Berthe É. Monette, née Élisabeth Monette, le à Salaberry-de-Valleyfield et morte le dans la même ville, est une enseignante, directrice d'école et syndicaliste québécoise.
Biographie Enfance et formation Élisabeth Monette est née à Salaberry-de-Valleyfield le ; elle est la deuxième des neuf enfants de Sophronie Laniel et d'Adélard Monette fils, navigateur puis commerçant, échevin et directeur de la Chambre de Commerce de Valleyfield durant quelques années.
Elle fait ses études élémentaires à l'école Sainte-Cécile, puis elle étudie au Pensionnat des Sœurs des Saint-Noms-de-Jésus-et-de-Marie et à l'école normale de Valleyfield qui forme les futures institutrices, où en 1918 elle obtient le diplôme académique accompagné du prix du Prince de Galles|consulté le=2 avril 2026, la plus haute qualification à l'époque.
En 1920, seulement 21,6 % des institutrices détiennent un diplôme d'une école normale; les autres ont reçu un brevet du bureau central des examinateurs après avoir passé un examen de connaissances, ou n'ont simplement aucun brevet. gauche|vignette|320x204px|Goélette transformée en barge, semblable au ‘Zapotec' sur laquelle Berthe É. Monette a passé ses vacances d'été 1918. Durant ses études, elle passe ses étés en famille sur la barge que son père, capitaine, pilote sur le Saint-Laurent et les Grands-Lacs. Son grand-père Adélard père et ses oncles Aimé, Ovida et Josephat sont tous aussi navigateurs sur le fleuve Saint-Laurent.
Enseignement Dès , Berthe É. Monette enseigne aux garçons à l'école Notre-Dame de Bellerive pour ensuite se consacrer, à partir de 1931, à l'éducation des filles à l'école Sainte-Cécile à Valleyfield. Elle en devient directrice en 1938, assumant la double fonction d'enseignante de la classe des finissantes et de directrice de l'école. Elle décide alors d'offrir la possibilité aux filles de poursuivre leurs études en développant et ouvrant une classe de , année, puis une de en 1941 et finalement de et années lors de l'ouverture de l'école supérieure Sainte-Cécile en 1951.
Au moment où l'école Sainte-Cécile ouvre les cours supérieurs (secondaire) et que les garçons y sont intégrés, Berthe É. Monette devient directrice de la section Notre-Dame des Écoles pour les filles et Jean-Marie Léger directeur de la section Christ-Roi pour les garçons. Berthe É. Monette est, à cette époque, la seule directrice laïque d'une école supérieure dans la province en dehors de Montréal.
Elle quitte la direction de l'école en 1959 pour des raisons de santé et cède sa place à Marie-Paule Goyette, qui demeure en poste jusqu'en 1967.
Syndicalisme Berthe É. Monette est, avec Laure Gaudreault, une pionnière de l'organisation syndicale chez les institutrices rurales.
Au moment de sa naissance, en 1901, les conditions de travail et le salaire des institutrices laïques, surtout rurales, sont insuffisants. Des regroupements d'institutrices commencent à s'organiser, tels que l'Association des institutrices catholiques de la province de Québec. Leurs objectifs « de réunir les membres qui la composent, de leur fournir l'occasion de se perfectionner dans l'art de l'enseignement et dans toutes les sciences qui leur sont utiles, d'améliorer leur condition sociale et de s'encourager mutuellement » ne concernent toutefois pas directement leur salaire.
C'est en 1924 que La Loi des syndicats professionnels est sanctionnée. Elle autorise la formation d'associations de salariées et de salariés pour la négociation de conventions collectives avec les employeurs et permet à François Cloutier alors enseignant à l'École normale Jacques-Cartier, de fonder et diriger, en , l'Association des écoles rurales catholiques de la province de Québec dont « le but principal [...] est de relever les salaires des instituteurs et des institutrices des écoles rurales et des petites villes. »
En , Berthe É. Monette fonde une filiale de cette association à Valleyfield. Elle participe d'ailleurs au bulletin de l'Association, « La petite école ».
En , elle fait partie, comme conseillère, de la délégation de l'Association des écoles rurales catholiques, avec François Cloutier, auprès du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau afin de demander des octrois du gouvernement pour l'amélioration des salaires des institutrices et instituteurs ruraux. « Les honorables MM. Taschereau et David ont répondu que le gouvernement en intervenant en la matière, briserait les droits d'autonomie des municipalités. »
Les résultats se font attendre et les efforts s'essoufflent en raison de l'éparpillement et de la peur, ainsi que l'entêtement des commissaires qui refusent les demandes salariales.
En 1936, le département de l'Instruction publique décide de hausser à 300$ le salaire minimum annuel des institutrices rurales. Mais à peine quelques mois plus tard, le gouvernement nouvellement élu de Maurice Duplessis le réduit à 250$ par année.
En 1937, Berthe É. Monette répond aussitôt à l'appel de Laure Gaudreault qui vient de fonder la Fédération catholique des institutrices rurales de la province de Québec (F.C.I.R.).
En , la commission scolaire de Salaberry-de-Valleyfield approuve le projet de Berthe É. Monette de fonder une association. Le , l'Association des institutrices de Valleyfield est créée et aussitôt se joint à la Fédération.
Au de à Roberval de la Fédération catholique des institutrices rurales de la province de Québec, Berthe É. Monette est élue présidente du comité de l'enseignement national, puis lors du en 1938, elle est élue vice-présidente de la Fédération et le demeure jusqu'en 1955.
En plus de seconder Laure Gaudreault, elle participe assidûment au bulletin de la Fédération « La Petite Feuille », en rédigeant, entre autres, la chronique « Action nationale à l'école ». Cette rubrique fait suite aux recommandations du Comité de l'Enseignement national lors du congrès de 1938 dont elle est présidente puis secrétaire, qui préconise, l'établissement d'une journée patriotique mensuelle à l'école et de rendre le 24 juin jour férié pour les professeurs et les élèves.
En se tient le premier congrès de l'Association catholique des institutrices de Valleyfield où sont présentes plus de 200 institutrices.
Berthe É. Monette fait partie de la délégation en , auprès du secrétaire de la province, Albiny Paquette, qui réclame un salaire minimum de 300$ par année pour les institutrices.
Le de la F.C.I.R. se tient à Valleyfield du au où sont représentées 48 associations d'institutrices.
De à aura lieu une importante commission d'arbitrage sur le différend entre l'Association catholique des institutrices de Valleyfield et les commissions scolaires du district 14 qui se soldera par une sentence favorable aux institutrices.
Lors de l'union des grandes fédérations enseignantes de 1946 que forment dorénavant la Corporation générale des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec (voir Centrale des syndicats du Québec), Berthe É. Monette est élue conseillère de 1946 à 1953 puis vice-présidente de 1953 à 1955.
En 1951, à Valleyfield, a lieu le de la F.C.I.R et c'est à cette occasion qu'elle reçoit le titre de commandeur de l'Ordre du mérite scolaire ainsi que la médaille d'or du Mérite diocésain de Valleyfield.
En 1952, les associations sont réorganisées sur une base diocésaine plutôt que par district d'inspection et la séparation selon de sexe est abolie. Est alors créée la Fédération des instituteurs et institutrices catholiques – Diocèse de Valleyfield – District 13 dont Berthe É. Monette est élue présidente. Elle regroupe l'Association catholique des institutrices laïques de Valleyfield, l'Association catholique des institutrices du District no 13 Vaudreuil, Soulanges, Syndicat professionnel des instituteurs catholiques ruraux de l'Ouest de la province ainsi que l'Association des professeurs de Salaberry-de-Valleyfield. Il s'agit de l'ancêtre du Syndicat de Champlain affilié à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)|Titre=Fonds Corporation générale des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec (CIC)|Collection=Université Laval - DAUL|Cote=P423-D19.
En , elle se retire de l'action syndicale.
Mort Berthe É. Monette meurt à Salaberry-de-Valleyfield le .
Honneurs / Hommages Le , elle reçoit le titre de commandeur de l'Ordre du mérite scolaire remise en mains propres par le surintendant de l'instruction publique, M. J.-Omer Desaulniers, ainsi que la Médaille d'or du Mérite scolaire diocésain, remise par l'évêque de Valleyfield, Mgr J. A. Langlois. Citoyenne honoraire de Salaberry de Valleyfleld le . École Élisabeth Monette, inaugurée à Salaberry-de-Valleyfield.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Ouvrages Dionne, Pierre. « Analyse historique de la Corporation des enseignants du Québec (1936-1968) ». Thèse de maîtrise, Université Laval, 1969. Centre de documentation et d'archives Yvon Charbonneau. https://documentation.lacsq.org/in/documentViewer.xhtml?id=CSQ_0000013884&locale=fr Giroux, Michel, et Léonce Pelletier. Les souvenirs de Laure Gaudreault - Une chronique du journal L'Enseignement 1966-1967. CEQ. 1996. http://areq.lacsq.org/wp-content/uploads/Les-souvenirs-de-Laure-Gaudreault-Pour-que-vive-sa-m%C3%A9moire-web.pdf. Goyette, Marie-Paule. Berthe E. Monette : enseignante/directrice. Éditions Vaudreuil inc., 2019. Graveline, Pierre. « La naissance du syndicalisme enseignant - 1936-1946 ». Nouvelles CEQ, CSQ, vol. 17, no 2 (1996). https://documentation.lacsq.org/notice?id=h%3A%3A32d3d529-2715-47c7-a786-21eeac9c7f86&locale=fr Thivierge, Marîse. « La syndicalisation des institutrices catholiques, 1900-1959 ». Dans Maîtresses de maisons, maîtresses d'école, Boreal Express. Études d'histoire du Québec. Les Éditions du Boréal Express, 1983. Thivierge, Marîse. « Les institutrices laïques à l'école primaire catholique, au Québec, de 1900 à 1964 ». Université Laval, 1981. Http://hdl.handle.net/20.500.11794/28868. CorpusUL. https://hdl.handle.net/20.500.11794/28868
Articles Bruchési, Jean. « Avis ». Gazette officielle du Québec. Québec official gazette., 6 décembre 1952. Collections de BAnQ. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2358736 C.I.C. « Nos dirigeants ». L'Enseignement, février 1947. CSQ (Centrale des syndicats du Québec). C.I.C. « Onzième congrès de la F.C.I.R. » L'Enseignement (Montréal) V, no 5 (1951). CSQ (Centrale des syndicats du Québec). « Conseil de l'instruction Publique ». Journal de l'instruction publique (Montréal, (Bas-Canada)), Collection de BAnQ, IV, no 11 (1860). https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2640987. D'Arly-Rochefort, Réjane. « Notre troisième congrès provincial ». Notre petit feuille - Bulletin de l'A.C.I.R., 25 août 1939. « Deux absences regrettées ». L'Enseignement, août 1955. Gaudreault, Laure. « Honneurs bien mérités ». L'Institutrice - Bulletin Mensuel de la Fédération C.I.R. 2, no 8 (1951). Université Laval. Fonds de la Corporation des Instituteurs et institutrices catholiques du Québec. La Gazette de Valleyfield. « Association des institutrices approuvée par la commission ». 12 mars 1937. Vol 1 No 43 Édition. https://news.google.com/newspapers?id=ahwcAAAAIBAJ&sjid=8k8EAAAAIBAJ&hl=fr&pg=1708%2C2116033. La Gazette de Valleyfield. « Les institutrices fondent une nouvelle association ». 16 avril 1937. https://news.google.com/newspapers?nid=HygtOXotxAUC&dat=19370416&printsec=frontpage&hl=fr. La Gazette de Valleyfield (Huntingdon). « Beau succès de la journée des institutrices ». 28 octobre 1937. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/5129509. La Gazette de Valleyfield (Valleyfield). « Mlle Berthe-E. Monette élue vice-présidente ». 21 juillet 1938. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/5129548. La gazette Valleyfield-Beauharnois. « À l'école Élisabeth-Monette - inauguration officielle ». 7 mars 1968. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/4758005.