Edgardo Sulis, né en avril 1903 à Villanova Tulo, est un journaliste et écrivain fasciste italien. Biographie
Famille, jeunesse et déboires paternels Edgardo Sulis naît en avril 1903 dans la province de Nuoro, en Sardaigne. Son père, Antonio Sulis, est une figure locale du fascisme à Villanovatulo, où il occupe des fonctions de centurion dans la Milice volontaire pour la sécurité nationale (MVSN). À la fin des années 1920, la famille connaît une ascension sociale rapide, acquérant un patrimoine immobilier composé d'un palazzo dans le village, de terres et d'une vieille maison de campagne dans les collines environnantes. Cependant, cette position est fragilisée au début des années 1930 par des rumeurs de mauvaise gestion financière visant Antonio Sulis, alors secrétaire et caissier de l'Institut de crédit agraire pour la Sardaigne.
En mai 1932, un audit gouvernemental révèle un déficit de 42 000 lires et des preuves de falsification dans les comptes de la banque gérée par son père. Antonio Sulis se suicide le 16 mai 1932, laissant sa femme Assunta, institutrice recourant à une petite pension d'État, et ses deux fils, Edgardo et Italo, lourdement endettés. En réaction, Edgardo et son frère organisent une manifestation de protestation le 21 août 1932, entraînant l'invasion des bureaux communaux de Villanova Tulo. Reconnus coupables de trouble à l'ordre public, les deux frères sont condamnés au confino dans la région du Molise.
L'ascension sociale : journalisme et fascisme Durant sa période de confino, Edgardo Sulis rédige l'ouvrage Imitazione di Mussolini et, après avoir sollicité directement le secrétariat particulier de Mussolini, obtient une remise de peine et rentre d'exil fin 1933.
Installé à Rome, il entame une carrière de journaliste en devenant collaborateur à la revue L'Universale de Berto Ricci ainsi qu'au journal Il Popolo d'Italia et à Augustea. Entre 1934 et 1939, il bénéficie de subventions régulières issues des fonds secrets de Mussolini et du Ministère de la Culture Populaire, totalisant plus de 120 000 lires, destinées à soutenir son activité littéraire et à éponger les dettes familiales. Antibourgeois, révolutionnaire et mussolinien convaincu, il publie en 1936 Mussolini contro il mito di Demos. Dagli « Scritti e discorsi » del Duce, collabore avec Ricci, Icilio Petrone et Diano Brocchi, à l'ouvrage collectif Processo alla borghesia en 1939 puis publie Rivoluzione ideale la même année, ouvrage décrit par le MinCulPop comme « une œuvre stimulante, susceptible de favoriser une discussion animée sur les questions politiques et spirituelles qu'elle traite ».
De la Seconde Guerre mondiale à l'après-guerre Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il tente de publier une revue intitulée Asse: della nuova civiltà affirmant que :« L'Axe n'est pas seulement une relation entre un État et un autre, mais la rencontre de deux Révolutions, totalement hostiles à toutes les autres conceptions de la civilisation contemporaine. C'est là que réside la puissance de l'Axe et la certitude de sa durée ».Cependant, les autorités rejettent le projet. Adhérent par la suite à la République sociale italienne (RSI) et nommé chef du bureau de presse du sous-secrétaire à la présidence du Conseil, Sulis tenta avec Ottavio Dinale, dans une lettre du 27 mars 1945, de convaincre Mussolini de les laisser créer un « Groupe révolutionnaire républicain » « basé sur le troisième postulat de la Déclaration de Vérone » (Socialisation). Le projet ne vit jamais le jour.
Après la chute du régime fasciste en 1945, Sulis poursuit une carrière dans la presse. Entre 1947 et 1948, il participa, avec Dinale et Armando Lodolini, à la rédaction du programme du « Mouvement universaliste » et à la publication de la revue L’Idea universale. Dans les années 1950, il intègre la rédaction de la revue catholique Orizzonti et rallie la Démocratie Chrétienne avant de mourir bien plus tard en 1989.
Publications Imitazione di Mussolini, Milano, Casa Editrice Novecentesca, 1934. Mussolini contro il mito di Demos. Dagli « Scritti e discorsi » del Duce, Milano, Ulrico Hoepli, 1936. Rivoluzione ideale, Firenze, Vallecchi, 1939. Processo alla borghesia (avec Berto Ricci, Icilio Petrone, Roberto Pavese, Diano Brocchi et d’autres), Roma, Edizioni Roma, 1939.
Notes et références
Bibliographie R.J.B. Bosworth, Imitating Mussolini with Advantages: The Case of Edgardo Sulis, European History Quarterly Copyright 2002. SAGE Publications, London, Thousand Oaks, CA and New Delhi, Vol. 32(4), 515–533. R.J.B. Bosworth, Mussolini's Italy. Life Under the Fascist Dictatorship, 1915-1945, Penguin Publishing Group, 2007. Christopher Duggan, Fascist Voices. An Intimate History of Mussolini's Italy, Random House, 2012. Julius Evola, Essais politiques. Idée impériale et Nouvel ordre européen. Économie et critique sociale. Germanisme et nazisme, Pardès, 1988. Angelo Abis, Biografie: Edgardo Sulis. Sardi a Salò: Edgardo Sulis, il portavoce occulto del Duce. Pittore, scrittore e politico non conforme, 2000.
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