Le laboratoire de chimie du Muséum est une composante historique du Muséum national d'histoire naturelle, depuis sa fondation en 1793. Depuis 2009, ce laboratoire est une unité mixte de recherche du Muséum associée au CNRS, UMR 7245, Molécules de Communication et Adaptation des Micro-organismes (MCAM).

Histoire

Sous l'Ancien régime vignette|Laboratoire de chimie de l'Académie, gravure de Sébastien Leclerc in Denis Dodart, Mémoire pour servir à l'histoire des plantes, 1676. Parmi les académiciens assis ou debout autour de la table, probablement Bourdelin, Duclos, N. Marchant, et peut-être Dodart, Du Hamel et Gallois. Le Jardin royal des plantes médicinales est fondé en 1626 pour enseigner la botanique, mais s'ouvre rapidement à l'anatomie et à la chimie. En 1647, l'alchimiste d'origine écossaise William Davisson donne le premier cours de chimie public et gratuit en France. Face au dogmatisme de la Sorbonne, il défend les idées de Paracelse (1493-1541), qui prône l'usage de métaux et composés chimique à visée curative. Il est finalement évincé de son poste en 1651 par la faculté de médecine. En 1672, le médecin Guy-Crescent Fagon devient professeur de chimie du Muséum. Sa maxime est .

En 1712, Étienne-François Geoffroy est nommé professeur de chimie du Muséum. Il crée le premier tableau des substances chimiques, classées par affinités. Guillaume-François Rouelle (1703-1770) marque l'histoire du laboratoire et forme notamment Bayen, Bucquet, Darcet, Macquer et surtout Antoine Lavoisier. vignette|Rouelle dans l'amphithéâtre de démonstration de chimie, in Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'histoire naturelle..., L. Curmer, Paris, 1854

Le , pendant la Révolution française, l'Assemblée nationale vote du décret établissant le Muséum national d'histoire naturelle, lui donnant une existence juridique propre. Douze postes de professeurs assurent, de façon égale et collégiale, l’administration du Muséum. La chaire de chimie générale (théorique) est attribuée au professeur Antoine-François Fourcroy, et celle d'art chimique (appliquée) à Antoine-Louis Brongniart.

Depuis la Révolution En 1850, Edmond Frémy remplace Louis Joseph Gay-Lussac à la chaire de chimie générale du Muséum. L'année suivante, elle est renommée chaire de chimie appliquée aux corps inorganiques. Avec l'appui de Michel-Eugène Chevreul et du ministre Victor Duruy, Frémy fonde au Muséum le premier laboratoire public français d'enseignement gratuit de chimie. Il enseigne à l'amphithéâtre Verniquet : Michel-Eugène Chevreul occupe l'un des hémicycles latéraux, et Frémy l'autre. Les premiers élèves s'installent dans la cour de la baleine, anciens bâtiments de la Régie des fiacres. vignette|Les Nouveaux laboratoires du Muséum. - Plan du rez-de-chaussée, in Gaston Tissandier, « Les Nouveaux laboratoires du Muséum d'histoire naturelle », La Nature, 7 juin 1873. Le nord est en bas.

En 1872, l'architecte André construit les bâtiments du 63 de la rue Buffon. Ils sont destinés à trois chaires : la chaire de chimie, celle de botanique et de physiologie végétale d'Adolphe Brongniart et celle de culture de Joseph Decaisne. Le laboratoire de l'École de chimie est inauguré le . Les travaux portent tant sur la chimie inorganique — métaux de la mine de platine, fluorures, synthèse du rubis — que sur la chimie organique — acide palmitique, nature des ferments, saponification des graisses.En 1892, au départ à la retraite de Frémy, l'école de Chimie ferme. Elle a formé , dont Henri Moissan, Jacques Curie, Henri Becquerel Léon-Albert Arnaud s'établit dans ses locaux et y développe ses recherches en chimie végétale. Il y isole l'ouabaïne et l'acide taririque. En 1898, Gabriel Bertrand réalise la préparation biochimique du sorbose. En 1926, Marcel Frèrejacque prépare du Solucamphre, un médicament cardiotonique à base de camphre sulfate de méthyle.

En 1958, le pharmacien Charles Mentzer prend la tête du laboratoire de chimie du Muséum. Il l'associe au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1966. Il effectue des recherches sur la , la synthèse d’anticoagulants d’origine fongique, et met au point un médicament contre les thromboses, la Pindione. Lui succède Darius Molho, puis Pierre Potier.

En 2009, plusieurs unités de recherche du Muséum se regroupent dans un pôle multidisciplianire : l’UMR 5154 Chimie et biochimie des substances naturelles, l’EA 3335 Biologie fonctionnelle des protozoaires et l’EA 4105 Écosystèmes et interactions toxiques. Elle constitue un pôle pluridisciplinaire de microbiologie environnementale au Muséum ayant pour objectifs d’explorer la biodiversité des micro-organismes et de comprendre leur place et leur rôle dans le maintien, l’équilibre et l’évolution des écosystèmes.

En 2021, l'équipe du laboratoire restaure sa salle des collections, la chimiothèque historique, ancienne salle de cours de l'école de Frémy. Une vingtaine de vitrines abritent . Cette revalorisation, financée par un mécénat de la Fondation de la Maison de la Chimie, est récompensée en 2023 par le prix Cristal collectif du CNRS. Une visite théâtralisée y est réalisée à l'occasion de la Fête de la science 2024, et un tournage de C'est toujours pas sorcier, diffusé le .

Titulaires des chaires de Chimie du Muséum

vignette|Statue de Michel-Eugène Chevreul par Léon Fagel au jardin des Plantes, 1889.

Arts chimiques 1779 à 1793 : Antoine-Louis Brongniart 1804 à 1830 : Nicolas-Louis Vauquelin 1830 à 1850 : Michel-Eugène Chevreul. Cette chaire est alors renommée en chimie appliquée aux corps organiques.

Chimie appliquée aux corps organiques

1850 à 1889 : Michel-Eugène Chevreul 1890 à 1915 : Léon-Albert Arnaud 1915 à 1919 : non attribuée 1919 à 1925 : Louis-Jacques Simon 1926 à 1927 : non attribuée 1928 à 1936 : Richard Fosse. Cette chaire fusionne alors avec la chaire de physique végétale et devient la chaire de chimie organique et physique végétale.

Chimie organique et physique végétale 1936 à 1940 : Richard Fosse 1941 : non attribué. Cette chaire est renommée chimie appliquée aux corps organisés.

Chimie appliquée aux corps organisés 1941 à 1957 : Charles Sannié 1958 à 1967 : Charles Mentzer 1968 : non attribuée 1969 à 1989 : Darius Molho Après 1989 et jusqu'au décret du : non attribuée.

Chimie générale 1793 à 1809 : Antoine-François Fourcroy 1809 à 1811 : non attribué 1811 à 1832 : André Laugier 1832 à 1850 : Louis Joseph Gay-Lussac. Cette chaire est renommée en chimie appliquée aux corps inorganiques.

Chimie appliquée aux corps inorganiques 1850 à 1892 : Edmond Frémy. Cette chaire est ensuite supprimée.

Notes et références

Sources primaires

Références

Liens externes

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