La Danse sur le volcan, publié en 1957, est le deuxième roman de la romancière haïtienne Marie Vieux-Chauvet.

Le roman raconte l'histoire basée sur des faits historiques de deux jeunes actrices métisses dans le milieu du théâtre à Saint-Domingue, et leur implication dans les luttes contre l'esclavage avant la Révolution haïtienne, qui constitue la première révolte d'esclaves réussie du monde moderne.

Description gauche|vignette|Portrait de Madame Ailhaud, vers 1760. À gauche une esclave, au centre la colon propriétaire, et à droite la « mulâtresse ». vignette|Portrait dessiné de Marie Vieux-Chauvet. La Danse sur le volcan est publié en 1957, en France chez Plon. Le roman relate la situation des femmes haïtiennes à travers le portrait de deux jeunes femmes métisses dans le milieu du théâtre haïtien à Saint Domingue. Il se situe dans les années ayant précédé la révolution haïtienne au au moment de l'accession au pouvoir de François Duvalier en Haïti. Il s'agit de l'un des très rares romans écrits par une femme qui porte sur la révolution de Saint Domingue.

Le titre est une référence au mythe prométhéen d'Empedocle : la population blanche coloniale est décrite comme empêtrée dans les réjouissances concomitantes à l'arrivée d'un nouveau gouverneur, qu'elle ne voit pas la révolte qui gronde et finira par l'anéantir. Marie Vieux-Chauvet fait aussi référence à la résurgence continuelle des souffrances répétées de l'esclavage, tout comme Prométhée, dont le foie est dévoré chaque jour par un aigle, l'organe repoussant chaque nuit.

Bases historiques du roman Les faits décrits, bien qu'ils soient présentés comme se déroulant sur quelques journées dans le roman, font référence à des faits historiques qui se sont déroulés entre 1778 et 1793 en Haïti. Ils retracent la lutte des personnes affranchies, qui étaient pour la plupart mulâtres) pour obtenir leurs droits civiques. Le roman dépeint également l'engagement des femmes dans la lutte contre l'esclavage.

L'épigraphe du roman indique que les faits et les personnages sont tirés de faits réels, L'autrice indique également qu'elle s'est inspirée d'un ouvrage historique Jean Fouchard Le théâtre à Saint-Domingue publié en 1955.

Les femmes y tiennent les premiers rôles et sont au cœur de l'action.. Les héroïnes en sont deux jeunes femmes créoles qui ont réellement existé, Minette et Lise, appartenant à la caste des gens de couleur libres, qui surmontent les préjugés pour devenir des actrices de théâtre. Selon Lovia Mondésir, Marie Vieux-Chauvet y propose une conception de l'esclavage comme résultant d'une triple domination : sexuelle, sociale et raciale. Marie Vieux-Chauvet présente le libertinage féminin colonial comme un ferment révolutionnaire, et propose un modèle nationale universaliste dans lequel la solidarité des femmes entre elles est cruciale.

Marie Vieux Chauvet souligne dans ce roman le rôle des mulâtres dans la révolution de Saint-Domingue. Elle y explique les origines des conflits entre populations noires et mulâtre qui préfigure la naissance du mouvement de la négritude dans les années 1940. Elle conteste ainsi le discours dominant de l'histoire officielle haïtienne porté par le courant indigéniste du « noirisme » promu par Duvalier qui minimise le rôle des populations mulâtres dans la révolution haïtienne de Saint Domingue.

Résumé de l'intrigue gauche|vignette|Vincent Ogé, révolutionnaire haïtien (1755-1791) accueilli par Chavannes à son arrivée à Saint-Domingue en 1790. Minette, la protagoniste centrale du roman, est la fille d'un propriétaire blanc et d'une commerçante, ancienne esclave affranchie qui lui a caché son ancienne condition. La mère de Minette et Lise parvient leur apprendre à lire et écrire à ses deux filles en cachette, et leur trouve ensuite un précepteur mulâtre affranchi, Vincent Ogé. Très douée pour le chant lyrique, elle parvient malgré sa condition d'actrice de couleur à grimper les échelons vers la reconnaissance, mais elle n'a pas de gages ni de contrat. Au travers des discriminations successives, elle développe une conscience politique et prend parti pour les esclaves marrons, les aidant même à fuir leurs propriétaires. La situation est rendue complexe par la relation amoureuse qu'elle entretient avec un affranchi anarchiste lui-même propriétaire d'esclaves et qui les maltraite mais qui est également un chef de la révolution contre la classe blanche coloniale.

Réception critique L'écrivaine Yannick Lahens est d'avis que le roman signe l'arrivée du roman moderne haïtien. Malgré son thème subversif explorant la révolte des esclaves de Saint Domingue et critiquant le système de race et de classe en œuvre à Haïti, le roman est néanmoins rédigé de manière classique.

Marie Vieux-Chauvet décrit une société haïtienne complexe, composée d'un petit nombre d'aristocrates préoccupés par les différences de couleur de peau, d'affranchis esclavagistes, de planteurs avides de gain et de l'autre coté une multitude d'esclaves qui finissent par se révolter, menant à l'indépendance du pays, mais aussi à la fin du monde de Minette et des siens.

Bibliographie

Ouvrages .

Articles académiques . . . . . . . .

Références

Voir aussi

Amour, colère, folie Fille d'Haïti

Liens externes

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