vignette|Le Colosse de Rhodes : caricature de Cecil John Rhodes, après qu’il eut annoncé son projet de ligne télégraphique et de chemin de fer reliant Le Cap au Caire. Symbole du colonialisme en Afrique. L'historiographie du fait colonial est un l'étude de l'évolution du traitement historiographique du fait colonial des empires coloniaux dans le milieu universitaire et littéraire historique.
D'abord une étude centrée sur la perspective métropolitaine et coloniale, l'histoire du fait colonial apparait vraiment durant les années 1960, portée par des historiens comme Annie Rey-Goldzeiguer et Hubert Deschamps. Dans les années 1980 naissent de nouveaux mouvements jetant les bases de études coloniales, qui cherchent à réintégrer les colonies dans des approches horizontales, actent la naissance de l'histoire impériale, puis quelques années après, de la nouvelle histoire impériale.
La diversification et l'internationalisation de la recherche sur les empires coloniaux va donner naissances à de nouveaux courants mêlant approches pluridisciplinaire (sociologie, littérature, économie), variété de méthodes (subaltern studies, études postcoloniales) et engagements politiques (études décoloniales).
Premières approches
Une histoire par les acteurs L'histoire de la colonisation, avant d'être une histoire coloniale, a été le produit d'hommes politiques coloniaux (Sarraut en Indochine, Joseph Chailley-Bert à Java) acteurs de l'entreprise coloniale. Les analyses sont alors souvent partisanes, et peuvent se heurter aux critiques politiques, lesquelles cherchent à analyser la colonisation depuis leurs propres engagements (Le Système colonial dévoilé de Pompée Valentin Vastey). Ces analyses sont alors souvent apologétiques ou très critiques, l'approche méthodologiques étant alors faible.
Travaux pionniers français De part son histoire coloniale complexe et importante, l'étude du fait colonial a été source de travaux à partir des années 1960. Ces travaux se sont alors structurés en trois courants distincts : la méthode des administrateurs, l'exploitation des territoires et l'histoire des populations concernées.
L'étude de l'administration Le premier courant s'attarde sur une histoire centrée sur les acteurs coloniaux et leurs institutions, traitant de leurs approches théoriques (Deschamps), de leurs méthodes de contrôle (Annie Rey-Goldzeiguer), de leur stratification légale des sujets coloniaux civils (Ageron) comme militaires (Brunschiwg). Ces premiers travaux dégagent une analyse du "légalisme" colonial en s'attachant surtout à l'étude des appareils d'Etat qui génèrent de l'autorité dans les espcaces conquis. Il s'agit de la compréhension de la codification de la colonisation.
L'étude économique Depuis ses débuts, la colonisation a été source d'un double discours portant sur sa justification. D'une part, le récit se réclamant de la mission civilisatrice, d'une forme de destinée manifeste, et d'autre part, la justification économique, d'exploitation des ressources. L'analyse de ce second point s'est penchée sur la question de la rentabilité de la colonisation, revenant sur les considérations de "pillage" que Samir Amin dénonçait. Sur la question de la mise en valeur de la colonisation, les travaux divergent entre deux lignes, celle de l'étude de l'exploitation brute des espaces (travaux de Coquery-vidrovitch) et celle de l'étude du phénomène global qu'est l'impérialisme (Gallagher et Robinson). Sur ce dernier point, l'historiographie reprend en partie les thèses de l'impérialisme économique tel que Lénine avait pu en jeter les bases.
Acteurs colonisés La dernière approche porte quant-à elle sur les groupes colonisés, dans une lecture qui se concentre sur une histoire sociale, souvent rurale, qui se concentre sur l'étude des classes sociales dans les espaces colonisés. Ses grandes figures françaises sont André Nouschi et Lucette Valensi.
Notes et références
Catégorie:Historiographie militaire Catégorie:Colonialisme