Wamuyu Gakuru, également connue sous le nom de Cinda Reri, est une combattante pour la liberté kenyane impliquée dans la rébellion Mau Mau contre les forces coloniales britanniques.

Biographie

Orirgines Anna Wamuyu Kabubi naît en 1934. Elle est élevée par Mundu Gakuru et Thigia Gakuru dans un village de Kariuthi, au pied du mont Kenya. Son père est agriculteur de subsistance et sa mère femme au foyer dans la colonie du Kenya, alors sous domination britannique. Gakuru fréquente l'école privée de Goramo et, à l'âge de 16 ans, elle est initiée au mouvement politique anticolonial Gakaara Wa Wanjau.

Contexte historique L’insurrection Mau Mau constituait une réponse directe à la domination coloniale britannique au Kenya, instaurée depuis le XIXᵉ siècle. Le groupe ethnique Kikuyu s’opposait fermement à des projets d'infrastructure coloniaux, notamment la construction d'une voie ferrée vers l’Ouganda qui traversait ses territoires ancestraux.

Pour mater ce soulèvement, les Britanniques ont orchestré une répression d'une extrême violence, marquée par des exécutions massives et l'application de mesures brutales visant à briser la résistance de la communauté Kikuyu.

Les rebelles qui en résultent sont baptisés Mau Mau par les forces britanniques, donnant ainsi son nom au mouvement. Ce dernier rassemblait des membres des groupes ethniques Kikuyu, Embu et Meru du Kenya. L'adhésion au mouvement se fait par une cérémonie de prestation de serment.

Rôle dans le mouvement d'indépendance du Kenya Gakuru milite pour la décolonisation et l'émancipation des femmes. Elle prête serment au Mau Mau en 1948 au sein de l' Union africaine du Kenya (KAU) et s'efforce de recruter des jeunes filles dans le mouvement. Elle prête serment de Batuni en 1951 au village de Goramo, dans la province centrale. Ce serment marque un tournant décisif dans son engagement, car il impliquait de prendre les armes et de s'engager dans la guérilla. Motivée par l'arrestation du combattant pour la liberté Jomo Kenyatta et d'autres en 1952, elle adhère à la conviction que la résistance armée était nécessaire pour chasser les colonialistes.

Après le serment de Batuni, Gakuru est chargée par les dirigeants Mau Mau d'infiltrer les foyers des colons blancs afin de recueillir des renseignements et de localiser des armes cachées. Employée auprès de colons connus uniquement sous les noms de Kihara et Hines, elle participe à des raids réussis menés par les rebelles.

En 1953, l'implication de Gakuru s'intensifie lorsqu'elle participe à un trafic d'armes près de l'aéroport de Nanyuki, faisant la navette entre le camp forestier du mont Kenya et la base opérationnelle des Mau Mau. Son travail, avec un autre rebelle connu sous le nom de Musoka, permet aux rebelles de se procurer un important stock d'armes.

Elle s'engage en 1955 dans le bataillon Hika Hika, également connu sous le nom d'armée du Mont Kenya ou de Mathathi, sous le commandement de Waruhiu Itote, plus connu sous le nom de Général China. Son unité opérait dans les régions de Nyeri, Embu et Meru, au Kenya. Au sein du bataillon, Gakuru se livre notamment à des missions d'espionnage, en se concentrant sur les mouvements de l'armée coloniale et des forces de police coloniales indigènes, et occupe le poste de responsable des rations. Elle est formée au maniement des armes par Mbithi Manyuira, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale.

Héritage Plus tard, Wamuyu Gakuru analyse les faiblesses du mouvement Mau Mau, soulignant notamment le manque d'unité parmi ses dirigeants. Elle critique les chefs autoproclamés, dépourvus de qualités de leadership, qui entravaient la coordination au sein du mouvement. Gakuru met en lumière la marginalisation des femmes, facteur qui affaiblissait l'impact du mouvement. Elle reconnait toutefois sa contribution à l'accélération de la lutte pour l'indépendance du Kenya face au joug colonial. Gakuru plaide pour la reconnaissance de la contribution des Mau Mau à travers des musées et des monuments, afin d'éduquer les jeunes générations à son importance.

Cinéma et mémoire La vie de Wamuyu Gakuru a fait l'objet d'une adaptation cinématographique au Kenya. Elle y est dépeinte comme une figure stratégique de la rébellion, mettant en avant son rôle d'informatrice infiltrée. Le film souligne notamment sa capacité à utiliser ses connaissances linguistiques pour espionner les autorités coloniales avant de rejoindre les combattants armés dans la forêt du mont Kenya. L'actrice Silimicious Wangare prête ses traits à la militante dans cette œuvre qui vise à réhabiliter la mémoire des femmes au sein du mouvement Mau Mau.

Notes et références

Notes

Références

Catégorie:Militante kényane Catégorie:Naissance en 1934