Monika Correa, née vers à Bombay en Inde, est une artiste textile indienne et microbiologiste de formation. En grande partie autodidacte, elle s’est affranchie des contraintes d’une formation académique, ce qui lui a permis d’explorer les possibilités du textile en tant que médium artistique.
Ses créations textiles figurent dans les collections de plusieurs institutions majeures, notamment le Metropolitan Museum of Art, à New York; du Museum of Modern Art (MoMA), à New York; du Minneapolis Institute of Art, à Minneapolis et de la Tate, à Londres.
Biographie
Naissance et éducation Monika Correa naît vers 1938 à Bombay en Inde. Elle obtient une licence en microbiologie au St. Xavier's College de Mumbai en 1958.
Début En 1961, elle épouse l'architecte indien Charles Correa. Le couple a deux enfants, Nakul et Nondita.
En 1962, Monika Correa accompagne son mari lorsqu'il est invité à enseigner au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Au cours de ce voyage, le couple fait escale à Helsinki, en Finlande, où elle découvre les tapis traditionnels Rya et Ryijy qui la marquent profondément. Cette expérience éveille son l'intérêt pour le tissage et la pousse à s'y former.
Par la suite, aux États-Unis, elle a l'occasion de rencontrer Marianne Strengell par l'intermédiaire de György Kepes, peintre et professeur au MIT. Kepes Ancienne directrice du département des textiles de la Cranbrook Academy of Art. Strengell lui enseigne les bases du tissage et lui offre un modèle de métier à tisser lorsqu'elle retourne en Inde.
Carrière Après son retour en Inde en 1963, Monika Correa fait construire un métier à tisser d'après le modèle fourni par Strengell. Celle-ci lui avait également parlé de Nelly Sethna, son ancienne élève installée à Bombay. Sethna envoie alors un jeune tisserand afin de l'aider à équiper du matériel de base.
Centre de services aux tisserands Entre 1964 et 1965, Monika Correa suit une formation de trois mois au Weavers' Service Center (WSC) de Mumbai. Cet institut de recherche, dirigé par Pupul Jayakar et financé par le gouvernement indien. Au WSC, elle rencontre des artistes modernes indiens tels que K.G. Subramanyan et Prabhakar Barwe . À cette époque, Subramanyan travaille sur des sculptures en fibres de laine, qui exercent une influence notable sur Correa.
Commissions À ses débuts, Monika Correa réalise des dhurries (tapis de sol) aux formes simples, composées de rayures et de surfaces unies. Toutefois, peu convaincue par l'idée que ces personnes puissent être foulées, elle décide de détourner ses métiers à tisser manuels en supports de création. Elle s'oriente progressivement vers la réalisation d'œuvres textiles murales, qui mettent en valeur le processus même du tissage.
Un moment décisif dans le parcours de Monika Correa survient en 1966, lorsqu'elle est sollicitée par Pilloo Pochkhanawala pour des tissages dans le cadre du Bombay Arts Festival. Aux côtés de KG Subramanyan et Nelly Sethna, elle y présente deux œuvres, dont l'une intitulée «Original Sin», est réalisée en laine filée à la main.
À la suite de la reconnaissance acquise lors de cet événement, l'essentiel du travail de Monika Correa s'effectue sous forme de commandes exclusives. Parmi ses réalisations figurent des textiles conçus pour le restaurant The Four Seasons imaginé par Philip Johnson, et situé dans le Seagram Building à New York, ainsi que pour la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud à Johannesburg, entre autres.
Expérimentation L'aspect novateur du travail de Monika Correa réside dans la transformation du peigne utilisé pour le tissage. Avec l'aide d'un menuisier, elle en modifie l'extrémité, constituée de limaille de fer enduite de goudron, afin de pouvoir le fixer au cadre en bois du métier à tisser. Le fait de pouvoir le dévisser à volonté lui permet de le libérer selon ses besoins. Elle peut ainsi regrouper les fils de trame puis, en déplaçant légèrement le peigne, les décaler, créant ainsi une impression de mouvement dans le tissage.
Monika Correa considère le tissage comme un art à la fois structuré et fragile. Elle déclare: . Elle applique cette technique à ses tapisseries, développant des œuvres textiles à caractère expérimental.
Œuvres notables
Original Sin (1966, 1972) Banyan Tree (1984) Axis Mundi (1997–99)
Expositions
Expositions individuelles
2019 - Woven à Frieze London, Jhaveri Contemporary 2014 - Échos en fibres: l'art textile de Monika Correa, Pucker Gallery, Boston 2013 - Meandering Warps, Chemould Prescott Road, Mumbai
Expositions collectives
2019 - Taking a Thread for a Walk, Museum of Modern Art, New York 2016 - Retour sur, Sommet artistique de Dhaka, Dhaka 2015 - Approaching Abstraction, Jhaveri Contemporary, Mumbai
Notes et références
Notes
Références
Liens externes
Catégorie:Naissance en 1938 Catégorie:Artiste textile Catégorie:Microbiologiste