L'antisémitisme sans Juifs est le phénomène d'hostilité envers les Juifs même dans les lieux où la population juive est faible voire inexistante. Parfois, cette hostilité est même plus marquée que dans les lieux où la présence juive est permanente.

Terminologie L’antisémitisme s’est manifesté sous de nouvelles formes à différentes époques. L’antisémitisme d’après-guerre en Europe de l’Est, où la persécution clandestine prédominait sur les attaques directes, a été décrit pour la première fois par Paul Lendvai comme un « antisémitisme sans Juifs » en 1971.

Exemples Corse

Durant l'Entre-deux-guerres en Corse, île française qui ne contenait que peu de Juifs, le magazine nationaliste corse A Muvra véhicula au milieu des années 1930 des écrits antisémites.

Dans certains milieux Corses sous l'influence des fascistes italiens, l'antisémitisme était quasi-systématique à partir de 1936Rainero, R.H. Mussolini e Pétain. Storia dei rapporti tra l’Italia e la Francia di Vichy. Ussme Ed. Roma, 1990..

Un journal catholique corse avait publié un article comme quoi les juifs étaient le peuple deicide et que Dieu les aurait ramené à la réalité et justifiant que les Juifs soient persécutés car ils n'auraient pas reconnus Jésus comme le Messie..

République tchétchène d'Itchkérie Les cercles dirigeants de la République tchétchène d'Itchkérie ont promu l'antisémitisme dans leur politique d'information. L'historien Lema Vakhayev cite un exemple de déclaration antisémite de wahhabites : « Pour avoir une pensée juive, il n'est pas nécessaire d'être juif de sang ni de le devenir en fréquentant la “fille de Sion”. Il suffit d'être hypocrite, lâche et avare… Bientôt, on dira de la Tchétchénie : “Une autre Judée ”. »Вахаев Л. Политические фантазии в современной Чеченской Республике // Чечня и Россия: общества и государства. Сборник материалов к конференции. Вып. 1999.

Un autre exemple en est le discours d'Aslan Maskhadov : « Aujourd'hui, je suis contraint d'admettre que nous sommes victimes d'une idéologie wahhabite qui transforme notre jeunesse en robots et empoisonne sa conscience. Cette idéologie est introduite artificiellement. Elle est introduite et propagée par nos ennemis et les Juifs… » Selon Vakhaïev, cette déclaration reflétait la pensée des séparatistes au pouvoir : « L'antisémitisme est aujourd'hui introduit dans la société tchétchène par l'élite dirigeante, dont une part importante est sous l'influence de fondamentalistes islamistes radicaux. C'est pourquoi, sur la chaîne Kavkaz TV, contrôlée par le mouvement wahhabite, le slogan « Nous sommes sans égal. Nous allons tout balayer. Attendez, Russie, nous arrivons ! » est indissociable du cri « Jérusalem sera à nous ! » » Le journal séparatiste officiel, au sujet du meurtre d'otages anglais par des séparatistes, a déclaré : « Aux yeux du monde civilisé, nous sommes une fois de plus apparus comme des sauvages du Moyen Âge… Les services spéciaux de Russie et d'Israël jubilent aujourd’hui, tout comme tous les ennemis déclarés et cachés de la République tchétchène d'Itchkérie ».

Vassili Likhachev, représentant de la branche russe de la Ligue anti-diffamation, dans son livre :

Georgi Zaalishvili, qui a passé environ un an en captivité en Tchétchénie, a fait remarquer :

Japon

Au Japon, pays où la population juive est quasi inexistante (1 000 personnes sur une population de 127 millions) les sentiments antisémites se sont manifestés par des tentatives de négationnisme . En janvier 1995, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la libération d’Auschwitz , le magazine Marco Polo publia un article contestant la réalité de l’Holocauste. Les protestations qui s’ensuivirent entraînèrent la destitution du rédacteur en chef et la fermeture du magazine The IHR Denounces Campaign Against Japanese Publishing Company; The Journal of Historical Review; mars/avril 1995; volume: 15; numéro: 2; page: 9. Les stéréotypes négatifs sur les Juifs et la littérature antisémite publiée au Japon depuis la seconde moitié des années 1980 sont principalement d’origine européenne.

Bibliographie

Paul Lendvai: Anti-Semitism without Jews: Communist Eastern Europe (1971) Claus Gatterer: Antisemitismus ohne Juden dans Tribüne. Zeitschrift zum Verständnis des Judentums, 1966. Günther B. Ginzel (Hg.): Antisemitismus. Erscheinungsformen der Judenfeindschaft gestern und heute WP, Bielefeld 1991 (en allemand) Manfred Böcker. Antisemitismus ohne Juden. Die zweite Republik, die antirepublikanischen Rechte und die Juden. Spanien 1931 bis 1936, Frankfurt am Main, 2000 (en allemand) Egon Pelikan: Antisemitismus ohne Juden in Slowenien dans Jahrbuch für Antisemitismusforschung'', Band 15, hrsg. von Wolfgang Benz. Metropol, Berlin 2006, , S. 185—199 (en allemand)

Références

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