Thérapie de groupe est une série de bande dessinée en trois volumes de Manu Larcenet pour le scénario, le dessin et les couleurs, publiée de 2020 à 2022 aux éditions Dargaud.

Synopsis

L'Étoile qui danse (2020) Jean-Eudes de Cageot-Goujon, plus connu sous son pseudonyme de Manu Larcenet, est une star de la bande dessinée internationale, le plus grand auteur vivant. Il a même recu le premier prix Nobel de littérature décerné à un auteur de BD. Mais ça, c’était avant. Avant la panne d’inspiration, avant la dépression. Depuis, il erre dans ses rêves, ses cauchemars, sa quête d’une idée, voire même de l’idée du siècle. Il va tenter différentes pistes comme le manga, les chroniques comiques, la peinture rupestre, la science-fiction. Mais rien n’y fait. Il va imaginer des dialogues avec des muses divines, et va recevoir chez lui Paul Cézanne venu le conseiller. Il perd pied avec la réalité, sa femme, sa fille et son fils sont démunis et finalement, l’accompagnent en hôpital psychiatrique.

Ce qui se conçoit bien (2021) Jean-Eudes est interné en hôpital psychiatrique et ne s’y sent pas trop mal.Il apprécie la présence des psychiatres et la distribution de médicaments. Après une discussion avec son psychiatre, il commence un atelier de thérapie par l’art. Mais l’atelier ne se passe pas forcément au mieux et Jean-Eudes se reprojette régulièrement dans son héros fictif Albatrosman, a des dialogues artistiques avec Baudelaire, crée un western peuplé des génies de la peinture. Mais devant les dessins de son voisin de l’atelier, Francis, Jean-Eudes s’avoue vaincu devant tant de génie. C’est une vraie révélation et il conclut qu’il ne lui reste plus qu’à abandonner la BD pour se consacrer pleinement à la méditation. Il retrouve sa femme et ses enfants et rentre chez lui.

La tristesse durera toujours (2022) Sorti de l’hôpital, Jean-Eudes a retrouvé sa famille. Interviewé à Paris, il n’annonce finalement pas son grand retour mais sa nouvelle activité de contemplation du monde. Pour en savoir plus, il décide d’aller au Tibet où des moines l’initient à la méditation. Mais il conclut que c’est un échec et rentre chez lui. Il redécouvre sa famille et réalise à quel point ses enfants ont grandi. Il se tourne alors vers eux en y voyant son nouveau grand défi. Mais il comprend qu’il ne les comprend plus trop. De nouveau interviewé, il se retrouve face à la jeune génération qui a du succès avec ses romans graphiques et dans un accès d’enthousiasme annonce qu’il en prépare un lui aussi. De retour chez lui, il réalise que le sujet idéal est sous ses yeux: Polette, vétérinaire, sauvant continuellement des vies, s’occupant du foyer. Mais cette tentative est vaine, n’arrivant pas à ordonner ses idées. Il tente alors de dessiner sans idée préconçue, mais Jean-Jacques Prunier n’est pas enthousiaste. Errant, il rencontre Van Gogh. Finalement, il se lance dans une nouvelle oeuvre: dessiner ce qu’il ressent.

Albums

Personnages Jean-Eudes de Cageot-Goujon : Nom de naissance de Manu Larcenet, auteur de BD. Pepito-Wolfgang : le fils de Jean-Eudes Lilith-Gloarasatan : la fille de Jean-Eudes Polette née Proleau : épouse de Jean-Eudes Jean-Jacques Prunier : Héros fictif, animateur de débats télévisés

Analyse

T. Cauvin résume le sujet de la série dans sa critique de la série : . Il écrit aussi au sujet de l'auteur : . L’approche est assez radicale et comme le note B. Roure

L'auteur est connu pour faire des séries assez autocentrées, où il se met en scène. Mais il le fait de manière totale, sans enjoliver sa vie ou sa personnalité et sans éluder ses problèmes. Comme le note J.-M. Baclet pour le tome 1 : .

L'histoire débute par le quotidien de l'auteur, se représentant lui-même en panne d'inspiration. Ce n'est pas le premier livre reprenant ce mode de représentation, car comme le note T.Cauvin : . Le livre mèle psychanalyse et humour pour décrire son mal être mais aussi une réflexion très élaborée sur l'art, les artistes connus, l'ensemble du processus de création.

Selon A. Perroud pour BD Gest', le tome 2 s'enrichit de rencontres et de réflexions sur l'art, amenant à de nombreuses questions existentielles. Il note aussi que l'auteur met en avant une problématique peu évoquée, souvent évitée, qui est la maladie mentale, ce qui suffit à rendre l'ouvrage salutaire et bienvenu. Il note que :

Pour conclure cette trilogie, l'auteur décide d'arrêter la bande dessinée pour s'adonner à la contemplation. Mais cet éveil mystique ne viendra pas, il se cherche alors dans la musique ou d'autres formes de BD. Comme l'écrit T. Cauvin : . Il conclut sa critique avec : .

Récompense

En 2023 et dans le cadre du Festival du Livre, le tome 3 a remporté le premier prix Gotlib .

Références

Liens externes

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