Le (ou NASM, en ) de la à Washington, aux États-Unis, possède la plus grande collection d'avions et de véhicules spatiaux du monde. C'est également un centre de recherches sur l'histoire, les sciences et techniques de l'aviation et du vol spatial, ainsi qu'en sciences planétaires.
Histoire Le musée a été créé le par le Congrès des États-Unis sous le nom de . La course à l'espace des années 1950 et 1960 a permis au musée d'adopter son nom actuel.
Dans sa configuration actuelle, le musée a été inauguré le , lors des célébrations du bicentenaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, par le président Gerald Ford, Michael Collins, directeur du musée et ancien membre de la prestigieuse mission Apollo 11 et Sidney Dillon Ripley, secrétaire de la Smithsonian InstitutionNewsdesk, Newsroom of the Smithsonian, 27 juin 2016.
En raison du développement considérable en aéronautique et en astronautique, une annexe a été ouverte le , supérieure en taille au site principal : le Centre Steven F. Udvar-Hazy, situé à Chantilly, près de l'aéroport Dulles.
Collections Sur l'ensemble de ses deux sites, le musée rassemble plus de objetsLe musée donne ce chiffre, précisant que de ces objets sont consignés sur son site Web. parmi lesquels plusieurs centaines d'engins (avions, hélicoptères, fusées, missiles, drones et vaisseaux spatiaux) essentiellement américains. Certains sont exposés à même le sol, d'autres sont suspendus à des câbles d'acier, ce qui rend la présentation particulièrement attrayante. Des milliers d'autres objets sont visibles : des maquettes, des tenues vestimentaires de pionniers de l'aviation ou d'astronautes ainsi que des ustensiles qu'ils ont manipulés mais aussi des environnements reconstitués tels que la section d'un porte-avions avec différents appareils à l'intérieur.
Site principal
Le site principal se trouve au cœur de la capitale Washington D.C., sur le National Mall, entre le National Museum of the American Indian et le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden. Comptant parmi les destinations touristiques les plus visitées de la ville, sa visite est gratuite, comme pour tous les musées situés sur le Mall.
Toutes les époques et tous les types de matériel sont représentés. Les plus importants sont ici recensés.
Les premiers avions vignette|Le Flyer des frères Wright. Si l'on doit à l'Allemand Otto Lilienthal d'avoir effectué deux mille vols planés de 1891 à 1896 (l'un de ses planeurs est exposé au musée) et si l'on estime que le Français Clément Ader a réalisé en 1897 le premier décollage motorisé, ce sont les Américains Orville et Wilbur Wright qui ont réalisé les premiers vols contrôlés. Le musée leur consacre toute une salle. On peut notamment y découvrir. Une réplique du Wright Glider, qui est en 1902 la première machine volante véritablement "pilotable" : un planeur sur lequel un humain est installé et peut effectuer des mouvements de tangage et de roulisDurant les trois années précédentes, les ailes avaient été essayées sur des cerfs-volants.. La plus grande distance parcourue est de en . Le Flyer, le tout premier avion jamais construit dans le monde, sur lequel, le à Kitty Hawk en Caroline du Nord, les deux frères ont effectué les premiers vols contrôlés avec moteur. Lors du quatrième, sont parcourus en Avec le Flyer II (1904) et surtout le Flyer III (1905), les frères Wright maîtriseront leurs déplacements.. Une réplique du Wright Model A, qui a révélé l'aviation au grand public en France, en 1908.
Parmi les autres premiers avions du monde, on peut découvrir : Un Blériot XI, dont plusieurs centaines d'exemplaires ont été produits entre 1909 et 1931, après que son concepteur, le français Louis Blériot, s'en soit servi pour traverser la Manche. Une réplique du Curtiss Model D, 1911, baptisé Headless Pusher ("pousseur sans tête") car il était propulsé par une hélice située à l'arrière. Le , à bord duquel le pilote Calbraith Perry Rodgers effectua la première traversée des États-Unis d'est en ouest, du au . Une réplique de l', 1912, un des tout premiers hydravions du monde.
La Première Guerre mondiale En raison des tensions internationales apparues au début des années 1910, les gouvernements européens se sont intéressés à l'aviation en tant qu'arme de guerre. Les avions ont alors été produits en série et confiés à des pilotes professionnels, d'abord pour des missions de reconnaissance puis de combat (avions de chasse et d'assaut). D'importantes avancées ont été faites en matière de vitesse, de capacité d'emport et de fiabilité.
Huit modèles (tous des biplans) sont exposés au musée : vignette|Le Fokker D.VII. Le De Havilland DH-4 (Grande-Bretagne, 1916), tout premier bombardier, fabriqué en série en 1917 aux États-UnisJean-Noël Passieux, Voisin 8 ; Le Voisin VIII (France, 1916), reconnaissable à son réservoir de carburant sous l'aile supérieure Jean-Noël Passieux, Airco de Havilland D.H.4; L'Airco DH.4 (Grande-Bretagne / États-Unis, 1916), bombardier biplace, également utilisé comme avion de reconnaissance ; Le Curtiss JN-4 (États-Unis, 1916), produit à ; L'Albatros D.V (Allemagne, 1917), devenu impopulaire aux yeux des militaires allemands car jugé peu performantAvions légendaires, Albatros D.V ; Le Spad XIII (France, 1917), chasseur réputé à l'époque pour sa rapidité ()Avions légendaires, Spad S.XIII ; Le Sopwith Snipe (Grande-Bretagne, 1918), dont la cabine était équipée en oxygène et en chauffage pour évoluer plus hautAvions légendaires, Sopwith 7F1 Snipe ; Le Fokker D.VII (Allemagne, 1918), réputé pour sa maniabilité, même à haute altitudeAvions légendaires, Fokker D.VII.
L'entre-deux-guerres En matière d'aéronautique, et jusqu'au début des années 1930, les biplans à haubans et le cockpit ouvert sont restés la norme. Des progrès techniques ont toutefois été menés qui ont donné lieu à un grand nombre de records (vitesse, altitude, durée du trajet...) dès la fin de la guerre, en premier lieu la traversée de l'AtlantiqueEn 1919, l'Américain Albert Cushing Read effectue le premier vol transatlantique en plusieurs étapes (du 8 au 31 mai) à bord d'un hydravion Curtiss NC-4, exploit effacé le mois suivant (14-15 juin) par les Anglais Alcock et Brown, qui traversent l'océan en une seule étape de 16h28m sur un Vickers Vimy..
Sont entre autres exposés au musée : vignette|redresse|Au premier plan, dans l'un des trois halls du musée, le Ford Trimotor. Le Fokker F.IV (ou T-2), baptisé Non stop coast to coast, à bord duquel fut accomplie en 1923 la première traversée des États-Unis sans escale en 27 heures ; Le Douglas World Cruiser, baptisé « Chicago », à bord duquel une équipe de pilotes effectua en 1924 le premier vol autour du monde (en six mois)Jean-Noël Passieux, Douglas DWC World Cruiser. L'hydravionLe premier hydravion fut piloté en 1910 par l'ingénieur français Henri Fabre. Curtiss R3C qui permit au pilote Jimmy Doolittle de franchir en 1925 la vitesse de . Un Ford Trimotor, dont ont été fabriqués de 1926 à 1933 et achetés par quasiment toutes les compagnies aériennes américainesJean-Noël Passieux, Ford Tri-Motor. Il emportait entre onze et quinze passagers, capacité très inférieure à celle du Dornier Do X (non exposé ici), un hydravion allemand né en 1929, qui pouvait emporter mais qui n'a été fabriqué qu'en trois exemplaires. L'avion présente en revanche de fortes similitudes avec le Fokker F.VII (également non exposé), né l'année précédente et de conception néerlandaise. L'un autant que l'autre ont contribué à la naissance de l'aviation commerciale aux États-Unis durant la seconde moitié des années 1920. Le Spirit of St. Louis, le plus célèbre des Ryan M-1, dans lequel Charles Lindbergh a effectué la première traversée (en solo et sans escale) de l'océan Atlantique, les 20 et , en 33 heures. Son arrivée à Paris fut largement médiatiséeINA, L'arrivée de Lindbergh au Bourget sur Spirit of Saint-Louis. Le Lockheed Model 8 Sirius, transformé en hydravion, à bord duquel Lindbergh et Anne Morrow, son épouse, effectuèrent deux très longs vols à travers le monde, en 1931 puis en 1933. Le Lockheed Vega (appareil construit à partir de 1927 pour transporter six passagers sur des longues distances) à bord duquel, en 1932, Amelia Earhart devint la première femme à traverser l'Atlantique en solitaire et sans escale. Le Curtiss Robin Old Miss, (un monoplan construit en à partir de 1928) à bord duquel, en , les frères Fred et Algene Key ont battu le record d'endurance en avion (), régulièrement ravitaillés en vivres et en carburant par un avion similaire. Le Northrop Gamma Polar Star à bord duquel le pilote Herbert Hollick-Kenyon et l'explorateur Lincoln Ellsworth effectuèrent en la première traversée trans-antarctique.
Est également exposé l'un des premiers avions de tourisme de grand renom : Un Beechcraft Staggerwing, un biplan produit à entre 1932 et 1949 et dont le faible coût a inauguré l'ère de l'aviation de loisirs aux États-UnisJean-Noël Passieux, Beechcraft 17 Staggerwing.
Ainsi qu'un avion de guerre : Un Boeing F4B : expérimenté en 1928, les forces armées américaines en commencèrent l'année suivante, établissant ainsi un record de production pour un seul type d'appareil et ses dérivés, qui demeurera inégalé jusqu'en 1940. Il servit dans l'armée américaine de 1932 à 1937.
L'époque a été par ailleurs marquée par la réalisation des toutes premières fusées à propulsion liquide, prélude à l'astronautique. On peut ainsi découvrir au musée : les répliques des fusées conçues par l'ingénieur Robert Goddard : Nell qui décolla (en 1926 à Auburn, Massachusetts) à une vitesse proche de et atteint une altitude de . Et celle qui, en 1932, fut la première fusée stabilisée par gyroscope.
Au début des années 1930, différents appareils marquent une véritable révolution dans le transport aérien de passagers. Sont ici exposés : Un Junkers Ju 52, avion qui fut construit à plus de en Allemagne à partir de 1930. Réputé pour sa robustesse et pouvant transporter , il fut utilisé par de nombreuses compagnies aériennes mais aussi comme avion de transport militaire et bombardier pendant la Seconde Guerre mondiale ; Un Boeing 247, qui fut en 1933 le tout premier monoplan métallique avec ailes montées en cantilever sous la carlingue et train d'atterrissage escamotable. Offrant une moindre résistance à l'avancement dans l'air, la vitesse des avions s'accrût considérablement. vignette|redresse|Le Hughes H-1. Un Douglas DC-3, dont la vitesse de croisière dépassait les , comme le Boeing 247, mais dont le rayon d'action () et la capacité de transport () étaient beaucoup plus importants. étant construits de 1936 à 1945, parmi lesquels 5000 en Russie, sous licenceHistorique du DC-3 (contre seulement pour le Boeing 247), il inaugura véritablement l'ère des avions de ligne, l'air remplaçant le rail comme moyen de traverser les États-Unis. Et grâce à cet appareil, Douglas pris la tête des constructeurs d'avion de ligne jusqu'à la fin des années 1960R. G. Grant, Aviation. Un siècle de conquêtes, Sélection Reader digest, 2006, .
En 1935, deux records sont atteints par deux appareils fort différents : Le Hughes H-1, sur lequel a été établi le record du monde de vitesse : (et sur lequel sera battu le record de vitesse transcontinental : Los Angeles - New York en en 1937Jean-Noël Passieux, Hughes H-1. La nacelle , qui permit à deux officiers américains de s'élever jusqu'à d'altitudeEn 1931, le suisse Auguste Piccard avait atteint d'altitude. Le dernier record d'une nacelle habitée date de 2014, quand l'Américain Alan Eustace dépasse les ..
La Seconde Guerre mondiale La Seconde Guerre mondiale a accéléré considérablement la recherche d'augmentation des performances aériennes dans tous les pays industrialisés. En Europe, la suprématie de l'Allemagne (notamment par rapport à la France) explique en partie qu'elle ait pu dominer durablement le conflit.
vignette|Un Macchi C.202 Folgore (Italie) et un P-51D Mustang (États-Unis).