L'archéologie algérienne est riche en vestiges préhistoriques témoignant de l'occupation humaine. L'Algérie recèle de nombreux vestiges romains et possède un riche patrimoine d'art sarrasin.

Organisation et encadrement La recherche archéologique en Algérie s’appuie sur un ensemble d’institutions publiques, de centres spécialisés et d’établissements universitaires qui participent à l’étude, à la conservation et à la valorisation du patrimoine archéologique national. Ce dispositif s’est structuré progressivement depuis l’indépendance, avec une volonté de développer une recherche scientifique autonome et adaptée aux spécificités du territoire.

Au cœur de ce système se trouve le Centre national de recherche en archéologie (CNRA), principal organisme scientifique dédié à l’archéologie. Créé en 2005, il est chargé de conduire des programmes de recherche couvrant l’ensemble des périodes historiques, de la préhistoire à l’époque contemporaine. Il intervient notamment dans les fouilles programmées et préventives, l’élaboration d’inventaires du patrimoine, ainsi que dans la coopération scientifique avec des institutions étrangères.

Le CNRA travaille en complémentarité avec le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), basé à Alger. Ce dernier se distingue par son orientation pluridisciplinaire, intégrant l’archéologie, la préhistoire et l’anthropologie. Il joue un rôle important dans l’étude des premières occupations humaines en Afrique du Nord et dans l’analyse des sociétés anciennes à travers leurs vestiges matériels et biologiques.

À l’échelle régionale, des projets structurants ont été initiés afin de renforcer la place de l’Algérie dans la recherche archéologique internationale. Parmi eux figure le Centre arabe d’archéologie, implanté à Tipasa, qui vise à devenir un pôle de formation, de recherche et de conservation à l’échelle du monde arabe, en favorisant les échanges scientifiques et le développement de compétences spécialisées.

Les universités algériennes constituent également un pilier essentiel de ce dispositif. Plusieurs établissements, notamment à Alger, Constantine, et Oran, proposent des formations en archéologie, en histoire ancienne et en gestion du patrimoine. Ces institutions abritent des laboratoires de recherche et participent activement aux campagnes de fouilles, souvent en partenariat avec des centres nationaux ou des équipes internationales.

Par ailleurs, la gestion et la protection des sites archéologiques relèvent d’organismes spécialisés tels que l’Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), ainsi que des directions de la culture au niveau des wilayas. Ces structures assurent la conservation, la mise en valeur et parfois l’ouverture au public de sites majeurs, contribuant ainsi à la diffusion des connaissances archéologiques.

Depuis l’indépendance de l’Algérie, les sites archéologiques ont été progressivement exposés à diverses formes d’atteintes, notamment le trafic illicite international, ainsi que des actes de vol, de pillage et d’exportation clandestine de biens culturels. Dans ce contexte, les institutions chargées de la recherche et de la protection du patrimoine forment un réseau encore en consolidation, confronté à des défis persistants liés aux moyens matériels, à la formation spécialisée et à la couverture scientifique d’un territoire particulièrement vaste et riche.

Vestiges mégalithiques L'Algérie recèle de nombreux vestiges mégalithiques, dont presque tous les types connus (dolmens, cromlechs, menhirs) ont été découverts sur son territoire, témoignant d'une occupation humaine continue depuis la Préhistoire. De nombreux silex de type paléolithique et néolithique ont été mis au jour, notamment dans les gisements de la région de Tlemcen (lac Karar) et à Koléa près d'Alger.

Près de Djelfa, dans l'Atlas saharien, les sites de Zaccar et d'Ain Naïja abritent d'importantes nécropoles mégalithiques composées de dolmens et d'allées couvertes. De même, à Mechraa Safa (« gué des pierres plates »), une presqu'île de la vallée de la Mina non loin de Tiaret, se dressent des centaines de monuments mégalithiques, principalement des dolmens de type berbère.

D'autres sites majeurs marquent le paysage algérien, tels que :

Roknia (Wilaya de Guelma) : l'une des plus vastes nécropoles mégalithiques d'Afrique du Nord, comptant plus de 3 000 dolmens. Medjez II Afalou Bou Rhummel Columnata Beni Messous : à l'ouest d'Alger, connu pour ses dolmens explorés dès le siècle. Sefiane (région fe N'gaous) Bou Nouara, Gastel,

Parmi les cultures préhistoriques de la région, la culture capsienne (vers 8 000 à 2 700 av. J.-C.) est particulièrement remarquable. Elle se caractérise par des "escargotières" ou amas coquilliers (Rammadiyat), vastes dépôts de cendres et de coquilles d'escargots, que l'on retrouve abondamment dans les hautes plaines de l'Est algérien et dans tout le Nord.

Villes antiques principales Les principales villes antiques du territoire, sont:

Icosium, est une cité antique punique puis berbère, ensuite colonie romaine, située dans l'actuelle ville d’Alger. Cirta, Hippo Regius, Cartennae, Timgad, Cuicul, Lambèse, Calama, Tipasa, Cæsarea, Madaura, Gunugus, Mascula, Milev, Nicives, Sitifis, Theveste, Zaraï, Thagaste, Tiddis

Sites célèbres

Madghacen vignette|Tombeau en forme de tumulus à Madghacen. Le Medracen (ou Madghacen) est un mausolée numide érigé au . Ce monument funéraire se situe au cœur des Aurès, dans la wilaya de Batna (commune de Boumia), en Algérie. Se présentant sous la forme d'un tumulus de pierre, l'édifice mesure 58,86 mètres de diamètre pour une hauteur de 18,5 mètres. Sa structure se distingue par :

Une base cylindrique monumentale. Une décoration périphérique composée de 60 demi-colonnes doriques. La présence de trois fausses portes sculptées.

Considéré comme le plus ancien mausolée royal antique encore conservé en Afrique du Nord, il porterait, selon les chroniqueurs médiévaux, le nom d'un souverain numide nommé Madghis. Bien qu'il soit proposé depuis 2002 par les autorités algériennes pour une inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, son état de conservation est préoccupant. En effet, il figure sur la liste des 100 monuments les plus menacés au monde.

Mausolée royal de Maurétanie

vignette|Le mausolée royal de Maurétanie. Le Mausolée royal de Maurétanie, plus connu sous son appellation française Tombeau de la Chrétienne (« la tombe de la dame chrétienne »), que la tradition associe au lieu de sépulture de Florinda, la Cava Rumía, fille du comte Julien, se situe à proximité de Koléa. Il est aujourd’hui identifié comme le mausolée du roi maurétanien Juba II et de son épouse Cléopâtre Séléné II, fille de Marc Antoine et Cléopâtre VII, reine d’Égypte. L’édifice est bâti au sommet d’une colline de 230,43 m dominant la mer. Il se présente sous la forme d’un bâtiment circulaire en pierre coiffé d’une pyramide, reposant sur une plateforme carrée de 63,70 m de côté.

À l’origine, le monument atteignait environ 40 m de hauteur, mais il a subi des dégradations volontaires ; il mesure aujourd’hui 30,68 m : 11,13 m pour la partie cylindrique et 19,56 m pour la pyramide. Sa base, d’un diamètre de 60 m, est ornée de soixante colonnes ioniques engagées. Si les chapiteaux ont disparu, leur apparence est connue grâce aux dessins du voyageur James Bruce.

Au centre du mausolée se trouvent deux chambres voûtées, accessibles par un couloir en spirale ou une galerie. De hauteur comparable et distantes d’environ 149 m, elles sont séparées par un court passage et isolées de la galerie par des portes monolithiques actionnées par leviers, à la manière d’une herse. La plus grande chambre mesure 43 m de long pour 3,4 m de large et de hauteur ; l’autre est légèrement plus petite.

Le tombeau avait déjà été pillé, probablement à la recherche d’un trésor . En 1555, Saladin, pacha d’Alger, tenta d’en ordonner la démolition, mais les archives rapportent que l’opération fut abandonnée à la suite de l’apparition de grosses guêpes noires qui piquèrent mortellement les ouvriers. À la fin du siècle, Baba Mahommed essaya à son tour de le détruire à l’aide d’artillerie, sans succès. En 1866, le monument fut exploré sur ordre de l’empereur Napoléon III, sous la conduite d’Adrien Berbrugger et Oscar Mac carthy.

Djeddars

vignette|Djeddar de Frenda. Les djeddars sont des monuments funéraires berbères datés du , correspondant aux grands mausolées royaux de Frenda dans la wilaya de Tiaret, célèbres pour leur architecture monumentale en gradins et attribués à des souverains locaux. Localement, ces constructions sont parfois dénommées différemment sous les appellations de redjem ou chouchet.

Notes et références

Liens externes

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