La Mission de surveillance des droits de l'homme en Ukraine, , est un organisme d'observation et de soutien aux droits de l'homme déployé en Ukraine en à la suite de la Révolution de la dignité et du début de la guerre russo-ukrainienne par le Secrétariat des Nations unies, sous les auspices du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, à la demande du gouvernement ukrainien.

Histoire Le , une décision de dernière minute du Président de l'Ukraine Viktor Ianoukovytch de refuser de signer l'Accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne, contrairement à une promesse de campagne, déclenche un vaste mouvement de manifestations proeuropéennes dans le pays : l'Euromaïdan. Face à l'intensification des protestations lors de la Révolution de la Dignité en , Viktor Ianoukovytch s'enfuit en Russie le et est destitué le lendemain par la Rada suprême, le Parlement monocaméral ukrainien.

Un gouvernement intérimaire proeuropéen, dirigé par Arseni Iatseniouk, se met en place en Ukraine et en réponse la Russie occupe la péninsule de Crimée à partir du , ouvrant un conflit armée international, la guerre russo-ukrainienne. Dans ce contexte, le Secrétaire général des Nations unies accepte, sur la demande du Gouvernement Iatseniouk I, de déployer une Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine, en .

Mission La Mission de surveillance des droits de l'homme en Ukraine opère en vertu d'un Accord conclu entre le gouvernement ukrainien et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) du . Elle met en œuvre le mandat du Haut-Commissariat visant à protéger et à promouvoir les droits humains. Plus précisément, la Mission s'occupe de:

documenter les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire en Ukraine ; tenir un registre des victimes civiles liées au conflit armé ; élaborer des rapports publics sur la situation des droits de l'homme en Ukraine ; présenter des évaluations sur la protection des droits de l'homme en interaction avec les acteurs étatiques et non étatiques ; analyser les projets de loi et formuler de recommandations sur leur conformité aux normes internationales ; fournir une assistance technique aux partenaires nationaux, en particulier à la société civile en Ukraine.

Conformément au paragraphe 5 de la résolution 71/205 (2016) de l’Assemblée générale des Nations unies, intitulée Situation des droits de l’homme dans la République autonome de Crimée et la ville de Sébastopol (Ukraine) du , et au paragraphe 7 de la résolution 72/190 (2017) de la même Assemblée adoptée sous le même titre, le HCDH a été chargé d’établir des rapports thématiques sur la situation des droits de l’homme en Crimée occupée.

Le mandat de la Mission de surveillance des droits de l'homme en Ukraine s'étend à l'intégralité du territoire ukrainien internationalement reconnu, y-compris dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie : la République autonome de Crimée, la ville de Sébastopol et certaines parties des régions de Donetsk et de Louhansk, puis à partir de l'invasion russe à grande échelle débutée en 2022, également dans les régions partiellement occupées de Zaporijjia, de Kherson, de Kharkiv, de Mykolaïv et de Soumy.

Organisation La Mission de surveillance des droits de l'homme en Ukraine dispose d'un réseau de bureaux de terrain, évoluant en fonction de la situation sécuritaire et des besoins opérationnels. De tels bureaux étaient présent à Kyiv, Kharkiv, Donetsk, Louhansk, Kramatorsk, Marioupol et Odessa en 2020 ; il en existait auparavant à Lviv et Dnipro. Après le début de l'invasion russe à grande échelle, la Mission a conservé ou transféré des bureaux à Kyiv, Dnipro, Odessa, Poltava et Oujhorod à la fin de 2022, ainsi qu’à Chișinău (en Moldavie).

Le nombre d'employés a augmenté parallèlement à l'expansion des activités : 57 en 2020, environ 60 employés en 2022 et 86 en 2025. +Liste des Chefs de la Mission de surveillance des droits de l'homme en UkrainePays TitulaireEntrée en fonctionsFin des fonctionsArmen Harutyunyan20142015 Fiona Frazer 20152019 Matilda Bogner juillet 20192023 Danielle Bell 4 août 2023en fonctions Activités Le champ d'action de la Mission a évolué au rythme du conflit. De 2014 à 2021, elle a documenté les exactions liées à l'occupation russe de la Crimée, aux hostilités dans l'est de l'Ukraine et aux détentions au secret perpétrées par toutes les parties. Les enquêtes de la Mission sont principalement basées sur des entretiens directs avec les victimes et les témoins et la visite des lieux.

La Mission élabore régulièrement – tous les six mois puis, à partir d', tous les trois mois – des rapports analytiques sur la situation des droits de l'homme dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne, (depuis 2014) de l'occupation d'une partie du territoire ukrainien et des tendances générales en matière de droits et libertés des citoyens. Ils dressent un panorama de la situation dans les territoires contrôlés et temporairement occupés, et présentent des données sur les victimes civiles, les violations du droit international humanitaire et les questions d'accès à la justice. En , 43 tels rapports périodiques avaient été publiés.

Suite à l'invasion russe de grande ampleur de l'Ukraine débutée en 2022, la Mission a considérablement renforcé sa présence sur le terrain et a commencé à publier des bilans mensuels des victimes civiles, en complément de ses rapports périodiques, intitulés « Protection des civils en période de conflit », ainsi que des communiqués de presse périodiques actualisant les données confirmées sur les décès et les blessés. Un rapport de synthèse biennal est également publié, mettant en lumière l'évolution générale des conséquences de la guerre.

Par ailleurs, plusieurs rapports spéciaux et thématiques ont été établis sur des sujets spécifiques, tels que les violences sexuelles, les exécutions de masse de civils, le traitement des prisonniers de guerre, les déportations d'enfants et l'utilisation de drones.

Les violations des droits de la population civile sont le thème principaux des rapports. Tous les rapports de mission sont publics et disponibles sur le site internet officiel du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Rapports et conclusions Le , Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a déclaré que la Mission avait recensé 24 allégations crédibles d'utilisation de munitions à fragmentation par la Russie et 77 incidents de dommages causés à des installations médicales lors de l'invasion à grande échelle. Mme Bachelet a déclaré : « La destruction massive d'infrastructures civiles et le nombre élevé de victimes civiles indiquent clairement que les principes fondamentaux de distinction, de proportionnalité et de précaution n'ont pas été suffisamment respectés ».

En , la Mission a signalé une augmentation significative du nombre d'exécutions de soldats ukrainiens capturés, avec 79 prisonniers de guerre tués lors de 24 incidents depuis . Dans son rapport périodique, la Mission a indiqué que du au , elle avait dénombré 968 décès et 4 807 blessés parmi les civils, soit 37 % de plus qu'un an auparavant.

En , la Mission attire l'attention sur le recrutement de jeunes gens ukrainiens par la Russie afin de commettre des actes de sabotages sur le territoire toujours sous contrôle de l'Ukraine.

En , la Mission publie un rapport récapitulant ses conclusions sur les quatre dernières années depuis le début de l'invasion russe à grande échelle.

Le 14 juillet 2026, un communiqué de la Mission déclare que le nombre de civils tués ou blessés en Ukraine au cours du mois de juin 2026 est le plus important depuis avril 2022. Le 21 juillet, Danielle Bell, chef de la Mission de surveillance, alerte sur une augmentation significative des pertes civiles au cours du premier semestre de l'année 2026. Ces dernières sont plus nombreuses de 37 % par rapport au premier semestre 2025 et deux fois plus importante que pour la même période en 2024. Ce constat se confirme en juillet 2026, la Mission déclarant qu'elle le considéré comme le plus meurtrier pour les civils depuis mai 2022, selon un communiqué publié le 13 août 2026.

Incidents documentés La Mission dans ses rapports spéciaux et périodiques, a documenté en détail plusieurs attaques massives contre des infrastructures civiles et ayant fait des victimes civiles. Parmi les attaques les plus médiatisées figurent :

Bombardement de la gare de Kramatorsk (2022) : Le , à la suite d'une frappe de missile sur la gare ferroviaire de Kramatorsk, où des civils attendaient des trains d'évacuation, au moins 60 personnes ont été tuées et plus de 110 blessées. La Mission a confirmé l'utilisation d'une munition à fragmentation et a documenté les circonstances de la frappe dans des rapports spéciaux et périodiques.

Exécutions massives de civils pendant l'occupation de la région de Kyiv (2022) : En mars-, la Mission a recensé de nombreux cas d'exécutions extrajudiciaires de civils dans les villes et villages de la région de Kyiv, notamment à Boutcha, Borodianka et Irpin. Plus de 400 civils ont été tués. Ces cas ont fait l'objet d'un rapport spécial sur les exécutions extrajudiciaires de civils.

Bombardement d'Olenivka (2022) : Le , une explosion s'est produite dans un camp de prisonniers de guerre ukrainiens à Olenivka (dans la région de Donetsk occupée). La Mission a recensé la mort de plus de 50 personnes dans son rapport périodique et son rapport spécial sur le traitement des prisonniers de guerre, documentant le refus de la Fédération de Russie d'autoriser la Mission d'établissement des faits sur Olenivka (en ), créée par le Secrétaire général des Nations unies en . L’ONU poursuit son enquête sur les circonstances de l’incident.

Bombardement du village de Hroza (2023) : Le , des troupes russes ont attaqué un café du village de Hroza, dans la région de Kharkiv, pendant un dîner commémoratif, faisant 59 morts. Cet incident constitue l'attaque la plus meurtrière contre un site civil en 2023. La Mission a consigné l'événement dans ses rapports périodiques et ses mises à jour mensuelles sur les victimes civiles, intitulés « Rapports sur la protection des civils ».

Rapports périodiques Période concernéeDate de publicationPrincipaux sujets1–30——— 31août 2020 – janvier 2021 mars 2021restrictions à la liberté de circulation, persécution en Crimée, droits de la population civile en Ukraine orientale32février – juillet 202123 septembre 2021restrictions à la liberté d'expression, persécution des Tatars de Crimée, violences domestiques, impunité pour la torture33août 2021 – janvier 202228 mars 2022situation avant l'invasion russe à grande échelle34février – juillet 202227 septembre 2022impact de l'invasion russe à grande échelle, bombardements d'infrastructures civiles, torture, disparitions forcées, situation humanitaire35août 2022 – janvier 202324 mars 2023crise humanitaire36février – juillet 20234 octobre 2023attaques contre les infrastructures, expulsion d'enfants, droits des prisonniers, persécution des militants37août – novembre 202312 décembre 2023droits des civils dans les zones de combat, torture, arrestations arbitraires, persécution des défenseurs des droits de l'homme38décembre 2023 – février 202426 mars 2024bombardements, droits en temps de guerre39mars – mai 20243 juillet 2024civils40juin – août 2024 octobre 2024droits des prisonniers de guerre41septembre –novembre 202431 décembre 2024restrictions à la liberté, infrastructures civiles42décembre 2024 – mai 202530 juin 2025attaques contre des biens civils, droits des prisonniers de guerre43juin – novembre 20259 décembre 2025victimes civiles ; droit international humanitaire ; prisonniers de guerre ; détention arbitraire et torture ; territoires occupés ; libertés fondamentales ; droits de l’enfant ; violences sexuelles ; justice et responsabilité

Rapports spéciaux et thématiques