Enedina Alves Marques est une enseignante brésilienne et une ingénieure pionnière née le à Curitiba et morte vers le 20-. Elle obtient son diplôme d'ingénieure civile en 1945 à l'Université fédérale du Paraná, entrant dans l'histoire comme la première femme diplômée en ingénierie de l'État et la première femme ingénieure noire du Brésil.
Biographie Enedina Alves Marques naît à Curitiba en 1913. Ses parents sont Paulo Marques et Virgília Alves Marques, arrivés à Curitiba dans les années 1910. La famille s’installe vraisemblablement dans le quartier d'Ahú ou de Portão, où Dona Duca, sa mère, gagne sa vie comme lavandière. Dans les années 1920, Dona Duca entre au service de la famille du délégué et major Domingos Nascimento Sobrinho. La maison familiale est démontée et déplacée à Juvevê ; elle abrite aujourd'hui le siège régional de l'Institut national du patrimoine artistique et historique. Domingos, qui a une fille du même âge, Isabel, plus connue sous le nom de Bebeca, finance les études d'Enedina dans des écoles privées afin qu'elle puisse tenir compagnie à sa fille.
Entre 1925 et 1926, elle apprend à lire et à écrire à l'école privée dirigée par la professeure Luiza Dorfmund. L'année suivante, elle entre à l'École normale, où elle reste jusqu'en 1931. Entre 1932 et 1935, elle obtient son diplôme et, avec Isabel, commence à enseigner dans les régions rurales de l'État. Elle travaille notamment dans des villes comme Rio Negro, São Mateus do Sul, Cerro Azul et Campo Largo.
Entre 1935 et 1937, elle retourne à Curitiba pour suivre le cours de Madureza au Novo Ateneu. Durant cette période, elle vit chez le constructeur Mathias et son épouse Iracema Caron, dans le quartier de Juvevê. Elle y enseigne également à l'école Linha de Tiro. Son amie Jota Caron, parente du couple, veille à ce qu'elle puisse continuer à y vivre. Après la famille Nascimento, c'est au tour de la famille Caron de devenir ses nouveaux bienfaiteurs. Bien que n'étant pas employée officiellement chez eux, elle les remercie en effectuant des tâches ménagères.
En 1935, elle loue une maison en face du collège Nossa Senhora Menina à Juvevê et y organise des cours d'alphabétisation. En 1938, elle suit des cours du soir de préparation aux études d'ingénieur au Ginásio Paranaense, tout en logeant chez la famille Caron.
Carrière d'ingénieure En 1940, elle s'inscrit à la faculté d'ingénierie de l'université du Paraná. Elle y obtient en 1945 son diplôme d'ingénieure civile, devenant ainsi la première femme ingénieure du Paraná et la première femme ingénieure noire du Brésil. La cérémonie de remise des diplômes a lieu au Palácio Avenida. Avant elle, seuls deux hommes noirs ont obtenu un diplôme d'ingénieur dans cette institution.
Licenciée de l'école Linha de Tiro, elle devient assistante ingénieure au Secrétariat d'État aux Transports et aux Travaux publics. Elle occupe successivement les postes de responsable de l'hydraulique, de la division des statistiques et du service d'ingénierie du Paraná. L'année suivante, le gouverneur Moisés Lupion lui accorde une mutation au Département d'État de l'Eau et de l'Énergie électrique. Enedina travaille sur le Plan hydroélectrique de l'État et participe à l'exploitation des eaux des fleuves Capivari, Cachoeira et Iguaçu. Pour beaucoup, la centrale hydroélectrique de Capivari-Cachoeira est son plus grand accomplissement. Elle porte alors une salopette sur le chantier et un fusil à la ceinture, tirant des coups de feu en l'air pour imposer le respect aux ouvriers refusant d'obéir a une femme noire. Parmi ses autres réalisations, on peut citer le Colégio Estadual do Paraná.
Le commandant Domingos Nascimento Sobrinho décède en 1958, faisant d'Enedina Alves Marques l'une de ses bénéficiaires. Elle est interviewée par le sociologue Octávio Ianni en 1961. En 1962, elle prend sa retraite de l'administration de l'État et reçoit les félicitations du gouverneur Ney Braga qui, par décret, reconnaît les mérites de l'ingénieure et lui garantit une rémunération équivalente à celle d'un juge.
Mort Enedina Alvers Marques décède en , à l'âge de . Son corps est retrouvé sans vie dans son appartement de la Rua Ermelino de Leão, en plein centre de Curitiba, victime d'une crise cardiaque. Compte tenu de l'état du corps, on estime qu'elle s'éteint environ une semaine plus tôt, vers le .
Le Diário Popular, un tabloïd de l'époque, la dépeint comme une vieille femme excentrique, ce qui provoque l'indignation des membres de l'Institut d'ingénierie du Paraná. Suite à cela, plusieurs articles mettant en avant ses réalisations fleurissent dans la presse. Enedina n'a pas de famille proche à son décès ; les archives indiquent qu'elle n'est ni mariée ni mère.
Héritage et hommages thumb|Fresque murale en l'honneur d'Enedina Alves Marques, à Curitiba. En 1988, une rue de Vila Oficinas, dans le quartier de Cajuru, est baptisée à son nom. Elle reçoit également une inscription au Mémorial de la Femme Pionnière. En 2006, l'Institut Enedina Alves Marques pour les Femmes Noires voit le jour à Maringá. En 2014, une campagne en ligne demande que le bâtiment Teixeira Soares de l'Université fédérale du Paraná (UFPR) soit rebaptisé en son honneur.
En 2018, une plaque est apposée sur le bâtiment de la Technologie de l'UFPR. L'année suivante, l'Assemblée législative du Paraná nomme un tronçon de la PR-340 en son honneur. En 2021, la Turma da Mônica lui rend hommage et, en 2023, Google lui consacre un Doodle au Brésil pour son anniversaire.
Références
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