vignette|Famille blanche d'ascendance européenne. Le terme Blanc est employé, dans le langage courant, pour désigner des êtres humains caractérisés notamment par une couleur de peau claire. Le terme est généralement employé pour désigner les individus présentant des caractéristiques physiques qui sont historiquement associées aux populations natives européennes Alastair Bonnett, White Identities, Pearson Éducation, 2000, .Gregory Jay, « Who Invented White People? A Talk on the Occasion of Martin Luther King, Jr. Day, 1998 », , consulté le .. La définition d'un « individu blanc » diffère sensiblement d'après les contextes historiques, légaux, culturels, et géographiques. Dans certains contextes, les termes « caucasien » ou anciennement « caucasoïde » sont utilisés comme synonymes.

D'un point de vue biologique, la peau blanche est une adaptation génétique issue de la sélection naturelle favorisant la synthèse de la vitamine D en milieu faiblement ensoleillé ou modérément ensoleillé en permettant une pénétration plus profonde des rayons de soleil dans l'épiderme du fait d'un taux de mélanine plus basCharles Susanne, Esther Rebato, Brunetto Chiarelli, Anthropologie biologique : évolution et biologie humaine, chapitre 38 : « Pigmentation de la peau humaine », De Boeck Supérieur, 2003, .Laura M. Hall, Michael G. Kimlin, Pavel A. Aronov, Bruce D. Hammock, James R. Slusser, Leslie R. Woodhouse, and Charles B. Stephensen, « Vitamin D Intake Needed to Maintain Target Serum 25-Hydroxyvitamin D Concentrations in Participants with Low Sun Exposure and Dark Skin Pigmentation Is Substantially Higher Than Current Recommendations », Journal of Nutrution, 6.1.2010.. Les latitudes tempérées sont moins soumises aux risques liés au rayonnement ultraviolet, à l'inverse des milieux fortement ensoleillés dans lesquels les individus ont la peau plus foncée.

Selon l'archéogénétique, les gènes liés à la peau blanche seraient apparus il y a environ à ans, et se seraient généralisés en Europe il y a environ .

Définition

Cette expression générique désigne l'ensemble des groupes ethniques composés d'individus dont la peau est de couleur plus ou moins claire, pouvant aller du rose pâle au cuivré, et présentant divers autres traits physiques comme la forme du nez (grec, romain...), la forme des yeux (non-bridé...) « europoïdes ». Ces populations sont principalement originaires d'Europe, d'Afrique du Nord, d'Asie centrale et du Moyen-Orient. L'expression « populations de type européen » (ou « type caucasien », ou « caucasoïde ») est parfois employée, bien que la définition inclue des personnes extra-européennes. Le terme leucoderme, du grec « blanc » et « peau », a pu être employé, dans le cadre de discours à vocation scientifique, mais aussi d'argumentations racistesPierre Marcelle, « Leucoderme, mélanoderme », Libération, juin 2006..

On parle parfois de « race blanche » à propos de cette population. Mais au , la pertinence de la classification de l'Homo sapiens en races différentes est réfutée par les anthropologues, les biologistes et les généticiensLee, Sandra Soo-Jin, Joanna Mountain and Barbara Koenig, "The Meanings of Race in the New Genomics: Implications for Health Disparities Research." Yale Journal of Health Policy, Law and Ethics, 1, 2001, ; August 22, 2000; Parra, F. C., Amando, R. C., Lambertucci, J. R., Roca, J., Antunes, C. M., and Pena, S. D. J. , “Color and Genomic Ancestry in Brazilians” in Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, 100, 2003, ; Nathalie Angier, "Do Races Differ? Not Really, DNA Shows", New Yorks Times, 22 août 2000; Lieberman Leonard, "Gender and the Deconstruction of the Race Concept" in American Anthropologist, New Series, Vol. 99, No. 3, 1997, .. D’après le Craig Venter, directeur d’une société de recherche en génomique et associé à des chercheurs du NIH dans le séquençage du génome humain, le concept de races est un concept social. Selon lui, les caractéristiques utilisées pour distinguer les races (comme la couleur de la peau ou l’épaisseur du nez) sont déterminées par un nombre réduit de gènes, ce qui a permis à l’homme de les adapter rapidement à son environnement au fur et à mesure de son expansion en dépit d’une population, et donc d’une variabilité génétique, demeurée longtemps faible.. Ainsi, durant la dernière période glaciaire, la colonisation de l’Europe par l’Homme moderne, qui date de s’est alors traduite par des évolutions du phénotype (éclaircissement de la peau, des yeux et de la chevelure, etc.) tandis que le génotype ne variait que peu, l’ordre de grandeur de la différence entre deux génomes d’humains (pris de n’importe quelle origine) étant de 0,1 %.

Selon l’historien des sciences André Pichot, le concept de races humaines est une catégorie taxinomique, définie par un ensemble de phénotypes transmis de façon héréditaire par les gènes.

Origines du terme

Origines de la notion de "race blanche" thumb|upright=1.15|Illustration d'Henry Strickland Constable au qui montre une prétendue similitude entre les traits « Ibères irlandais » et « nègres » par opposition aux traits plus élevés « anglo-teutoniques ». On attribue au philosophe, médecin et voyageur français François Bernier la première classification de l'humanité en races, au travers d'un article intitulé « Nouvelle Division de la Terre par les différentes Espèces ou races d’homme qui l’habitent, envoyé par un fameux Voyageur à M. l’abbé de la *** à peu près en termes » paru en 1684 dans le Journal des savants où Bernier divisait l'humanité en quatre, voire cinq races par ensemble géographique

Le premier, la race blanche, est réparti sur une zone qui va de l’Europe jusqu’au Nil, en passant par l’Asie, la Perse et les Maldives ; Le second comprend l'ensemble du continent africain, à l'exception de sa partie septentrionale ; Le troisième comprend Sumatra, des Philippines, de la Chine, du Gange, de la Russie et du Turkestan ; Le quatrième ensemble concerne exclusivement les Lapons dont Bernier, qui ne les connait que selon les récits d'autres voyageurs, se demande s'ils sont réellement humains ; Et enfin un cinquième ensemble, celui des Amérindiens que Bernier estime plutôt comme un sous ensemble du premier groupe.

Bernier établit juste après cette classification une hiérarchie de la beauté des femmes en se basant sur leur prix de vente dans les marchés aux esclaves orientaux. Bernier, qui confesse un attrait, voire une préférence personnelle, pour la beauté de certaines femmes noires, conclut néanmoins en une supériorité de femmes de type caucasien (celles de son premier ensemble racial) du fait que ce sont celles « que tous les Grands Seigneurs ont auprès d’eux » ou que « de l’aveu de tous les Levantins et de tous les Voyageurs » sont « les plus belles femmes du monde ». Il parle au passage des femmes du Cachemire en disant d'elles qu'« elles sont blanches comme en Europe ». Bernier pressent par ailleurs, à contre-courant des croyances d'alors, que les différences morphologiques humaines ne sont pas toutes dues à l'environnement mais également à des causes intrinsèques aux individus (autrement dit à des caractères héréditaires), ce qu'il généralisera à ses groupes raciaux en parlant de « la semence qui sera particulière à certaines races ou espèces ».

C'est quelques années plus tard, au début du et avec l'avènement du commerce triangulaire (situé vers 1674) que se généralisent les premières constatations connues des effets de l'hérédité. Ainsi, un voyageur à bord d'un navire négrier constate en 1719 que les enfants des Africaines sont noirs même en déportationAuteur inconnu, Voyages aux côtes de Guinée et en Amérique, Amsterdam, 1719, p. 149-150 (cité dans Dorlin 2006).. Ignorant bien sûr de toute notion génétique, les hommes d'alors parlent de « tempérament » pour désigner les caractères héréditaires, abolissant les frontières entre la personnalité et les caractéristiques physiques de l'individu :

« À quoi attribuer ce changement, ou au climat et à l’air du pays, ou au sang et au tempérament de ces hommes. Je vous en laisse le juge, très cher lecteur, et sans vouloir en aucune façon faire passer mon sentiment pour décisif, je dis que ce changement doit plutôt être attribué au tempérament des nègres qu’au climat, et à l’air ; parce qu’en quelqu’autre pays que les nègres engendrent avec des négresses, leurs enfants deviennent également noirs dans la suite, quoi qu’ils naissent blancs ; et les blancs qui engendrent avec des blanches dans les pays des nègres produisent des enfants qui naissent non seulement blancs, mais qui conservent leur même blancheur pendant toute leur vie . »

Cet auteur anonyme utilise le terme « blanc » pour différencier des personnes similaires à lui d'autres personnes à la peau noire, et Bernier avant lui en faisait de même de façon plus explicite encore étant donné sa proposition de classification. Ainsi, ce serait la prise de conscience de la différence d'autres peuples qui a fait naître l'idée d'une race blanche.

Au

Édouard Driault classe les Perses, les Berbères ou les Arabes parmi les populations « blanchesÉdouard Driault, La Question d'Extrême-Orient, depuis ses origines jusqu'à la paix de Sèvres (1920), Paris, Félix Alcan, 1908, . ». De même, en 1944, Henri Vallois écrit que les races blanches « n'habitent pas uniquement l'Europe ; elles couvrent tout l'Afrique du Nord et l'Asie sud-occidentale […] le territoire des races blanches est orienté autour du bassin méditerranéen prolongé par la Caspienne. ».

Selon Marc Sauter, « pour l'anthropologiste, les frontières que tracent le géographe et l'historien ne signifient pas grand-chose… En fait, sur le plan anthropologique, l'Europe déborde largement les mers méridionales, la chaîne du Caucase et les steppes russes pour englober toute une humanité. Racialement, l'Europe est partout où la peau de l'homme est blancheMarc Sauter, Les Races de l'Europe (1952), Payot, 1952, . ».

Pour Gilles Boëtsch « nous aurions tort de croire que la pensée classique des anthropologues, si bien illustrée par [Marc] Sauter, fut seulement une pensée raciologique. Elle n'illustre pas l'idée de suprématie des Européens car elle étend le substratum biologique des populations européennes au-delà des frontières politiques de l'Europe ; elle établit d'abord la présence d'une commune humanité. Finalement, elle ne décrit pas une conjonction entre identité politique, identité culturelle et identité biologiqueGilles Boëtsch et Jean-Noêl Ferrié, « Identité politique, identité raciale : L'impossible construction des frontières de l'Europe », Hermès, , 1999, . ».

Critères utilisés Les critères qui permettent d'estimer si une personne est plus ou moins « blanche » varient suivant qu'il s'agisse d'un contexte parlé informel, ou d'un contexte légal propre à un pays et une époque. En particulier, depuis le milieu du , nombre de pays n'ont plus de critère discriminant légaux et officiels.

France En France, de 1685 à 1848, le code noir, et notamment dans sa version de 1724 applicable en Louisiane, reconnaissait un statut particulier aux « Sujets blancs » par opposition aux « Noirs » et « Noirs affranchis », mais sans en définir précisément les contours, notamment dans ses articles VI, XXIV et LII de l'édition de 1727Également .

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l'Office for National Statistics utilise le terme white comme catégorie ethnique. Cette identification est basée sur l'auto-catégorisation, puisqu'il y est considéré que l'identité ethnique n'est pas une catégorie objective..

États-Unis

Le Bureau du recensement des États-Unis et le Bureau de la gestion et du budget définissent « blanc » (dans le cadre du sens du terme anglais « race ») comme « une personne ayant des origines parmi l'un des peuples autochtones d'Europe, du Moyen-Orient ou d'Afrique du Nord».

Dénominations locales