(s'écrit aussi Ewagnignon), né le à Savalou, au Dahomey (actuel Bénin), et mort le à Paris, en France, est un médecin, diplomate et homme politique béninois. Il est ministre de la Santé publique de 1957 à 1959, ambassadeur du Dahomey en Haïti de 1962 à 1964, puis en république fédérale d'Allemagne de 1964 à 1973.
Biographie Enfance et études Fils d'Eouagnignon et de Dekouhoué GnonnouvoMairie du 5e arrondissement de Paris : Acte de décès de Nicolas Ewagnignon, , registre , ., Nicolas Amoussou Eouagnignon naît le à Savalou, au Dahomey (actuel Bénin).. Il est élève à l'École primaire supérieure Victor-Ballot et fait partie de la promotion 1930, qui compte notamment Hubert Maga, futur président du Dahomey. Il se rend par la suite au Sénégal pour effectuer ses études supérieures et intègre l'École normale William-Ponty, établissement réputé en Afrique-Occidentale française (AOF), formant les futurs instituteurs, médecins et cadres dont certains deviendront des hommes politiques et des acteurs majeurs de l'indépendance de leur pays d'origine. Il y découvre le théâtre de Ponty, imaginé par Charles Béart, le directeur de l'école.. En 1935, il joue dans une pièce intitulée L'Élection d'un roi au Dahomey, écrite et interprétée par des élèves dahoméens, dont Alexandre Adandé.. Après l'obtention de son diplôme, il entre à l'École de médecine de l'Afrique-Occidentale française, dont il sort en 1942. avec le titre de « médecin auxiliaire indigène ».
Après avoir exercé sa profession pendant cinq ans, il reprend ses études en France et entre en 1948 à la faculté de médecine de Paris. Le , il soutient publiquement sa thèse intitulée Maladie d'Osler et denture. et obtient son diplôme d'État de docteur en médecine, avec une spécialisation en stomatologie.. Il possède également un diplôme de médecine de l'Université catholique de Montréal.
vignette|upright=.75|Couverture de la thèse de doctorat en médecine de Nicolas Eouagnignon en soutenue à la faculté de médecine de Paris en 1952.
Carrière professionnelle Devenu « médecin auxiliaire indigène », Nicolas Eouagnignon entame la première partie de sa carrière professionnelle ; il rejoint, en 1942, l'administration coloniale et entre au service de santé de l'AOF. Il est affecté au Niger. En 1945, il est reclassé au grade de médecin africain de classe.. Il est en poste à Bilma lorsqu'il est muté en 1947 au centre médical de Dogondoutchi (cercle de Dosso).. Il est cependant révoqué par l'administration coloniale en . ; il alterne alors entre la France, où il poursuit ses études, et le Dahomey, où il pratique la médecine. En , il obtient, de la part de l'Assemblée territoriale dahoméenne, une subvention de pour l'achat d'instruments chirurgicaux et de prothèses dentaires.. Après l'obtention du titre de docteur en médecine en 1952, il continue d'exercer son métier dans son pays., puis s'installe en 1954 à Gagnoa, en Côte d'Ivoire, où il ouvre un cabinet en libéral. et prend part à la vie sociale et culturelle de la ville.. Il retourne au Dahomey en 1957.
Carrière politique et diplomatique La loi-cadre Defferre de 1956 marque une étape importante pour les colonies françaises d'Afrique en leur offrant une plus grande autonomie avec la création de Conseils de Gouvernement, composés de ministres locaux. Cette loi instaure également le suffrage universel, qui permet à toute la population de ces territoires de participer aux élections locales.
C'est dans ce contexte que Nicolas Eouagnignon se présente aux élections territoriales de 1957, dans la circonscription de Savalou, sous l'étiquette du Parti républicain dahoméen (PRD), dirigé par Sourou Migan Apithy. Il est élu conseiller général le . En remportant 35 des à pourvoir, le PRD obtient la majorité absolue à l'Assemblée territoriale. Sourou Migan Apithy et Nicolas Eouagnignon sont respectivement désignés comme président et secrétaire du bureau de l'Assemblée..
L'Assemblée territoriale a pour tâche d'élire le vice-président du Conseil de Gouvernement et porte son choix, le suivant, sur Sourou Migan Apithy. Ce dernier compose alors son gouvernement et Nicolas Eouagnignon devient, le , le tout premier ministre de la Santé publique de l'histoire de son pays.
En votant favorablement au référendum constitutionnel français du , le Dahomey devient, le suivant, une république autonome au sein de la Communauté française. À ce titre, les députés élus lors des élections législatives du ont la responsabilité de choisir le premier chef d'État de la nouvelle nation. Sourou Migan Apithy échoue à obtenir le soutien nécessaire pour se faire élire, en raison des rivalités régionales et du manque d'alliances solides. Le , Hubert Maga est investi Premier ministre. Il forme son gouvernement et, le , Nicolas Eouagnignon perd son portefeuille au profit de René Deroux.
Après les élections, non réélu et se retrouvant sans mandat parlementaire ni fonction ministérielle, Nicolas Eouagnignon est nommé, par le Premier ministre, inspecteur général de l'hygiène scolaire du Dahomey. C'est en cette qualité qu'il fait partie de la délégation dahoméenne à la Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) en 1961..
Le , Hubert Maga nomme Nicolas Eouagnignon, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la république du Dahomey auprès de la république d'Haïti.. Remplaçant Marcel Dadjo, il devient, le , ambassadeur du Dahomey en république fédérale d'Allemagne. et remet ses lettres de créance à Heinrich Lübke, président ce pays, le suivant, à Bonn. Six mois plus tard, le , il présente ses lettres de créance au roi Frédéric IX, l'accréditant comme premier ambassadeur du Dahomey au Danemark.. Il est également à cette période le représentant du Dahomey en Autriche, en Suisse, en Suède et en Norvège. Malgré les coups d'État et les bouleversements politiques que subit le pays durant ses années en Allemagne, Nicolas Eouagnignon reste en poste jusqu'au , lorsqu'il est rappelé par Mathieu Kérékou, nouveau chef de l'État depuis sa prise de pouvoir militaire du .. Virgile-Octave Tévoédjrè lui succède..
Après carrière et décès Nicolas Eouagnignon crée en , à Paris, le Centre international d'achat et de représentation industrielle et commerciale (CIARIC), une société à responsabilité limitée au capital social de . Cette entreprise exerce des activités d'import-export et de représentation.. Elle est radiée du registre du commerce et des sociétés en ..
Le , le président Kérékou le désigne membre du Conseil de l'ordre national du Bénin..
À l'issue de la Conférence nationale des forces vives de la nation, il est amnistié le par Mathieu Kérékou..
S'étant installé à Paris pour sa retraite, Nicolas Eouagnignon y meurt le , à la clinique Geoffroy Saint-Hilaire, dans le arrondissement, à l'âge de 78 ans.
Vie privée Nicolas Eouagnignon se marie en 1934 avec Honorine Faboumy, sage-femme.. Il est père de six enfants.
Distinctions . 50px|Commandeur de l'ordre du Mérite social Commandeur de l'ordre du Mérite social (1972).. (1988).. (1963)..
Publications . . .
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . . . . .
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