Les Basques constituent un peuple autochtone implanté principalement dans le Pays basque, à cheval sur le sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne. Une forte émigration historique a engendré une diaspora basque, principalement établie en Amérique du Sud.

Plusieurs caractéristiques anthropologiques et biologiques sont à l'origine de leur singularité, telles que la langue, composante incontournable et indissociable, unique isolat européen et la seule langue vivante pré-indo-européenne d'Europe de l'Ouest, la Lingua Navarrorum (langue des Navarrais ou « euskara »), une assez forte endogamie , quelques caractéristiques génétiques, le partage de traditions, de religion et du folklore, un champ de communication, l'auto-identification ainsi qu'une concentration territorialeBasé selon des critères anthropologiques culturels et historiques principalement. ; et , alors même que les fondements d'une histoire commune sont à géométrie variablePierre Letamendia, article « Basques » dans l'Encyclopædia Universalis, tome 2, .

Les Basques (ou Euskariens en français), qui ont pour ancêtres les Vascons et les Aquitains Torsten Günther, , Ancient genomes link early farmers from Atapuerca in Spain to modern-day Basques, Proceedings of the National Academy of Sciences, vol 112, , 2015, sont des Euskaldunak quand ils « possèdent »Le mot Euskaldunak signifie littéralement « ceux qui possèdent la langue basque », bref « les bascophones ». la langue basque ou des Euskotarrak, un néologisme souvent mentionné mais rarement utilisé, quand ils se définissent comme ethniquement basques, s'exprimant en erdara avec ou sans le basque, ou simplement des Euskal herritarrak, des citoyens vivant au Pays basque.

Cependant, même si le mode de vie est similaire à celui qui existe en Europe, les Basques sont politiquement divisés entre les modérés, défenseurs de la culture basque mais favorables au projet européen, et les radicaux qui prônent une hypothétique indépendance de l’Euskal Herria.

Ethnonymie Attestations Au , l'ethnonyme Vascon-es, -um (masc. pluriel), « les Vascons », est attesté, en latin, chez Pline l'Ancien (Naturalis historia, 3, 22) ; il désigne le « peuple qui habitait les deux versants des Pyrénées (les Basques) ». On le trouve aussi dans Juvénal (Satires, 15, 93)https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=vasc Dictionnaire Latin Français Gaffiot, page 1648..

Au , Paulin de Nole utilise le toponyme Vascon-ia, -iae « Pays des Vascons » (Carmina, 10, 202), l'adjectif vasconic-us, -a, -um « des Vascons » (Carmina, 10, 217) et l'expression Vascone saltu « par les Pyrénées » (Carmina, 10, 311).

Les Barscunes 250px|vignette|Pièces de monnaie des . Aux , plusieurs pièces de monnaie ont été trouvées dans le nord de l'Espagne, avec l'inscription Barscunes écrite avec un alphabet ibérien. Leur origine géographique n'est pas identifiée avec certitude mais les historiens avancent l'hypothèse de la région de Pampelune ou de Roquefort, régions où se situaient les Vascons durant cette période..

Les Auscii Parmi les peuples aquitains, les Romains comptaient les Ausques (Auscii) qui ont donné le nom de la ville d'Auch dans le Gers (ancienne Elimberrum, en basco-aquitain « ville neuve » ) et dont l'ethnonyme semble également venir de la même racine. Les Auscii sont mentionnés par Jules César et Pline l'Ancien. La forme Auscenses est attestée chez Sidoine Apollinaire, au Dictionnaire Latin Français Gaffiot, page 193..

Étymologie Le mot « basque » dérive du latin, lui-même dérivant d'un élément *wsk- qui a donné *eusk- (au sud) et *esku- (au nord). On trouve les formes Basco en gascon et Vasco en espagnol.

L'ethnonyme « Vascones » a également donné leur nom aux Gascons..

L'approche latine du /w/ soutient que la consonne labio-vélaire s'est typiquement transformée en une consonne occlusive bilabiale voisée c'est-à-dire le /b/ exprimé en gascon et en espagnol, probablement sous l'influence du basque et de l'aquitain (une langue liée au vieux basque et parlée dans la Gascogne antique). Ceci explique le calembour : « Beati Hispani quibus vivere bibere est », attribué à Scaliger, et qui se traduit par « Que les Ibères romains soient bénis, eux pour qui la vie (vivere) c'est boire (bibere) ».

Une autre théorie avance que Vasco signifierait « de la terre boisée », déduction faite à partir du mot basque moderne basoko composé de baso- « forêt » et du suffixe -ko signifiant « de » (complément du nom). Par exemple Basoko piztiak se traduit par « les animaux de la forêt ». Cette étymologie populaire est aujourd'hui totalement refusée par les linguistesEl origen del vasco y de su idioma, de Iberia a Iberia la voz de los abolengos, Gabino de Seijo y de Zarrandicoechea, 1952..

Usage contemporain En basque, les Basques se définissent comme des euskaldunak, qui signifie à la fois « Basque » et « bascophone ». Euskaldun est formé de l'adjectif euskal- (« basque » ) et du suffixe -dun (« qui possède »), ainsi euskaldun signifie littéralement « celui qui possède la langue basque, qui parle basque ; locuteur basque ».. 

Il existe deux définitions de l'identité basque : La première considère qu'être basque, c'est avant tout parler basque quelle que soit son origine, par conséquent les étrangers qui l'apprennent deviennent des euskaldunak. La seconde, plus large, englobe ceux qui se considèrent comme basques mais sans être obligatoirement bascophone. Pour désigner ces derniers, un néologisme a été inventé au , avec le mot euskotar (ou euskotarrak au pluriel) qui signifie qu'une personne est ethniquement basque, qu'elle parle ou non le basque.

Tous ces mots proviennent du mot basque utilisé pour nommer leur langue : Euskara La Cuestión Vasca Desde la Prehistoria hasta la muerte de Sabino Arana, José Luis Ortigosa, 2013.. 

Des chercheurs ont reconstitué la prononciation et le vocabulaire du basque antique. Alfonso Irigoyen pense que le mot euskara vient du verbe signifiant « pour indiquer » en basque antique, soit enautsi prononcé (esan en basque moderne), et du suffixe -(k)ara (« manière (de faire quelque chose »). Euskara signifierait ainsi littéralement la « manière de dire » ou la « manière de parler ». Cette hypothèse serait confirmée dans le livre espagnol Compendio Historial écrit en 1556-1566 par l'auteur Esteban de Garibay de Vasco, qui a enregistré le mot originel de la langue basque en tant qu’enusquera, mais ce n'est pas certain.

Au , le chef nationaliste basque Sabino Arana a pensé qu'il y avait un euzko originel à partir de la racine eguzkiko (« du Soleil ») issue d'une religion solaire. Il créa par la suite le néologisme Euzkadi pour désigner un Pays basque indépendant. Cette théorie sur la racine eguzkiko est fortement remise en question aujourd'hui.

Histoire des Basques

300px|vignette|Carte de la Novempopulanie.

Les Vascons n'étaient pas les seuls ancêtres des Basques actuels. Les provinces basques occidentales étaient le territoire des : Vardules ou Bardyetes en province du Guipuscoa et dans l'est de l'Alava ; Caristes ou Conisci en Biscaye et dans l'ouest de l'Alava ; Autrigons ou Allotriges à l'extrême ouest de la Biscaye et de l'Alava.

Nationalisme 250px|thumb|right|Appartenance identitaire au Pays basque.

Entourés par des locuteurs de langues indo-européennes romanes, les Basques, historiquement, parlaient une langue (et beaucoup la parlent encore) qui était non seulement non romane mais non indo-européenne. Cela les distinguait de leurs voisins, puis en tant qu'élément du renouvellement de l'identité nationale basque, l'idée ibérienne de « limpieza de sangre » (« la propreté du sang ») a été adaptée par Sabino Arana, fondateur du Parti national basque. Ce dernier a propagé l'idée que les Basques étaient un peuple différent des peuples voisins. Beaucoup de jeunes Basques, particulièrement en Espagne, sont fortement nationalistes, s'identifiant plus fermement comme ethniquement basques que comme citoyens espagnols ou français. Enfin, une dernière frange, autour d'ETA et de la gauche basque, est marxiste révolutionnaireNicolas Klein, Comprendre l'Espagne d'aujourd'hui. Manuel de civilisation, Éditions Ellipses, 2020 M02 25 - 264 pages.

Le nationalisme prend différentes formes ; il va du simple engagement citoyen (Batera, ikastola pour certains parents), en passant par l'implication politique (EAJ-PNV de tendance démocrate chrétienne, EA ou Eusko Alkartasuna, Abertzale, Herri Batasuna, Ekaitza), par des liens informels (Liens entre nationalistes basques et bretons) à l'épreuve de force entre les partis (ETA ou Euskadi ta Askatasuna, GAL ou Groupes antiterroristes de libération, Kale borroka)Georges Minois, Nouvelle Histoire de la Bretagne, Fayard, 2014, 928 pages.

En effet, la seule question semblerait de savoir si le terme de « groupe ethnique » est trop faible, ou si on ne devrait pas plutôt favoriser le terme de « nation ». De nos jours, en tant qu'Européens vivant dans un secteur fortement industrialisé, les différences culturelles des Basques avec le reste de l'Europe sont brouillées. La vie culturelle est différente à bien des égards, mais le mode de vie est similaire ; malgré tout, l'idée d'appartenir à un peuple ou une nation demeure très forte, de même que l'identification à leur patrie. Même parmi de nombreux Basques qui ont émigré vers d'autres régions de l'Espagne, de France, ou du monde, on remarque une forte appartenance à l'identité basque. Cependant, les distinctions les plus fortes entre les Basques et leurs voisins traditionnels sont génétiques, culturelles et linguistiquesJuan Carlos Etxegoien, Xamar, Orhipean: Gure herria ezagutzen, Pamiela, 2001 - 124 pages.

Euzko Abendaren Ereserkia est l'hymne national basque. Il ne doit pas être confondu avec lEusko Gudariak (« Les soldats basques ») qui est l'hymne de l'armée basque (Eusko Gudarostea), ou avec le Gernikako Arbola (« L'arbre de Guernica »), hymne carliste écrit par José María de Iparragirre.

La fête nationale basque n'est pas une date fixe car elle se fête généralement le dernier dimanche de mars, le jour de Pâques. C'est l'Aberri Eguna ou le Jour de la Patrie basque. Elle fut créée à Pâques 1932, lors d'une grande manifestation à Bilbao, à la suite du refus espagnol de rétablir les fors.

On parle souvent d'appartenance ethnoculturelle au Pays basque, car il est donné aux gens de décider d'appartenir à une communauté culturelle. La réalité est complexe car s'il y a des bascophones et de lignée basque qui se considèrent Espagnols ou Français, il y a des Andalous qui vivent au Pays basque et se sentent Basques. Un frère peut se prétendre français et sa sœur basque. Le développement identitaire, les rapports sociaux ainsi que des repères historiques et actuels peuvent décider de l'orientation personnelle et de l'acceptation d'un concept communautaire transnational ou national. En France, la confusion de la nationalité ethno-culturelle et de la citoyenneté brouille la situation.

Linguistique vignette|Langues non Indo-européennes en Europe.

La question des origines de la langue basque se pose d'une manière particulière du fait de son caractère isolé et de ses différences structurelles par rapport à d'autres langues, qu'elles soient géographiquement proches ou non.

Avec le développement de la linguistique comparée, des linguistes ont tenté de relier le basque à d'autres familles de langues en faisant des scénarios historiques, des chronologies ainsi que des comparatifs. Ces comparaisons, n'ont jusqu'à ce jour pas réuni de consensus scientifique.

Génétique 300px|vignette|Comparaison linguistique et génétique du peuple basque.À gauche : limite d'extension du basque. À droite : carte génétique des populations d'Europe de l'Ouest d'après Bertrand Petit. vignette|Distribution de l'haplogroupe R1b-M269