Le Recueil de poèmes yuefu () est une anthologie spécialisée de poèmes chinois lyriques (yuefu) compilés au XIIe siècle par l'anthologiste Guo Maoqian (1041-1099), un lettré de la dynastie Song. Elle est aussi connue sous le nom chinois de Yuefu Shiji (樂府詩集). On voit aussi le titre Recueil de poèmes du Bureau de la musique. Elle va depuis la dynastie Han jusqu’aux Tang et aux Cinq Dynasties et inclut également une partie de chants anciens transmis avant les Han. La première impression est faite via gravure sur bois, méthode typique des Song. C’est l’un des recueils les plus anciens et les plus complets spécialisés dans la poésie yuefu et il est le premier ouvrage consacré à une compilation et une analyse systématiques des poèmes de ce genre poétique. Ces textes chantés ont été rassemblés au fil du temps à partir de diverses sources, à l’origine par le Bureau impérial de la musique (樂府 yuefu).
Une version moderne a été éditée et publiée en 2018 par Zhonghua Shuju. Origine du nom Les poèmes de ce recueil doivent leur nom à l'institution qui gérait la musique, soit le Bureau impérial de la musique qui s'appelait yuefu (乐府), organisme créé sous l’empereur Han Wudi (177 av. J.-C.). Sa tâche concrète était de composer des hymnes pour les sacrifices, des partitions musicales, de la musique pour la cour. Sa tâche était aussi de composer et collecter des paroles de chansons populaires, et de former des talents musicaux. Plus tard, les gens appelèrent les poèmes collectés par ce bureau : « yuefu », ou « poèmes yuefu » ou « chants yuefu ». Ainsi le terme « yuefu » passa du nom d’une institution officielle à un nom de genre poétique chinois. Contenu du recueil Le recueil comprend principalement les chants yuefu des Han, des Wei jusqu’aux Tang et jusqu’aux Cinq DynastiesDonc de 206 av. J.-c. jusqu'à 960 ainsi que des ballades anciennes allant de l’époque pré-Qin jusqu’à la fin des TangDe la période avant 221 av. J.-C. jusqu'à 907.. Les lettrés ont par la suite eux-mêmes écrits des imitations de ces chansons populaires, imitations aussi incluses dans le recueil. Il y a aussi d’importantes imitations des chants de Wu (chants de minuit) faites par des poètes médiévaux de renom tels que Li Bai (701-762)159 poèmes yuefu de Li Bai répartis en 10 grandes catégories et Liu Yuxi (772–842).
Les chants populaires chinois (yuefu) sont très riches en contenu. Ils recueillent des thèmes issus de tous les niveaux de la société, laissant voir que les contradictions de classe entre la classe des propriétaires fonciers et les travailleurs sous la dynastie Han sont extrêmement aiguës, et sous le système féodal, les travailleurs vivent une existence extrêmement misérable. Et les yuefus leur permettent d’exprimer leurs pensées et sentiments. Le contenu de ces poèmes témoigne aussi d’une fusion des traditions musicales des peuples et de la culture des Plaines centrales. Ainsi, les chants de type Qingshang intègrent des éléments des régions de Wu et de Yue, tandis que les chants de fanfare proviennent des musiques des peuples du Nord
Le Recueil de poèmes yuefu reflète l’influence des chants populaires sur la poésie des lettrés ainsi que la relation entre musique et poésie, et pour les pièces portant le même titre, cela met en évidence les relations de continuité entre les musiques des époques antérieures et postérieures.
Structure Le Recueil de poèmes yuefu composé de cent juan (rouleaux) rassemble plus de cinq mille poèmes yuefu qui sont classés en douze catégoriesDont certaines sont encore subdivisées en sous-catégories. ce qui en fait un document ancien important pour l’étude de la poésie yuefu. À l’intérieur des catégories, les poèmes sont classés chronologiquement, les textes anciens (étant des chants anonymes) sont placés en premier suivis de leurs imitations. Le lecteur peut ainsi obtenir une vue d’ensemble du développement spécifique des chants yuefu dans un genre particulier. La paternité des poèmes anciens n’est pas toujours certaine.
L’ouvrage comporte en outre des notices introductives précédant chaque catégorie de poèmes, où sont examinées l’origine et l’évolution des modes musicaux ainsi que les critères de classification et les instruments utilisés lors de leur interprétation. Les douze catégories Chants de temple et d’autel (郊廟歌辭) (12 volumes, # 1 à 12) Chants de banquet et de tir à l’arc (燕射歌辭) (3 volumes, # 13 à 15) Odes portées par le vent (鼓吹曲辭) (5 volumes, # 16 à 20) Odes pour flûte traversière (横吹曲辭) (5 volumes, # 21 à 25) Chants d’harmonie mutuelle (相和歌辭) (18 volumes, # 26 à 43) (avec sous à catégories) Chants de Qing Shang (« Musique pure ») (清商曲辭) (8 volumes, # 44 à 51) (avec sous à catégories) Chants de danse (舞曲歌辭) (5 volumes, # 52 à 56) Chants pour cithare (琴曲歌辭) (4 volumes, comprenant 5 pièces, 9 préludes et 12 performances, # 57 à 60) Chants divers (雜曲歌辭) (18 volumes, # 61 à 78) Chants récents (近代曲辭) (4 volumes, # 79 à 82) Ballades et rimes diverses (雜歌謠辭) (7 volumes, # 83 à 89) Nouveaux poèmes yuefu (新樂府辭) (12 volumes, # 90 à 100)
Poèmes Les trois joyaux du recueil sont La Ballade de Mulan (木兰诗), Le mûrier au bord du chemin (陌上桑) et le Le Paon vole vers le sud-est (孔雀东南飞).
Notes et références Notes
Références
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