L'université internationale de Koutaïssi (en , KIU ; en ), est une université de recherche géorgienne située à Koutaïssi. Le projet est lancé en 2016 sous l'impulsion du milliardaire et chef d'État de facto Bidzina Ivanichvili et l'établissement ouvre en 2020.
Prévue pour accueillir et devenir l'un des plus grands pôles de formation et de recherche du Caucase, l'université propose à son ouverture des programmes de formation menant à l'obtention d'un Bachelor of Science en management, mathématiques et informatique. Elle se développe en partenariat avec l'université technique de Munich.
En 2026, elle fait l'objet d'une controverse après l'ouverture d'un centre de recherche et d'un programme de formation dirigé par Aleko Tsintsadze, pseudoscientifique sulfureux s'appuyant sur des concepts ésotériques et des travaux de l'institut nazi Ahnenerbe.
Historique Le milliardaire Bidzina Ivanichvili affiche dès 2012 son intention d'implanter une université à Koutaïssi, en Iméréthie, lors d'un discours de campagne avant les élections législatives qu'il finit par remporter. Mikheil Saakachvili défendait plutôt un projet d'université à Batoumi.
Les plans sont officiellement dévoilés en 2016 et le campus doit accueillir les premiers étudiants en 2019, mais la date de début du chantier est repoussée à plusieurs reprises. L'université est fondée sous le patronage de Bidzina Ivanichvili et de sa société Cartu Group. Dès 2017, des liens forts la relient à l'université technique de Munich (TUM), avec des spécialistes venus d'Allemagne pour aider à son lancement. Une source affirme que l'établissement allemand a reçu en échange du lancement du partenariat, avec des paiements annuels de 5 à 7 millions d'euros par la suite.
En 2019, un texte de loi exempte la KIU des mécanismes traditionnels de gouvernance académique et prévoyant un cadre de gestion spécifiquement créé pour l'occasion. Il fait de l'université la seule en Géorgie dont les programmes ne font l'objet d'aucune supervision institutionnelle ni accréditation. Selon l'ancienne responsable du programme Erasmus Lika Glonti, Bidzina Ivanichvili considère l'établissement comme sa propriété personnelle.
Après plusieurs années de travaux, l'université internationale de Koutaïssi (KIU) ouvre finalement ses portes le , très peu de temps avant les élections législatives. La cérémonie d'inauguration est marquée par l'intervention de personnalités importantes comme la présidente Salomé Zourabichvili ou le Premier ministre Guiorgui Gakharia.
Des partenariats avec l'université de Naples - Frédéric-II et l'université Otto-Friedrich de Bamberg sont également signés par la suite.
En 2026, le partenariat avec la TUM est toujours actif, avec plusieurs personnalités allemandes occupant des postes de direction à Koutaïssi, malgré le retrait de nombreuses autres universités européennes de Géorgie suite aux changement profonds opérés dans l'éducation supérieur, qui sont largement considérés comme une . Malgré les efforts du gouvernement, l'université internationale de Koutaïssi n'est parvenu à attirer que la moitié du nombre d'étudiants qu'elle peut théoriquement accueillir, selon Lika Glonti.
Programmes d'enseignement L'université internationale de Koutaïssi propose des programmes d'enseignements principalement de premier cycle universitaire, mais également des masters. Les enseignements doivent être approuvés par un Conseil consultatif.
Pour l'année 2025-2026, ces enseignements incluent :
Bachelor of Science en informatique Bachelor of Science en mathématiques Bachelor of Science en management Programme de Bachelor of Science en mathématiques appliquées : fondations de l'intelligence artificielle, calcul scientifique et mathématiques financières Bachelor of Science en design (double diplôme avec l'université de Naples - Frédéric-II) Bachelor of Science en psychologie (programme en partenariat avec l'université Otto-Friedrich de Bamberg) Bachelor of Science en droit Programme de docteur en médecine (double diplôme avec l'université de Naples - Frédéric-II)
Les programmes de Master of Science incluent :
Finance et Gestion de l'information Propriété intellectuelle, Investissement et Entrepreneuriat Systèmes informatiques embarqués
Controverse En , la KIU ouvre un programme de cours en astrosciences et astroarchéologie, deux disciplines largement considérées comme pseudoscientifiques. Face aux critiques, l'université fait rapidement marche arrière, mais le centre censé dispenser ses cours, le Centre de recherche sur le patrimoine culturel ibérien, continue d'exister, et est soutenu financièrement par des fonds gouvernementaux. OC Media révèle en que son directeur et principal chercheur, Aleko Tsintsadze, fait appel dans ses recherches à des concepts ésotériques et revendique s'appuyer sur les travaux de l'Ahnenerbe, institut de recherche nazi créé par Heinrich Himmler.
Malgré la sensibilité entourant la thématique du nazisme en Allemagne, l'université technique de Munich affirme ne rien savoir du centre de recherche ou d'Aleko Tsintsadze et refuse de commenter les révélations. Wolfgang Herrmann, ancien président de la TUM et président d'honneur de la KIU, nie jusqu'à l'existence du programme et accuse le média de . Cependant, le chercheur et lanceur d'alerte sur l'éducation Hans Gutbrod révèle que la KIU a fait la promotion d'Aleko Tsintsadze dans sa communication officielle.
Références
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