Dès le , plusieurs manifestations pacifiques de réfugiés et de demandeurs d'asile se tiennent au centre humanitaire géré par le HCR à Agadez, au Niger. Les organisateurs de ces manifestations sont des résidents du camp, majoritairement des réfugiés du Soudan, du Tchad, d'Érythrée et d'autres zones en conflit. Les manifestants réclament des conditions de vie dignes, une réinstallation, des soins médicaux et la fin de ce qu'ils appellent «détention de facto» sous supervision internationale.

Contexte Depuis 2017, le Niger tient lieu de partenaire clé de l'Union européenne dans le cadre de l'externalisation du droit d'asile. Il accueille des migrants et des réfugiés évacués de Libye via le Mécanisme de transit d'urgence (MTU) dirigé par le HCR, en réponse aux actes de torture et d'exploitation sexuelle, largement documentés, dont sont victimes les demandeurs d'asile en Libye. Des milliers de personnes trouvent refuge dans des camps à Agadez, où les conditions climatiques difficiles associés à l'accès limité aux soins de santé et à l'insuffisance des approvisionnements alimentaires deviennent des problématiques majeures. Bon nombre de réfugiés fuient les centres de détention libyens ou les conflits armés au Soudan et au Tchad, avec l'espoir de trouver asile en Europe ou dans des pays tiers sûrs.

Fin 2024, de nombreux réfugiés se retrouvent piéger depuis plus de six ans, sans aucune clarification sur leur statut juridique ni sur leurs perspectives de réinstallation. Ils pointent du doigt le HCR et ses partenaires les accusant de mauvaise gestion de leurs demandes d’asile et d’avoir recours à des restrictions alimentaires et à l’intimidation pour réprimer toute contestation.

Manifestations de 2024-2025 Le , des réfugiés du centre humanitaire d'Agadez entament un sit-in pacifique en vue de réclamer des conditions de vie plus dignes et un avenir pour leurs enfants.

Les manifestants dénoncent la négligence médicale, la pénurie alimentaire et les traumatismes psychologiques conséquences d'un confinement prolongé dans des conditions désertiques. *Ils qualifient le camp de «tueur à petit feu» et tiennent des manifestations quotidiennes à l'intérieur du centre humanitaire et devant les bureaux du HCR.

Le HCR et les forces de sécurité locales réagissent à la montée des troubles en imposant des restrictions et en arrêtant huit représentants des manifestants (quatre hommes et quatre femmes) le . Ces derniers sont détenus durant dix jours avant d'être libérés le . Suite à cela, les autorités nigériennes révoquent leur statut de réfugié, une décision dont le HCR a connaissance mais n'y montre pas d'oppositiond'après des résidents du camp, six réfugiés trouvent la mort au cours des manifestations faute de soins médicaux.

Dès , les manifestations se poursuivent durant plus de 300 jours consécutifs avec des appels répétés à l'ONU, à l'UE et à l'Union africaine.

Incidents antérieurs Les manifestations de 2024 et de 2025 font suite à des épisodes de troubles survenus au même endroit par le passé. Entre et , des manifestations pacifiques regroupant environ 1 000 réfugiés soudanais devant les bureaux du HCR à Agadez sont réprimées par les autorités nigériennes. Plus de 300 réfugiés sont mis aux arrêt et une partie du camp est incendiée après la répression.

Ces manifestations sont perçues comme une réponse aux politiques migratoires européennes qui externalisent le traitement des demandes d'asile vers le Niger, transformant de facto le pays en zone de confinement pour les migrants africains.

Conditions humanitaires Des témoignages de réfugiés et d'ONG décrivent le centre comme étant en manque de financement. L'approvisionnement alimentaire des manifestants s'est vue suspendre et plusieurs réfugiés décèdent de maladies évitables, exacerbées par la malnutrition et le manque de soins médicaux. Les réfugiés s'estiment «oubliés du monde» et exhortent la communauté internationale à intervenir et dénonçant la complicité des gouvernements occidentaux dans des politiques qui les mettent à l'isolement dans le désert.

Réactions internationales Les manifestations suscitent de la condamnation et de l'inquiétude auprès des organisations de défense des droits humains régionales et internationales. Des réseaux militants tels qu'Alarme Phone Sahara et Réfugiés en Libye diffusent des témoignages, des photographies et des pétitions documentant les exactions et réclament une enquête indépendante. Les critiques affirment que les opérations du HCR à Agadez servent à la dissuasion des migrations plutôt qu'à la protection des réfugiés, conformément à la politique d'externalisation des frontières de l'UE.

Notes et références

Note

Références

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