thumb|300px|right|La synagogue de Wyszogród vers 1910 La synagogue de Wyszogród, construite à la fin du ou au début du , a été détruite par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Une communauté juive importante, représentant jusqu'à 75 % de la population totale de la ville avec plus de dans les années 1890, a existé depuis le . Elle a été totalement anéantie pendant la Shoah.
Wyszogród est une ville de la voïvodie de Mazovie, dans le nord-est de la Pologne, située à à l'ouest de Varsovie. Elle compte actuellement environ .
Historique de la synagogue La synagogue de Wyszogród de style baroque, est construite en pierre, à la fin du ou au début du , probablement selon les plans de l’architecte et décorateur : Wyszogród; site: Encyclopedia.com. Située au 3 rue Wiślana, au pied du château, sur une parcelle d'une superficie de au bord d'un escarpement haut et abrupte de la Vistule, elle est partiellement détruite pendant la Première Guerre mondiale. Rénovée en 1919-1929, elle est détruite en 1939, pendant la Seconde Guerre mondiale, par les nazis. Sur le site de la synagogue, accaparé par prescription acquisitive depuis 1961, s’élève actuellement un bâtiment du Trésor public. Le reste du terrain a été transformé en un parc municipal: Archiwum Państwowe w Płocku, Zbiór kartograficzny, Plan sytuacyjny Wyszogrodu; (Archives nationales de Płock, Fonds cartographique, Plan de situation de Wyszogród); Marek Piotrowski: Próba rekonstrukcji...(Tentative de reconstitution..); pages: 213 à 240: Maria et Kazimierz Piechotkow: Bramy nieba, Bożnice Murowane (Portes du Paradis, les synagogues en briques); Varsovie; 1999; pages: 378 à 380; : Synagoga w Wyszogrodzie (ul. Wiślana 3) (synagogue de Wyszogród (3 rue Wiślana; site: sztetl.org.pl: Maria et Kazimierz Piechotkow: Bramy nieba, Bożnice murowane na ziemiach dawnej Rzeczypospolitej (Portes du Paradis, les synagogues en briques sur les terres de l'ancienne République polonaise); . Polski Instytut Studiów nad Sztuką Świata i Muzeum Historii Żydów Polskich POLIN (Institut polonais d'études sur les arts du monde et le Musée de l'histoire des Juifs de Pologne POLIN); Varsovie; 2017; pages: 463 à 467; .
À côté de la synagogue, sur la même propriété, se trouvait une maison de prière et un ‘’mikvé’’ (bain rituel): Fundacja Ochrony Dziedzictwa Żydowskiego (Fondation pour la préservation du patrimoine juif); réf: W.KŻ.-II-2015/0; Wyszogród.
Architecture Le bâtiment de la synagogue, orienté vers l’est, est construit au bord d'un haut escarpement de la Vistule. La salle principale est précédée à l'ouest d'un vestibule, et encadrée au premier étage par une galerie réservée aux femmes. L'ensemble est couvert d'un toit en croupe à deux niveaux, recouvert de tôle. Le long des murs latéraux, se trouvent des annexes basses, servant probablement de vestibule pour les femmes, recouvertes de toits en appentis, qui masquent en grande partie les fenêtres latérales de la salle principale. Dans les coins adjacents au vestibule, il y a deux annexes surélevées abritant les escaliers menant au premier étage.
Les façades sont divisées en deux niveaux, correspondant à l’agencement intérieure des pièces : le niveau bas, en bossage, d'une hauteur correspondant au vestibule et aux salles latérales réservées aux femmes, et le niveau supérieur, divisé sur les murs pignons par des paires de pilastres en trois travées, et sur les murs latéraux par des pilastres simples en quatre travées (trois travées du hall et une pour la galerie des femmes.
La salle principale, de plan approximativement carré, mesure environ 16,0 x 14,5 m de mur à mur, avec son axe le plus long perpendiculaire à l'axe principal du bâtiment. La salle est en contrebas par rapport au niveau du sol du vestibule. Sa hauteur est d'environ . Au centre de la salle se dressent quatre hauts piliers de section carrée, ornés de pilastres. Entre ces piliers et les pilastres muraux correspondants s'étendent des voûtes divisant le plafond de la salle en neuf travées. La voûte centrale est une voûte d'ogive, les autres des voûtes d'arêtes.
L’Arche Sainte probablement aussi l'œuvre de l’architecte de la synagogue, est construit en 1810. Monté sur corbeaux, large de , elle occupe toute la travée centrale du mur oriental et représente le fronton d'un temple imaginaire de Jérusalem. L'arche est divisée en deux niveaux par une frise horizontale ajourée, chacun de ces niveaux étant à son tour divisé en niches par des colonnes blanches. Le niveau inférieur de l'arche se compose d'une colonnade à cinq travées, les colonnes étant disposées par paires et reliées par des arcades. Dans les niches semi-circulaires formées par ces arcades, se trouvent, sur un fond de végétation fantastique, les figures des quatre animaux symbolisant les qualités caractéristiques du Juif : un lion, un cerf, un aigle et un léopardPirkei Avot (5, 20): « Sois hardi comme le léopard, léger comme l’aigle, vif comme le cerf et puissant comme le lion, pour accomplir la volonté de ton Père qui réside dans les cieux. », et au-dessus d’eux les instruments de musique des Lévites tels que mentionnés dans le livre des Psaumes, avec les citations correspondantes (Psaumes, 103), ainsi que des objets de culte parmi ceux mentionnés dans le Temple de Jérusalem. Dans la partie centrale, un peu plus large et en saillie vers l'avant, se trouve une armoire à volute destinée aux rouleaux de Torah, et des travées avec deux rangées de niches : dans la partie inférieure, des ornements végétaux avec des animaux, dans la partie supérieure des instruments de musique. L'étage supérieur est composé de trois travées divisées par des colonnes simples. Á ses extrémités se trouvent de magnifiques petites figures sculptées sur des thèmes bibliques ou légendaires, tels que : les animaux entrant dans l'arche de Noé, l'arbre de la connaissance (symbole du Paradis), le « Taureau et le Léviathan ». Au-dessus de cet étage, au centre près du plafond, se trouvent deux lions tenant la couronne sacerdotale, chacun d’eux étant fixé séparément entre deux colonnes de cet étage.
Cette Arche Sainte de style rococo, par son ornementation figurative et par ses nombreuses inscriptions en hébreu diffère de la très grande majorité des arches que l'on pouvait trouvées dans les synagogues de Pologne. Parmi les nombreuses inscriptions, on peut citer: « David et toute la maison d'Israël firent monter l'arche de l'Eternel avec des cris de joie et au son des trompettes2 Samuel 6:15 ». Sur la couronne de la Torah, on peut lire : « Les préceptes de l’Éternel sont droits : ils réjouissent le cœurPsaume 19:9 ». Et à côté de la couronne sacerdotale : « Voici comment vous bénirez les enfants d’IsraëlLes Nombres 6:23 » et « Il convient de garder le silence au moment de la prière ». Dans la grande niche centrale de l’étage inférieur se trouve la porte de l’Arche, et au-dessus d’elle un linteau ornemental formant une belle composition héraldique d’oiseaux (huppes) ; au-dessus de cette plaque, l’inscription : « Puis tu feras deux chérubins d’orL'Exode 25:18 ». La bimah est située sur un podium octogonal entouré d'une balustrade en bois, accessible par cinq marches. De grandes fresques représentant la vie de la communauté, recouvrent les murs latéraux.
Dans le grand hall d'entrée, sur trois côtés, des escaliers en colimaçon mènent à la partie réservée aux femmes de la synagogue. À proximité, il y a de petites pièces pour ceux qui viennent prier tôt. Dans le hall d'entrée central, on pouvait encore voir avant la Seconde Guerre mondiale la chaîne du pilori, la kuna, où les condamnés étaient autrefois exposés à la honte publique.
La légende L’écrivain et journaliste Nahum Sokolow né à Wyszogród parle de la synagogue dans son livre inachevé sur la vie juive en Pologne « Napoléon du Ghetto »: Selon la légende, les Juifs auraient apporté une quantité de pierres locales (c’est-à-dire les vestiges du château en ruines des ducs de Mazovie, que les Prussiens vendirent aux Juifs de Wyszogród en 1798) et auraient érigé avec une partie d’entre elles la belle synagogue de leur ville, transformant ainsi les pierres de Casimir le Grand, l’ami des Juifs, en synagogue juive – cette même synagogue avec le balcon pour les enfants… (c’est-à-dire la partie du bâtiment qui ornait l’intérieur de la maison le long de son mur ouest), la synagogue au sujet de laquelle la légende raconte – comme pour plusieurs autres – que son constructeur, ayant achevé son œuvre, tomba raide mort, de peur de pouvoir révéler le secret de son art de la construction. La synagogue possède un dôme voûté, et à son sommet, au milieu, se trouve une girouette.
Références et bibliographie
: David Dawidowicz: The Vishogrod Synagogue; site: jewishgen.org : Synagoga w Wyszogrodzie (ul. Wiślana 3); site: sztetl.org
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