est un film japonais de Hiroshi Shimizu, sorti en 1943.

Synopsis Dans un village atayal du comté de Yilan à Taïwan sous domination japonaise, Sayon, jeune femme autochtone, s'occupe avec énergie de tous les enfants du village, des bébés, de ses cochons et de ses oies. Elle est aussi une gardienne zélée de l'assimilation : elle reprend les enfants du village quand ils parlent leur langue, et félicite un petit garçon d'avoir troqué son prénom autochtone pour celui de Tarō. Sayon, éduquée à la japonaise, ne croit pas aux superstitions entourant le lac sacré dédié à Uttofu et interdit aux femmes. Elle en transgresse l'interdit afin d'aider Saburō, jeune Atayal, à procéder aux relevés nécessaires à l'aménagement d'une rizière. Les anciens du village, avec l'accord des autorités japonaises paternalistes, conviennent d'un sacrifice animal pour apaiser la divinité. Mona, autre jeune Atayal, présenté d'abord comme jaloux de Saburō auprès de Sayon mais amoureux de Namina, est appelé sous les drapeaux pour le front continental au service de l'Empereur. Saburō doit prendre son mal en patience et poursuivre le projet agricole, avant d'être à son tour incorporé dans l'armée impériale. Sayon s'offre à porter ses bagages jusqu'au poste de Taipei. Sur le chemin, en pleine tempête, elle est emportée par une rivière en crue et disparaît. Le film se clôt sur une procession funéraire de tout le village — cochons et oies compris — puis sur une scène où les enfants, au bord du lac, crient le nom de Sayon et écoutent résonner la cloche.

Fiche technique Ces informations proviennent de la fiche Wikipedia japonaise, de la base IMDb. et des bases de données japonaises KINENOTE., EIRIN. et NFAJ..

Titre français : La Cloche de Sayon Titre original : Titre anglais : Sayon’s Bell Réalisation : Hiroshi Shimizu Inspiré de la chanson : La Cloche du Sayon de Yaso Saijo sur une musique de Masao Koga (1941) Scénario : Kihan Nagase, Torashirō Saitō , Hiroshi Ushida Photographie : Suketarō Ikai Direction artistique : Minoru Esaka Son : Yoshisaburō Senoo Musique : Masao Koga Décors : Tsunetarō Inoue Costumes : Kinzō Shibata Montage : Suketarō Ikai, Torashirō Saitō Sociétés de production : Shōchiku Shimogamo (Kyoto), Association cinématographique du Mandchoukouo, Taiwan Governor-General's Office Distribution : Eiga Haikyūsha (映画配給社), circuit Kō-kei / « Rouge » (紅系) Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc — format standard 1,37:1 — 35 mm — son mono Genre : drame Durée : Date de sortie : Japon :

Distribution

Yoshiko Ōtaka : Sayon, une jeune atayal (créditée sous le nom Ri Kōran ou Li Xianglan) : Maître Takeda Kenji Ōyama : Murai, le chef de poste : son épouse Hatsu Shimazaki : Saburō, un jeune atayal Kenzō Nakagawa : Mona, un jeune atayal : Namina, une jeune atayal : le père de Sayon Minoru Nakamura : Tāya

Avec la participation du village aborigène de Sakura (Sakura-bansha, 桜蕃社)

Projections La copie existante est incomplète. Le film a été projeté aux États-Unis en 2015. et 2024 et à Paris, lors de la rétrospective « Hiroshi Shimizu, le passager » à la Cinémathèque française en 2021..

Autour du film Pur produit de la propagande impériale conçu pour mettre en avant la vedette japonaise Ri Kōran, ce film adapte une chanson patriotique à succès elle-même tirée d'un fait divers largement diffusé à l'époque : la mort, en 1938, d'une jeune Taïwanaise autochtone emportée par une rivière en crue lors d'une tempête alors qu'elle accompagnait, dans un élan patriotique, le départ de son instituteur japonais appelé au front continental. Shimizu exécute avec application la commande qui lui est passée — le résultat est traversé d'un chauvinisme marqué — mais livre dans le même temps un regard documentaire rare et précieux sur la Taïwan rurale sous occupation coloniale..

Les intertitres d'ouverture annoncent sans détour sa visée propagandiste — exemple-type du film politique nationale coloniale, le .. "L'île splendide à l'éternel été : Taïwan. Elle est aussi, sous la guerre de la Grande Asie orientale, la base avancée vers le Sud : Taïwan. Sur cette île, les , qu'on avait jadis nommés "peuple hors de la civilisation", ou "sauvages à l'état brut", aujourd'hui baignent pleinement dans la civilisation impériale, et, en tant que sujets du Grand Souverain, combattent au front comme à l'arrière. Ce film, nous le dédions au patriotisme des Takasago devenus sujets impériaux et au zèle dévoué des policiers voués à l'administration des populations aborigènes."

Le film comporte de nombreux chants édités par Nippon Columbia sous sa marque de guerre Sayon no uta (« Le Chant de Sayon »), interprété par Ri Kōran, (Paroles de Yaso Saijō - Musique de Masao Koga) Natsukashi no bansha (« Le Village aborigène qui nous est cher »), interprété par Noboru Kirishima et Shōko Kikuchi, (paroles : Yaso Saijō, musique : Masao Koga) Sayon no kane (« La Cloche de Sayon ») , interprété par Hamako Watanabe, (paroles : Yaso Saijō, musique : Masao Koga) Paroles: "La tempête fait rage au pied de la cime, Le torrent menaçant, le pont de rondins — Qui donc le traverse ? Une gracieuse jeune fille, Aux lèvres vermeilles. Ah, Sayon ! Vers la guerre glorieuse il s'en est allé, Le maître vaillant, tant aimé. Sous le fardeau qu'elle porte, son chant même reste clair, La pluie tombe, tombe. Ah, Sayon ! Dispersée par la tempête, une branche en fleur, Évanouie, douleur, dans la brume de l'eau. Dans la forêt du village aborigène, les oiseaux chantent encore, Mais pourquoi ne revient-elle pas ? Ah, Sayon ! Le cœur pur de la jeune fille — qui, dans ses larmes, pourrait ne pas s'en souvenir ? Sur l'île du sud, au crépuscule profond, La cloche sonne, sonne. Ah, Sayon !" Quelques chants militaires japonais, dont le Chant de l'Armée de Taïwan publié en octobre 1940. (Paroles : service de presse de l'Armée de Taïwan. Musique : . Interprétation : Bonny Jacks) Shimizu accorde une place considérable aux enfants. On les voit courir dans la montagne, suivre Sayon, porter les bébés sur leur dos, chanter à l'école. Il déclarait à leur propos : « Ils sont naturels. Ils respirent l'air. Les films doivent montrer des êtres humains qui respirent l'air »..

Notes et références

Liens externes

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