Les frappes iraniennes sur Israël ont lieu quotidiennement depuis le début de la guerre contre l'Iran, soit le . Après l'échec des pourparlers et des négociations américano-iraniens, plusieurs sites en Israël sont la cible de frappes de missiles iraniens, à travers l'opération appelée "Rugissement du Lion". En soutien à l'Iran, les Houtis au Yémen y ajoutent leurs tirs sur Israël à partir du .
Malgré un système de défense antimissile robuste, des systèmes d'alerte et des abris, des missiles iraniens atteignent de nombreuses positions civiles à travers le pays hébreu. Le bilan le plus lourd est enregistré lors d'une frappe survenue le 1 mars contre un quartier résidentiel de la ville de Beit Shemesh, qui coûte la vie à neuf civils israéliens. Selon Tsahal, au , le nombre moyen de tirs sur Israël par l'Iran s'élève à environ dix par jour. Après un mois de conflit, l'Iran a tiré sur Israël plus de 470 missiles balistiques dont des bombes à fragmentation et l'armée israélienne en a intercepté 92 %. Le nombre de victimes s'élève à 16 Israéliens et étrangers sur le territoire et 4 Palestiniens en Judée-Samarie.
Contexte Le , des frappes de missiles conjointes, coordonnées par les États-Unis et Israël, touchent des dizaines de sites militaires en Iran et éliminent ses hauts responsables, à travers l'opération Lion rugissant.vignette|Le slogan « Israël doit être rayé de la carte » inscrit sur un missile Shahab-2 exposé à Mashhad (2019)|gaucheLe président américain Donald Trump déclare que ces attaques conjointes s'inscrivent dans une stratégie visant à provoquer un changement de régime par la prise de contrôle du gouvernement iranien, parmi d'autres objectifs tels que l'arrêt du programme nucléaire iranien. De son côté, le gouvernement israélien a pour dessein d'éradiquer le « régime des mollahs » à travers des objectifs politiques et militaires ciblés. Depuis la Révolution de 1979, l'Iran considère l'État hébreu comme son ennemi, en le désignant par les expressions « entité sioniste », « tumeur cancéreuse » ou « petit Satan » - à côté du « grand Satan » que seraient les États-Unis - et appelle publiquement à son élimination physique, à travers notamment une rhétorique officielle d'anéantissement, incorporant parfois le déni de la Shoah et invoquant des tropes antisémites. Outre l'industrie nucléaire militaire, le développement « de plus en plus rapide » de la production iranienne de missiles balistiques finit d'inquiéter et de convaincre Israël et son allié américain. vignette|200x200px|Les mots « Mort à Israël », en hébreu, sur un missile balistique iranien Ghadr exposé à Ispahan. Le 28 février 2026, le gouvernement iranien lance principalement sur Israël des frappes aériennes mais également dans toute la région moyen-orientale, touchant des pays du golfe Persique, en visant notamment leurs bases américaines .
Parallèlement, les proxys de l'Iran tels le Hezbollah au Liban et plus tardivement, les Houtis au Yémen, soutiennent l'Iran en bombardant également Israël, pour l'un au nord et pour l'autre au sud-est du pays. Avec au sud-ouest d'Israël le Hamas à Gaza et le Jihad islamique palestinien ainsi que d'autres groupes terroristes affiliés, ce réseau de procuration financé et formé par l'Iran lui permet d'exercer une influence sur plusieurs fronts, tout en posant une « menace existentielle » à Israël.
Préparatifs généraux
Défense anti-missile vignette| Sirènes de la défense civile et explosions de missiles retentissant dans le centre d'Israël (5 mars 2026).|gauche Israël dispose d'un système de défense antimissile multicouche qui comprend le système Arrow de missiles antibalistiques, conçu pour intercepter et détruire les missiles lancés depuis l'Iran et depuis les Houthis au Yémen ; la Fronde de David pour intercepter les drones et les missiles à moyenne portée ainsi que le Dôme de fer pour les roquettes à plus courte portée. Conçu pour neutraliser principalement les roquettes bon marché à courte portée tirées par des groupes situés au-delà de ses frontières, le Dôme de fer - à travers chacune de ses batteries - offre une couverture de protection - coûteuseNote : Le coût d'un seul missile d'interception du Dôme de fer est estimé entre , voire selon une source française. Lire en ligne, p. 81 - allant jusqu'à , avec un taux de réussite annoncé de 90 %. vignette|Envoi d'alerte de sécurité en plusieurs langues sur les téléphones portables des citoyens par le commandement du Front intérieur israélien (mars 2026).
Défense civile Après les attaques de missiles Scud contre Israël pendant la guerre du Golfe (1990-1991) et face aux difficultés et aux insuffisances des abris collectifs alors en vigueur, le Commandement du Front intérieur israélien a établi des normes renforcées pour la défense civile. Celles-ci incluent des spécifications techniques pour des espaces protégés (Merkhav mugan) désignées dans toutes les habitations, connues sous l'acronyme hébreu MamadKhachidze, Mikheil. "The Mamad: The Room That Saves Lives in Israel", The Times of Israel, June 23, 2025. Accessed March 10, 2026.
"When a rocket siren blares and you have less than 90 seconds to take cover, there’s no time to reach a public shelter. In Israel, survival often depends on one specific room: the Mamad. The Mamad (ממ”ד, acronym for Merchav Mugan Dirati — 'residential protected space') is a reinforced security room required by law in all new residential buildings in Israel since the early 1990s.... Israel’s layered defense system — Iron Dome, early warning systems, and the Home Front Command — is widely admired. But what truly sets it apart is the civilian preparedness philosophy." . Le Mamad est conçu comme une pièce de sécurité renforcée offrant une protection contre les projectiles à fort impact, capable de résister aux explosions et aux éclats d'armes conventionnelles, ainsi qu'aux armes chimiques et biologiques. Ses murs et plafonds en béton armé mesurent 20 à 30 centimètres d'épaisseur et ses portes et fenêtres sont en acier étanches à l'air et également résistantes aux explosionsDamiata, Roberta. "Cos'è il 'Mamad', la safe room usata dagli israeliani per proteggersi dagli attacchi". Archived November 10, 2023, at the Wayback Machine, Il Giornale, October 11, 2023. Accessed March 10, 2026.
"La surface du Mamad, par exemple, ne doit pas être inférieure à 9 mètres carrés, avec des plafonds de 2,5 mètres et des murs en béton armé d'au moins 25/30 mètres. À l'intérieur, il doit y avoir une porte métallique à fermeture étanche capable de résister à l'onde de choc d'une explosion." .
Dès que Tsahal détecte l'arrivée prochaine d'un missile ou d'un drone dans son ciel, le Commandement du Front intérieur envoie un message d'alerte en plusieurs langues (hébreu, anglais, arabe, russe) sur les téléphones portables des citoyens pour leur enjoindre de se mettre à l'abri jusqu'au futur message pour les en libérer.
Les sirènes retentissent pour avertir tous les habitants de la zone de se mettre à l'abri, généralement dans les 90 secondes suivant leur déclenchement. Les missiles iraniens peuvent être détectés après leur lancement jusqu'à dix minutes avant l'impact prévu, et une application créée par le Commandement du Front intérieur israélien peut fournir aux citoyens israéliens un préavis sur leurs téléphones de plusieurs minutes avant le déclenchement éventuel d'une sirène.
Le Commandement du Front intérieur exhorte « les automobilistes pris sur la route au moment où une sirène retentit à se mettre immédiatement à l’abri dans le miklat le plus proche ou, s’ils ne le peuvent pas, à s’éloigner de leur véhicule et à s’allonger à plat ventre sur le sol en se protégeant la tête avec les mains ».
Cisjordanie Outre Israël, ses infrastructures et ses habitants, certains tirs iraniens touchent également des zones en Cisjordanie, administrées par l'Autorité palestinienne qui n'a pas organisé de systèmes de protection civile. L'ONG Human Rights Watch remarque que « les Palestiniens de Cisjordanie sont particulièrement vulnérables aux tirs de missiles ainsi qu’aux retombées de fragments issus d’interceptions, en raison de l’absence d’infrastructures de protection telles que des sirènes d’alerte ou des abris anti-bombes ».
Situation en Israël vignette|Civils réfugiés dans une station de métro reconvertie, en Israël.Dès le , Israël déclare l'état d'urgence immédiat dans le pays ; l'espace aérien civil est fermé, les activités scolaires et professionnelles non essentielles sont arrêtées, les rassemblements sont limités à 50 personnes voire totalement interdits, selon les jours. 70 000 réservistes sont mobilisés.
Pendant plusieurs jours après le début des hostilités, l'espace aérien israélien étant fermé, le trafic aérien est perturbé au départ de l'aéroport Ben Gourion (près de Tel Aviv) et d'autres régions du pays.
Dans le centre du pays, les sirènes d'alerte se déclenchent quotidiennement avant les tirs, qui ont également lieu la nuit, ce qui contraint la population à devoir se réfugier voire dormir dans leur pièce de sécurité (Mamad) quand elle en possède une mais le plus souvent, dans les parkings et stations de métro ou train souterrains des villes, où même des mariages sont fêtés.
Un mois après le début du conflit, Israël résiste sur le front énergétique grâce à son indépendance gazière (70 % de son électricité est produite à partir de gaz) et une économie de guerre tournant à plein régime. Cependant, deux sites de production gazière, situés au nord du pays, sont fermés pour éviter les graves conséquences de potentiels tirs venant du Hezbollah au Liban, pour ne laisser en fonctionnement que son troisième site plus au sudFrance 24, « Israël : une étonnante résilience énergétique en pleine guerre », 1er avril 2026..
Sondages Avant le début de cette guerre, un sondage de l'INSS (Institute for National Security Studies in Israel) indique que 72,5 % des Israéliens estiment que les systèmes de défense aérienne du pays sont suffisants en cas d'attaque iranienne. Si la confiance du public était alors forte, le doute s'installe dans les esprits après les premières semaines de conflit quand les défis se multiplient, en se demandant combien de temps Israël pourrait résister à la menace constante de tirs de missiles arrivant de plusieurs fronts.
Début avril, « la majorité de la population continue à soutenir très majoritairement la guerre contre l’Iran lancée fin février par Israël et les Etats-Unis, mais selon un sondage de l’Institut israélien de la démocratie (IDI), le soutien s’érode lentement, passant de 93 % chez les Israéliens juifs dans les deux premières semaines à 78 % fin mars ».
Schéma des attaques de missiles Selon le porte-parole de l'armée israélienne, au , le nombre moyen de tirs par l'Iran sur Israël s'élève à environ dix par jour.
Il est remarqué que le nombre de tirs de missiles iraniens diminue fortement dès le cinquième jour de la guerre, tout en reconnaissant que les raisons de cette baisse restaient floues. Une analyse menée par le Jewish Institute for National Security of America montre une réduction marquée des tirs de missiles iraniens dès le premier jour du conflit, tant contre Israël que contre d'autres nations du golfe Persique. Cette analyse révèle que le nombre de missiles iraniens pointés vers Israël est bien inférieur à celui des tirs effectués lors de la guerre des Douze Jours en 2025, période durant laquelle les forces iraniennes lançaient fréquemment d'importants barrages de missiles destinés à submerger les défenses israéliennes. Les auteurs émettent l'hypothèse que cette réduction pourrait être attribuée au succès israélien dans le ciblage des lanceurs de missiles et des sites de stockage iraniens en 2025, ainsi qu'aux efforts conjoints américano-israéliens déployés lors du conflit de 2026 pour éliminer jusqu'aux trois quarts des lanceurs de missiles iraniens, y compris ceux qui ont été reconstruits au cours des mois précédents.