Monique de l’Odéon née Eugénie Marie Andrée Valois le à Haudivillers et décédée le à Anglet est une résistance, déportée et femme de lettre française.

Elle s'installe à Paris à 15 ans pour y travailler dans le milieu de l'hôtellerie. Pendant l'Occupation, elle prend la direction d'un restaurant, le Celtic, où se réunit régulièrement un groupe de résistants parmi lesquels Jacques Delmas (Chaban). Elle entre alors en résistance au sein du groupe Action Armada et devient Monique de l'Odéon. Arrêtée en à la suite d'une dénonciation, elle est emprisonnée puis déportée en à Ravensbruck puis à Neubrandenburg. Libérée en , elle rentre en France pour se soigner et reprend une activité tout en s'occupant bénévolement d'un bureau de bienfaisance dans le IV e arrondissement. Elle sera par la suite chargée des relations sociales auprès de Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre.

Elle a écrit plusieurs ouvrages comme « Les Racines de la liberté » et « Une vie après les camps ». Grand officier de la Légion d'honneur, elle a été élevée à la dignité de grand-croix dans l'ordre national du Mérite.

Biographie

Fille de Marie Andrée Deparis et de Joseph Maxime Nicolas Valois, cultivateur et combattant de la Première Guerre mondiale, Eugénie Valois naît à Haudivillers en . Elle est la sœur du Raymond Valois, résistant mort pour la France en déportation. A quinze ans, elle quitte son village pour travailler dans le milieu de l’hôtellerie et s’installe avenue de La Bourdonnais dans le arrondissement de Paris, chez une cousine gérante du Moulin du Berry. Le , en apercevant les Nazis marcher en vainqueur sur les Champs-Elysées, elle décide de répondre à l’appel du Général de Gaulle et d’entrer en résistance. vignette|Jacques Chaban-Delmas, Président de l'Assemblée nationale, élève Monique de l'Odéon à la dignité d'officier de la Légion d'Honneur le 17 mars 1966. Alors qu’elle travaille à l’hôtel Claridge sur les Champs Elysées, elle aide un garçon qui venait de recevoir sa convocation au Service du Travail Obligatoire. Celui-ci vient la revoir la semaine suivante pour lui annoncer qu’il va acheter le restaurant Le Celtic, 5 rue de l’Ancien Comédie et lui propose de prendre la direction de cet établissement. Initiée par les résistants qui se rassemblent au Celtic, Eugénie Valois devient Monique de l’Odéon et entre en résistance au sein du groupe action Armada. Ce groupe mène des actions de renseignements mais surtout de sabotage (trains, usines, font sauter des transformateurs électriques, coupent des lignes à haute tension…), ils tuent des miliciens et leurs collaborateurs. Par ce groupe transitaient argent, armes avec pour ordre « Action immédiate de sabotage »

A la suite d’une lettre de dénonciation d’un des employés du Celtic en , elle et ses acolytes tombent dans un piège : une invitation à déjeuner par une certaine Nadia. Monique est arrêtée à Fresnes et torturée par la Gestapo. Elle ne reconnaît aucun fait de résistance et justifie les soupçons portés sur elle par une participation au marché noir.

En , Eugénie Valois est déportée à Ravensbrück puis Nenbrandenburg. Enregistrée sous le numéro 47355, elle est stérilisée. En 1945, elle s'enfuit lors des Marches de la mort et rencontrent des prisonniers français qui l'aide à rejoindre les Américains.

Après s'être occupée bénévolement d'un bureau de bienfaisance dans le IV arrondissement, elle est chargée des relations sociales auprès de Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre. Elle a ensuite écrit plusieurs ouvrages tels Les racines de la liberté, Une vie après les camps et Ceux qui n'ont pas eu vingt ans.

« Pour elle, oublier, c'est s'exposer au risque de retomber dans les griffes du mal, indique Thierry Terrier. Ce livre est comme un testament à transmettre aux générations futures. »

Elle a aujourd'hui donné son nom à la salle polyvalente de son village natal.

Distinctions

vignette|François Mitterrand élève Monique de l'Odéon à la dignité de Grand-Officier de la Légion d'Honneur.

Notes et références

Catégorie:Déporté à Ravensbrück