L'encéphalopathie liée au VIH, également appelée complexe démentiel du SIDA, démence liée au VIH, HAND ou encéphalopathie à VIH est une complication neurologique grave associée à l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine et à l'état du syndrome d'immunodéficience acquise qu'il cause.
Elle résulte de l’atteinte directe et indirecte du système nerveux central par le virus, entraînant des troubles neurocognitifs, moteurs et comportementaux.
Physiopathologie Le VIH pénètre dans le système nerveux central dès les premiers stades de l’infection. Il infecte principalement les cellules immunitaires du cerveau (microglie et macrophages), provoquant :
une inflammation chronique, une libération de substances neurotoxiques, une altération des connexions neuronales, une dégénérescence progressive du tissu cérébral.
Lorsque l'infection au VIH est non traitée, elle conduit au syndrome d’immunodéficience acquise, qui affecte diverses parties du corps (dont le système nerveux) et le rend vulnérable aux maladies opportunistes.
Stades de l'infection
Stade 0 (individu sain) : pas de symptômes psychiatriques et neurologiques. Stade 0,5 : troubles de l'attention et de la mémoire, ralentissement des mouvements des mains et des jambes. Stade 1 : dysfonctionnement de la mémoire et de l'attention, bradykinésie visible. Stade 2 : dépression, difficultés pour la marche, la personne ne peut plus travailler ou faire des activités physiques. Stade 3 : démence, perte d'autonomie, hallucinations, ataxie et bradykinésie, incapacité de marcher, délires. Stage 4 (terminal) : coma, état végétatif, risques d'infections et de cancers opportunistes dus au SIDA, risques de pneumonie d'aspiration, d'escarres et de dénutrition.
Symptômes Les symptômes apparaissent de façon progressive et s'aggravent avec le temps.
Les troubles cognitifs se caractérisent principalement par des troubles de la mémoire (principalement la mémoire a court terme), des difficultés d'apprentissage, un ralentissement de la réflexion et de la pensée, des troubles de la concentration et de l'attention, des convulsions fréquentes et une difficulté progressive à planifier des tâches.
Les troubles moteurs sont liés à la coordination (ataxie, perte d'équilibre), troubles de la marche et des mouvements, tremblements et maladresse, une lenteur des mouvements.
Les troubles psychiatriques sont : une apathie (perte de motivation), des délires, des hallucinations, une aboulie, des comportements dépressifs, de l'irritabilité, de la paranoïa et des changements de personnalité.
La perte progressive d'autonomie peut éventuellement déboucher sur une démence neurodégénérativequi cause des complications graves (pneumonie d’aspiration, état végétatif pouvant mener à un coma, infections opportunistes, dénutrition, escarres).
La maladie est difficile à diagnostiquer dans les stages précoces ce qui la rend particulièrement dangereuse car non traitée, elle mène toujours à la mort.
Traitements Grâce aux traitements afin de ralentir la progression de la maladie, l'encéphalopathie à VIH est aujourd'hui plus rare (2 à 10 % des malades en 2026 contre 50 % en 2000).
La maladie reste fréquente en Afrique et en Asie.
La thérapie antirétrovirale peut arrêter la progression de la maladie si elle est prise en charge dans ses premiers stades. En revanche, une fois les symptômes neurologiques graves apparus, la maladie est souvent irréversible.
Notes et références
Liens externes
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