Les fortifications de l'aérodrome des Plaines-Villes sont un ensemble militaire situé à cheval sur les communes de Saint-Brieuc et Ploufragan dans les Côtes-d'Armor.
Construit à la fin de années 1930, l'aérodrome des Plaines-Villes est vite réquisitionné par la (armée allemande du Troisième Reich) qui y fait de nombreux aménagements jusqu'à la Libération et l'arrivée des Américains.
Au début de l'Occupation, la zone militaire passe de 75 à près de . De nombreuses expropriations eurent lieu tout autour de la zone, telles que les fermes et les moyennes et grandes demeures. Le site a été transformé pour devenir l'une des bases aériennes les plus importantes de Bretagne. Il est codé par les Allemands « » (Stp Po 01) — point d'appui lourd, et également nommé « » — commandement de l'aérodrome.
Historique Avant la Seconde Guerre mondiale
vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc d'un avion sur une plage.|Une journée d'aviation à l'aérodrome de Cesson au début en 1910. L'aérodrome des Plaines-Villes a été construit à partir de 1937 afin de permettre aux avions de disposer d'une meilleure zone d’atterrissage que le précédent. C'était la plage de Cesson (un quartier de Saint-Brieuc) qui, à marée basse, servait alors d'aérodrome entre 1909 et la fin des années 1930..
Ce nouvel aérodrome, inauguré en 1939, sert principalement à l'aéro-club privé des Côtes-du-Nord, mais est également ouvert à la circulation aérienne publique..
Mi-, l'armée de l'air française réquisitionne le terrain d'aviation pour y implanter un centre de pilotage. L'armée agrandit alors le terrain de .
Contexte et occupation allemande
Le , durant la Seconde Guerre mondiale, la (armée allemande du Troisième Reich) entre dans la ville de Rennes, puis le c'est au tour de Saint-Brieuc.. Le jour même, un petit groupe de soldats arrivent dans le secteur de l'aérodrome, puis des pelotons, avec beaucoup d'équipements, investissent tout le terrain d'aviation et les maisons périphériques qui les intéressaient. Sept chasseurs Messerschmitt Bf 109 atterrissent également sur la piste. L'aérodrome des Plaines-Villes est réquisitionné dans l'après-midi...
Quelque temps après leur arrivée dans la commune de Saint-Brieuc, les Allemands construisent des ouvrages militaires fortifiés sous maîtrise d'ouvrage de l'Organisation Todt, au début de , faisant partie du mur de l'Atlantique, qu'ils nomment sur cinq positions différentes. Les cinq points de fortifications sont l'aérodrome des Plaines-Villes (), la Gare SNCF () ainsi que la pointe de Cesson (). Les positions et sont actuellement non localisées. Wn est l'abréviation de (nid de résistance) et Stp pour (point d'appui lourd). Po signifie le secteur de Pontrieux et les chiffres pour le numéro du secteur ; ils sont donc à suivre d'est en ouest. La plupart de ces infrastructures sont toujours présentes.
Considéré dans un premier temps comme un aérodrome de campagne (appelé par les Allemands), celui-ci est stratégique pour la surveillance des côtes bretonnes et la lutte contre les incursions alliées. Dès les premiers jours de l'Occupation, l'aérodrome sert de base d'attaque pour la bataille d'Angleterre. Par la suite, plusieurs unités célèbres y transitent, notamment la () et la . Les chasseurs Messerschmitt escortent les bombardiers (Heinkel He 111, Junkers Ju 88) qui partaient frapper le sud de l'Angleterre.
La zone militaire a été en chantier permanent durant pratiquement toute l'Occupation. Celle-ci s'est agrandie sur près de . De nombreuses expropriations eurent lieu, notamment dans les secteurs de Château Bily et de Saint-Hervé à Ploufragan. De nombreux hommes (militaires et civils) ont été embauchés pour effectuer des travaux et adapter la zone aux besoins de la . Un taxiway (voies de circulations) et de nombreuses alvéoles de protection en béton ont été construites tout autour de la zone de décollage/atterrissage. Plusieurs baraquements en bois ont été édifiés afin de loger le personnel, ainsi que des hangars en tôles et cuves de bétons pour l'entretien du matériel. Différents blockhaus en béton armé sont également édifiés.
Le , les alliés à Londres reçoivent un document classé secret par des locaux : ..
En , l'aérodrome est considéré comme un point d'appui lourd et un aérodrome de commandement « ».
Le mercredi vers , est attaquée par les avions américains Lockheed P-38 Lightning qui arrivent par la mer.
Après 1944
Le terrain était repris par les autorités françaises le .
Aujourd'hui
Description L'aérodrome La zone de décollage/atterrissage vignette|alt=Photographie aérienne en noir et blanc d'un aérodrome après la Seconde Guerre mondiale.|Vue aérienne de l'aérodrome en 1948, quatre ans après l'occupation allemande. Celle-ci est située au centre de la zone militaire et fait une surface approximative de . Durant l'Occupation, elle est totalement en terre et est aplanie par les Allemands pour une meilleure sécurisation de décollage et d'atterrissage des avions. Cette zone ne dispose pas de piste bien spécifique comme aujourd'hui. Les pilotes pouvaient décoller et atterrir comme bon leur semble sur toute cette zone, à condition qu'elle soit libre et sans autres appareils, véhicules ou personnels à proximité, après avoir reçu l'autorisation du poste de commandement.
Elle a un azimut d'environ (Nord-Nord-Ouest) et une longueur maximum de (du nord au sud). Allant du nord-est au sud-ouest, celle-ci à une longueur de , idem pour l'orientation sud-est/nord-ouest. Pour est/ouest, la longueur est de ..
Cette zone est entourée d'un taxiway et, à certains endroits, de talus de protectionRecherche sur place, attesté par l'utilisateur Kev22, en ..
Les voies de circulations et alvéoles
vignette|alt=Photographie d'un taxiway à l'abandon.|Taxiway des Plaines-Villes en 2013. Durant l'Occupation, la fit construire, tout autour de l'aérodrome, des voies de circulation, appelées plus communément taxiways. Celles-ci sont en gravier, sur lequel sont placées des plaques de béton de sur 6.
La voie principale est circulaire et fait une longueur approximative de . Celle-ci relie de nombreuses alvéoles de protection avec, pour la plupart, des abris de camouflage. Ils permettaient d'y loger des avions et divers matériels.
Un total de pour avions (alvéoles) ont été recensés sur toute la zone militaire de l'aérodrome (trente-deux petits, onze grands et six moyens). Huit d'entre eux sont à l'est, sept au nord-ouest et quatorze au sud-ouest.
La sécurisation
L'aérodrome disposait de nombreux points d'appui . Un total de quinze positions ont été recensées ; quatre lourdes et onze légères.
Les constructions bétonnées Sur les fortifications de ce secteur, plusieurs casemates ont été recensées plus d'autres constructions bétonnées. Le tout se distingue en trois catégories de constructions : (abrégé en St) : sont des casemates dites « permanentes » de type . elles sont les plus imposantes de tout le complexe ; (abrégé en VF) : sont des casemates dites « de campagne renforcée » ; (abrégé en FA ou Fm) : sont des casemates dites « de campagne ».
Un L 408A et quelques 502 ont été construits ; ceux-ci font partie des constructions .De nombreux type ou et différents encuvements pour armes lourdes ont également étés édifiés.
Aucune construction de type a été recensé sur Stp Po 01.
vignette|L'une des du . Un bunker de type St a été recensé. Il s'agit d'un ouvrage spécifique à la servant de centre de transmission et de commandement pour les unités de défense aérienne (). Celui-ci est situé à l'ouest de la zone d'atterrissage, au niveau de la ferme de la Croix Cholin.
Il avait deux missions principales. La première était la coordination des vols : il gérait les décollages et atterrissages des avions sur la piste. La seconde mission était la centralisation des données : il recevait les informations des radars (comme les ou situés plus loin sur la côte) pour alerter les batteries de environnantes. En mission secondaire, celui-ci pouvait servir également d'abris aux soldats en cas de bombardement du site.
Le est un ouvrage robuste conçu pour résister à des bombardements intensifs. La dalle supérieure est recouverte d'une épaisse couche de terre, de gravier et de pelouse afin d'être le moins visible possible par les avions alliés. Il est de type , avec des murs et un toit en béton armé d'une épaisseur de . Il nécessite environ de volume de béton pour sa construction. Ses dimensions au sol sont d'environ . L'intérieur est divisé en plusieurs salles hermétiques pour résister aux attaques au gaz qui sont au nombre de 17..
La salle principale, au centre, est celle de transmission : elle est équipée de centraux téléphoniques et de postes radio longue portée (). Une deuxième salle, tout aussi importante, est la salle de travail (), où les cartes sont mises à jour pour suivre les mouvements des escadrilles alliées. Autour de ces deux pièces, sont placés différents bureaux () avec notamment celui du commandant (), ainsi et qu'une salle de repos et une zone technique. Le dispose de deux entrées protégées en chicane avec des portes blindées étanches aux gaz et des créneaux de défense interne. Après chaque entrée, le dispose de sas anti-gaz réglementaires (), comme la quasi-totalité des constructions « permanentes ». Accolé au bloc principal, un second bloc dispose d'un poste d'observation, d'un vestiaire () et d'une salle téléphonique.
Ce dispose d'un piège anti-intrusion sur l'une de ses entrées. Recouverte d'une trappe métallique amovible que les soldats retiraient depuis l'intérieur en cas d'alerte ou d'attaque imminente du terrain d'aviation, il servait à bloquer un assaillant voulant entrer dans le bunker. En couplage avec le créneau de tir de défense rapprochée (), il était très difficile de pouvoir y entrer.
Un pouvait avoir une capacité de travaillant ensemble et assurer un service continu, souvent (officiers, opérateurs radio, téléphonistes et plantons). Pour la transmission radio, les appareils dont disposait ce type de bunker sont des émetteurs-récepteurs, manipulateurs morse, casques et microphones. Pour le central téléphonique, il disposait de commutateurs à fiches jacks, de téléphones de campagne et de téléscripteurs. Les outils de la salle d'opérations sont la table de traçage (), le système d'interphonie et des horloges de synchronisation. Toutes les informations lui parvenaient de l'extérieur par les câbles téléphoniques (enterrés profondément sous le béton) et par une ou plusieurs antennes radio. Ce dispose d'un conduit vertical en fer traversant la dalle supérieure et menant à la salle principale qui permettait de passer les gros câbles coaxiaux blindés reliant les émetteurs/récepteurs aux antennes extérieures. La zone technique du bunker comprenait un groupe électrogène pour l'autonomie électrique, un système de filtrage d'air et un chauffage central ().
Dans les années 2000, les pompiers de Saint-Brieuc s'y entraînaient pour la lutte contre les incendies, raison pour laquelle, les murs intérieurs sont noir de suie. Aujourd'hui, ce L 408A est à l'abandon proche d'une route mais sur terrain privé.
et
Encuvements pour
Un total de onze points d'appuis légers auraient été construits sur le terrain militaire Stp Po 01. Plusieurs encuvements en béton armé ont été recensés, dont trois types différents.
vignette|alt=|Encuvement pour PaK 38, à la Croix Cholin.