vignette|280px|Le serment du jeu de Paume par David - On reconnaît en bas à droite Martin-Dauch, assis les bras croisés sur la poitrine et la tête inclinée.
Joseph Martin-Dauch, né le à Castelnaudary où il est mort le , est un homme politique français, député du tiers état pour la circonscription de Castelnaudary aux états généraux de 1789.
C'est le seul député du tiers état à ne pas prêter le serment du Jeu de paume.
Biographie Le père de Joseph Martin-Dauch était conseiller du roi, lieutenant principal de la sénéchaussée de Lauragais, tout comme l'avait été son propre père. La famille Dauch était propriétaire des domaines des Pesquies (près de Pechbusque) et de Gris (près de Ricaud), dans l'Aude.
Le jeune Joseph Martin-Dauch fit des études à Toulouse. En 1762, il est licencié ès lois. En 1777, il aurait intégré la franc-maçonnerie, initié à l'Orient de Castelnaudary. Propriétaire et légiste, il est choisi en 1789, à l'âge de 48 ans, comme représentant aux états généraux par le Tiers de la sénéchaussée de Castelnaudary-Lauragais, avec Jean-François-César de Guilhermy, procureur du roi à Castelnaudary et seigneur de Labastide-d'Anjou. Fervent royaliste, son mandat était le suivant : .
Serment du Jeu de paume
Le , durant les états généraux de 1789 à Versailles, et alors que les gardes leur ont interdit l'accès à la salle de l'hôtel des Menus-Plaisirs où ils se réunissent habituellement, les députés du tiers état se réfugient dans la salle du Jeu de paume pour continuer leurs travaux. Le député Mounier, , propose que tous les membres présents prêtent le serment solennel . Tous les députés sont invités à venir signer le serment. L'appel se fait par bailliages, sénéchaussées, provinces suivant l'ordre alphabétique.
Martin-Dauch, à l'appel de son nom, s'avance et signe en inscrivant près de son nom : (cette signature est visible et exposée dans une vitrine au musée des Archives nationales). Martin-Dauch est le seul député à s'être opposé au serment., son collègue de Castelnaudary Jean-François-César de Guilhermy (contrairement à ce que raconte Alexandre Maral) ayant quant à lui accepté, sur les conseils du bailli de Flachslanden.
Les historiens ont rapporté les circonstances de cette signature sous différents angles, . Jean Girou, notamment, décrit une grande déclaration de Martin-Dauch avant de signer, un grand tumulte, des menaces et même une tentative de meurtre. Selon le compte rendu des débats, une fois l'ensemble des signatures rassemblées, le député Camus aurait pris la parole pour signaler le fait que la signature de Martin-Dauch était accompagné du terme . Au milieu d'un cri d'indignation, le président de l'Assemblée Bailly aurait demandé alors qu'on entende ses raisons ; Martin-Dauch aurait répondu . L'Assemblée se serait alors limitée à laisser en place le complément à sa signature .
Martin-Dauch aurait reçu le lendemain la visite de Bailly qui essaie de l'amener à une rétractation ; un refus catégorique lui aurait été adressé. Quelques jours après, Martin-Dauch reprend sa place parmi ses collègues et siège jusqu’à la fin de la Constituante, avec toutefois une interruption entre le , date à laquelle il demande et obtient un congé., et le ..
Martin-Dauch étant peu, lui-même, revenu ensuite sur son attitude singulière du , on a pu l'interpréter comme la conséquence de ce . Pour le docteur Marfan, le fait de prêter serment sous réserve de l'approbation du roi conduisait, si le monarque répondait défavorablement à cette sommation, à la désobéissance formelle au souverain. Le peintre David, dans les études de son tableau Le Serment du Jeu de paume qu'il réalise entre 1971 et 1792, représente Martin-Dauch les bras en croix, assis et la tête inclinée sur son torse, à l'extrême-droite de la scène, en totale opposition avec le reste de ses collègues prêtant serment ; il fait écho aux femmes présentes dans Le Serment des Horaces, tableau antérieur du peintre sur un sujet antique similaire.
Le , quand Louis XVI reparaît à l'Assemblée après la fuite de Varennes, tous les députés auraient décidé de rester sur leur banc, assis et la tête couverte de leur chapeau, « attribut de la liberté ». Martin-Dauch, quant à lui, se serait levé seul et aurait ôté son chapeau pour rendre hommage au monarque.
Suite de sa vie politique Il émigre à Coblence quelques jours après la dissolution de l'Assemblée nationale constituante. De retour quelques semaines plus tard en France (apparemment déçu de la frivolité de la cour des Princes réfugiés là-bas), il fait rayer son nom de la liste des émigrés et se retire à Castelnaudary, où il se sent surveillé par le .
Un soir, alors qu’il rentre chez lui, un sans-culotte aurait tenté de l'assassiner. , il part se cacher à Toulouse. , il est arrêté et emprisonné pendant la Terreur. Il échappe à la mort grâce à une erreur d'écriture : on avait inscrit au greffe de la prison le nom « Martin d'Auch » au lieu de « Martin-Dauch ». Le tribunal, sur les instances d'un ami, accorde la liberté à ce Martin inconnu, originaire de la ville d'Auch.
Le , il est en tête des conseillers municipaux de la commune de Rigaud, sur l'arrêté préfectoral qui annonce leur nomination. Il meurt célibataire le ()à l'âge de .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Histoire pour tous de , faisant lui-même référence à l'ouvrage de Marfan, p. 241-244
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Liens externes
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