Gemma Tremblay, née à la fin du mois d'Une incertitude demeure quant au jour exact de sa naissance : tandis que Louise L. Trahan affirme que Gemma Tremblay est née le (1972, p. 28), Léona Tanguay la fait naitre deux jours plus tard (1988, p. 24). à Saint-Moïse et morte le dans le Carré Saint-Louis à Montréal, est une poétesse québécoise.
Biographie
Jeunesse, études et musique alt=Photo de l'église de Sainte-Angèle-de-Mérici|vignette|L'église de Sainte-Angèle-de-Mérici, en 2009. Née en à Saint-Moïse, Gemma Tremblay grandit à Sainte-Angèle-de-Mérici« TREMBLAY, Gemma », notice biographique dans . Orpheline dès l'âge de quatre ans, elle est élevée par sa tante, ménagère du presbytère de la paroisse, et effectue toute sa scolarité au sein d'établissements religieux : d'abord chez les sœurs du Saint-Rosaire, puis chez les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ; enfin, chez les Ursulines où elle prépare un doctorat en musique.
Organiste, elle est lauréate de l'Académie de Musique de Québec et exerce en tant que professeure de piano pendant 7 ans dans son village de Sainte-Angèle.
Carrière littéraire Gemma Tremblay travaille par la suite en tant que secrétaire aux éditions Bellarmin, à la revue Relations ainsi qu'à l'Université de Montréal.
À partir de 1960 et jusqu'en 1972, elle fait régulièrement paraitre ses poèmes, que ce soit en recueils — en alternance, à Montréal et Paris — ou dans des revues. Elle collabore ainsi à Liberté, La Barre du jour, L'Action nationale, Maintenant, Rythmes et Couleurs et Poésie. Elle est par ailleurs membre de la Société des poètes de Québec.
Son premier recueil, Rhapsodie auburn, est assez mal accueilli par la critique, qui lui reproche notamment son « vocabulaire rare », une « surabondance » d'images, des « métaphores forcées » et donc « lourdes » — dans le même temps une certaine « simplicité » au niveau de la syntaxe.
L'Aube d'ocre, son deuxième recueil, parait en 1961. Selon Gemma Tremblay, il s'agit de son recueil le plus « poétique » — « le plus hermétique » selon Louise Trahan.
Son troisième recueil, Séquences du poème, est le premier à être édité par Jean Grassin, à Paris, en 1964. Contrairement au précédent dans lequel « les mots existent souvent pour eux-mêmes », « les mots prennent maintenant un sens précis », qui témoignent d'une volonté d'« agir sur les êtres » de la part de la poète. Toutefois, c'est avec Poèmes d'identité, toujours édité par Jean Grassin, que Gemma Tremblay conquiert la critique, laquelle considère que son cinquième recueil est « le plus puissant, le plus humain ».
Si la critique reconnait une qualité à la poésie de Gemma Tremblay, certains lui reprochent encore la surabondance d'images lorsque parait Les Seins gorgés, son huitième recueil, en 1969.
Gemma Tremblay meurt en dans son appartement du Carré Saint-Louis, à Montréal, alors qu'elle se préparait à publier un dixième recueil intitulé Magnitudes sur les ombres.
Prix littéraires Gemma Tremblay est la récipiendaire, en , du prix Du Maurier pour son recueil Cuivres et Violons marins, paru l'année suivante. Sept ans plus tard en 1972, elle reçoit également le prix des poètes français pour son dernier recueil, Souffles du Midi.
Analyse de l’œuvre Pour Louise Trahan, qui consacre son mémoire de Master of Arts à l'« univers poétique de Gemma Tremblay », celui-ci « ne peut démentir son appartenance au Québec ». Léona Tanguay va plus et loin et précise que les éléments autobiographiques qui parsèment ses poèmes témoignent d'un « enracinement » dans la région de La Mitis.
Les références à la musique et au culte y sont également nombreuses, qui rendent compte de ce que la poète se perçoit tout à la fois comme l'instrument de son pays, lequel s'exprime à travers elle, que comme sa prêtresse.
Les saisons L'univers que compose Gemma Tremblay à travers ses poèmes est rythmé par les saisons, l'hiver et le printemps en particulier. Si l'hiver est caractérisé de façon plutôt négative — selon l'analyse de Louise Trahan, l'hiver « anesthésie », il rend « pénible » la vie quotidienne et son action apparait comme « destructive » —, il porte néanmoins en lui la promesse du printemps.
Les éléments y occupent une place de choix, le feu notamment, qui rend compte de ce que « Gemma Tremblay se situe dans un entre-deux de générations poétiques ». Ainsi, quasi absent de la poésie québécoise antérieure aux années 1950, le feu chez la poète n'a pas qu'une valeur destructive (et celle-ci n'est pas forcément négative), mais « ramène [aussi] la vie » et est synonyme de libération.
L'été et l'automne sont beaucoup moins présents, qui « valent par leurs couleurs et par leur éclat plus que par toute autre chose ». La couleur ocre, que Louise Trahan lie « presque automatiquement » à l'automne, traverse néanmoins toute l’œuvre de Gemma Tremblay. Si, pour Cécile Cloutier, l'ocre semble avant tout être « une certaine façon pour les choses de persister, d'être vues et ressenties », Louise Trahan relève surtout que cette couleur « bâtarde, non "pure" » est quelque chose dont la poète cherche à se débarrasser, qui pourrait symboliser « le manque d'authenticité, la médiocrité de l'homme qui globalement ne se voue pas à une cause ». Quant à l'été, il semble une saison peu propice à la création du fait de sa chaleur.
Œuvres
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
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