vignette|Colin Farrell, acteur irlandais.
Aux États-Unis, l'expression « Black Irish » a d'abord été utilisée au pour désigner de manière péjorative les réfugiés irlandais de la Grande Famine. Elle a ensuite évolué pour désigner les personnes d'origine irlandaise ayant les cheveux noirs ou foncés, les yeux bleus ou foncés, ou un teint foncé en général..
L'usage le plus courant du terme « Black Irish » est lié au mythe selon lequel ils descendraient de marins espagnols ayant fait naufrage lors de l'Armada espagnole de 1588. Cependant, aucune recherche anthropologique, historique ou génétique ne corrobore cette hypothèse.
Deux études génétiques menées dans les années 2010 n'ont révélé que très peu, voire aucune trace d'origine espagnole dans l'ADN irlandais, ce qui a conduit le généticien des populations Dan Bradley, du Trinity College de Dublin, à réfuter le mythe de l'origine espagnole..
Origines du terme Selon une étude menée en 2022 par la professeure Mary M. Burke de l'Université du Connecticut, l'expression « Black Irish » serait apparue aux États-Unis dès les années 1830, avant de se répandre dans les années 1840 dans le sillage de la Grande Famine. Elle désignait alors les immigrants irlandais fuyant cette catastrophe et fonctionnait comme un marqueur d'exclusion, visant à tenir ces nouveaux arrivants à l'écart de la société blanche américaine.
L'universitaire Christopher Dowd décrit d'ailleurs cette identité comme une construction littéraire délibérément « mise en scène » par les auteurs irlando-américains de l'époque, tels que : F. Scott Fitzgerald, James T. Farrell, Margaret Mitchell et Robert E. Howard Accessed 7 Dec. 2023.. Ces auteurs se sont appropriés l'identité irlandaise de la même manière que tous les auteurs américains d'origine irlandaise ont contribué à façonner et à diffuser le mythe du « Black Irish » dans leurs écrits, en projetant certains traits sur une communauté irlandaise largement fantasmée. Ce faisant, ils ont opéré une transformation sémantique notable : l'expression, initialement chargée d'une connotation de infériorité raciale, s'est mue en marqueur ethnique. Elle en est venue à désigner une frange de la population irlandaise — reconnaissable à sa chevelure sombre — réputée pour son tempérament mélancolique et sa propension à la tristesse.
Mythe des origines de l'Armada espagnole L'un des mythes fondateurs les plus tenaces associés aux « Black Irish » veut qu'une lignée d'Irlandais aux cheveux noirs et au teint mat descende de marins espagnols naufragés lors du désastre de l'Armada espagnol de 1588. En réalité, sur les quelque 5 000 marins espagnols recensés comme ayant fait naufrage au large des côtes irlandaises et écossaises, les rares survivants furent soit assassinés par des irlandais, soit livrés aux troupes anglaises pour être exécutés, soit immédiatement renvoyés en Espagne, et n'eurent donc aucun impact significatif sur le patrimoine génétique irlandais.
En 1912, l'auteur irlandais James Joyce a avancé une version différente du mythe, suggérant dans un article que les habitants de Galway étaient « du vrai type espagnol » en raison de leurs interactions et de leurs échanges commerciaux avec les espagnols à l'époque médiévale.
Au sein de la langue irlandaise La langue irlandaise utilise le mot gorn (littéralement « bleu ») pour décrire les personnes à la peau mélanisée. L'insertion plus récente de duine de dhath ou personne de couleur dans le vocabulaire irlandais a été créée en raison d'associations entre (littéralement « noir ») et le diable et la confusion quant à la description des personnes de couleur comme « bleues » dans une société bilingue.
Références
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