vignette|Rouleau de la Wellcome Collection.

Le rouleau magique éthiopien est un objet de protection et de guérison issu de pratiques à la fois religieuses et populaires en Éthiopie. Situé à la frontière entre l'orthodoxie chrétienne et les croyances magiques, il constitue une forme de médecine symbolique fondée sur l'association du texte et de l'image.

Histoire La pratique des rouleaux magiques, qui relève d'un art populaire, est attestée dès le , mais reste longtemps peu étudiée en raison de son caractère hétérodoxe et de son éloignement des formes artistiques reconnues par l'Église orthodoxe éthiopienne.. Peu de rouleaux conservés dans les musées sont antérieurs aux , ce qui ne permet pas de déterminer avec certitude à quand remonte cet usage..

Lors du passage de la mission Dakar-Djibouti en Éthiopie (1932), la moitié des quelque 370 documents collectés sont des rouleaux et amulettes à valeur magico-religieuse.. Une grande partie de la collection du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France sont collectés lors de cette mission. Deborah Lifchitz observe à cette occasion les pratiques liées à la fabrication des rouleaux par les debtera et décrit l'engouement suscité à Gondar par la vente des rouleaux.

En 1979, Jacques Mercier met en évidence l'importance des rouleaux comme point de rencontre entre le savoir savant et la culture populaire et illustre l'interpénétration de ces deux formes de connaissance, incarnée par la figure du debtera.

Anaïs Wion travaille pour sa part sur les collections de manuscrits et rouleaux magiques éthiopiens, à travers l'établissement du Répertoire des collections de manuscrits éthiopiens, et effectue une expertise de la collection de rouleaux du musée national d'Éthiopie..

Fabrication Les rouleaux magiques sont fabriqués par des debtera, des clercs lettrés maîtrisant le guèze et l'amharique, souvent en marge de l'Église, dont les manuels, recueils illustrés de recettes et de prières magiques, sont connus. Leur position intermédiaire leur permet d'articuler le savoir religieux orthodoxe et les pratiques populaires, en répondant aux besoins concrets des individus.

Contenu

vignette|Détail d'un rouleau du .

Le rouleau associe un texte à des images. Le texte, souvent un extrait des Évangiles, une prière ou une formule d'exorcisme, accorde une importance centrale aux noms sacrés (Dieu, anges, démons et esprits), dont la connaissance par le debtera est censée permettre de maîtriser les forces invisibles.

Les images sont figuratives (šeʿel) ou talismaniques (talsam). Les motifs sont centrés sur les yeux en raison de leur rôle apotropaïque. Le haut du rouleau est fréquemment dominé par la figure d'un ange ou d'un saint.

Fonction Les rouleaux magiques ont une fonction à la fois protectrice et curative. Ils visent à éloigner les forces maléfiques, comme les démons ou le mauvais œil, et à traiter certaines affections, en particulier celles liées à des formes de possession ou encore la peur et le point de côté.

Les principaux destinataires des rouleaux sont des malades ou des personnes considérées comme possédées, en majorité des femmes. Anaïs Wion souligne toutefois que les aspects genrés des rouleaux, de leurs prières et de leurs images restent à analyser.

Le rouleau se présente sous la forme de trois bandes étroites de parchemin, issu du cuir d'un capriné, généralement adaptées à la taille du patient. Il est porté enroulé dans un étui comme une amulette, autour du cou, de la taille ou en bandoulière, ou suspendu au-dessus du lit. Si son contenu est conçu spécifiquement pour chaque patient, il est parfois réutilisé, par exemple au recto puis au verso.

Notes et références

Bibliographie . . . . . . . . .

Filmographie Rouleau magique d'Éthiopie, documentaire de Simon Backès, collection Arts du mythe, Procirep, Paris, 2010.

Liens internes Littérature Ge'ez

Liens externes

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