saint-Joseph de Levier dans le Doubs, un ancien surveillant est condamné à deux ans de prison, en 2013, pour des agressions sexuelles sur des mineurs. Il reconnait l'agression de cinq enfants. Par ailleurs, une ancienne élève, âgée de en 2026, mentionne des agressions entre 1974 et 1976, par le « frère directeur ». En 2019, elle a signalé cette agression auprès de l'Église catholique en remplissant un dossier. Elle n'a pas reçu de réponse et elle n'a jamais pensé à porter plainte..
Au sein du lycée polyvalent Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle à Reims, un homme enseignant dans l'établissement à l'époque des agressions, est accusé de corruption de mineures, d'agression sexuelle et de détention d’images pédopornographiques. Il doit être jugé en 2026..
En , un collectif de victimes accuse des Frères et des laïcs d'un grand nombre d'établissements de la congrégation des lasalliens (Frères des écoles chrétiennes) de violences physiques et sexuelles sur plusieurs décennies et dans un grand nombre d'établissements... Les témoignages concernent en particulier Jean-Baptiste de La Salle à Rouen, Passy Buzenval à Rueil-Malmaison, Saint Genès à Bordeaux-Talence, La Salle à Metz, et St Privat à Mende..... Dans sa déclaration constitutive, cette association annonce vouloir pérenniser et structurer, y compris sur le plan juridique, la libération de la parole des victimes, reprochant à cette congrégation à la fois sa responsabilité historique et sa gestion actuelle de la crise, considérant qu'elle isole les victimes pour les réduire au silence...
À l’école catholique Saint-Genès de Bordeaux, Gilles Delignac, instituteur à Saint-Genès à partir de 2008, est renvoyé en devant la cour criminelle de la Gironde pour 18 viols sur mineurs entre 2008 et 2012, et 6 agressions sexuelles sur mineurs entre 2017 et 2023, au sein de l’ensemble scolaire Saint-Genès. À la suite des révélations de cette affaire, des témoignages dénoncent de multiples abus sexuels sur plusieurs décennies...
Jésuites
L'écrivain Octave Mirbeau évoque dans un de ses romans à caractère auto-biographique, Sébastien Roch (1890), le souvenir de son séjour dans le collège-lycée-prépa Saint-François-Xavier de Vannes et du viol qu’il eut à subir d’un Jésuite, le Père de Kern. Pour Pierre Michel, Octave Mirbeau prit pour modèle pour son personnage de fiction Stanislas du Lac.. En 2015, Dominique Peccoud, ancien directeur des études du lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles, puis de l’École d'ingénieurs de Purpan à Toulouse et conseiller au sein de l'Organisation internationale du travail de l'ONU, est condamné à deux ans de prison avec sursis pour abus sexuels sur mineurs. À la demande de sa hiérarchie, il s'est dénoncé en indiquant des agressions sexuelles sur neuf enfants... En 2016, un ancien élève du Lycée Saint-Louis-de-Gonzague à Paris, Jean-Pierre Martin-Vallas, scolarisé dans l'établissement jésuite au cours des années 1950 et 1960, déclare publiquement avoir été victime à l'âge de huit ans des agissements pédophiles du prêtre Gilbert Lamande lors d'une colonie de vacances organisée par le lycée. À partir de 2010, il recueille plusieurs témoignages et réclame une enquête au père Jean-Yves Grenet, responsable des Jésuites de France, obtenant une fin de non-recevoir. Jean-Pierre Martin-Vallas rapporte : . En 2014, Jean-Pierre Martin-Vallas sollicite alors le Vatican et obtient la création d'un « groupe d'accueil et de veille pour les situations d'abus sur les personnes »... Dans le contexte de l'affaire Philippe Barbarin, la décision de Jean-Yves Grenet évolue en se déclarant plus apte à l'écoute mais il n'engage pas une enquête interne.. Le , la Compagnie de Jésus lance un appel à témoignages concernant Gilbert Lamande, jésuite, décédé en 2000, chargé de catéchèse au petit collège (primaire) de l’établissement scolaire Saint-Louis-de-Gonzague (Franklin) à Paris de 1946 à 1977. Il est mis en cause par victimes (garçons et filles mineurs au moment des faits) pour attouchements sexuels au cours de confessions, d’entretiens, d’activités parascolaires et de camps de jeunes. À la suite de cet appel, le , la cellule d‘écoute et de prévention des abus de la Province EOF indique que 21 témoignages lui ont été adressés dont huit concernant de nouvelles personnes victimes de violences subies de la part de Gilbert Lamande.. En 2024, Pierre Molinié, enseignant au sein des Facultés Loyola Paris, est suspendu à titre conservatoire de cours pour des faits de nature sexuelle à l'encontre d'une étudiante. Le parquet de Paris étudie les faits pour déterminer s'ils relèvent de l’agression sexuelle ou du viol. Dans l'attente des suites judiciaire, Pierre Molinié intègre la communauté Saint Ignace de Lyon qui comprend l'Institut des sources chrétiennes. Aussi, le conseil scientifique du laboratoire a envoyé une motion demandant au Provincial d'interdire à Pierre Molinié, l’accès à leurs bâtiments et bibliothèques fréquentés par des étudiants et étudiantes.. En 2025, la Compagnie de Jésus révèle trois plaintes pour des abus sexuels sur des enfants au sein du collège-lycée-prépa Saint-François-Xavier de Vannes dans les années 1950 et 1960. Grégoire Le Bel, assistant du Provincial des jésuites d'Europe occidentale, indique : . Les trois jésuites impliqués sont morts...
Marianistes Dans les années 1970, au sein du collège Saint-André de Colmar, géré par la Société de Marie des viols et agressions sexuelles à l'encontre d'enfants sont commis par trois marianistes. Les abus sexuels sont reconnus par la congrégation. À la suite de ces révélations, l'établissement entend assumer ce passé et lance un appel à témoins en 2026. Par contre, l'Église et les marianistes n'engagent pas cette demande de témoignage..
Maristes