Eugène Abel Paul Maugain, né le à Nieuil-l'Espoir et mort le au camp de Flossenbürg, est un magistrat et résistant français.
Biographie
Jeunesse et famille Issu d'un milieu provincial, il est le fils d'Eugène Maugain (1855-1925), instituteur et directeur de l'école publique de Civray, et de Marie Pourin (1856-1937). Le , il épouse Jeanne Marie Louise Baudoin à Couture-d'Argenson (79). Son épouse est la fille de Ferdinand Baudoin, juge de paix et maire de la commune, aux convictions républicaines et anticléricales affirmées. À l'instar de son beau-père, Abel Maugain est un franc-maçon engagé. Le couple a deux filles : Suzanne (née en 1914) et Marie-Jeanne (née en 1920).
Carrière dans la magistrature Après des études de droit, il commence sa carrière en 1907 comme juge de paix à Pleumartin. En 1912, il rejoint le tribunal de Chinon en tant que juge, puis devient juge d'instruction l'année suivante. Sa trajectoire professionnelle est interrompue par la Première Guerre mondiale. Mobilisé, il est nommé adjudant en août 1916 et sert aux armées jusqu'en 1917. À son retour, il gravit les échelons de la hiérarchie judiciaire : 1921 : Président du tribunal de Chinon, puis de Tours. 1926 : Vice-président à Orléans. 1930 : Conseiller à la Cour d'appel d'Amiens. 1931 : Intègre la Cour d'appel de Poitiers, où il achève sa carrière en tant que président de chambre. C’est durant cette période qu’il est décoré de la Légion d'honneur, le .
Engagement et Résistance Sous le Régime de Vichy, sa qualité de franc-maçon lui vaut d'être frappé par la politique répressive de l'État français. En vertu de la loi du 11 août 1941, il est déclaré « démissionnaire d'office » le et révoqué de la magistrature. Il s'engage alors dans la clandestinité au sein du réseau de résistance intérieure française (RIF) Libération-Nord. Suite à l'arrestation et à la torture de son chef de réseau, Abel Maugain se sait traqué. Refusant de fuir vers l'Espagne pour protéger sa famille, il se cache à Paris.
Arrestation et déportation Abel Maugain est arrêté le à Orléans. D'abord interné au camp de Compiègne-Royallieu, il est déporté le vers le camp de Buchenwald (matricule 41 348). Transféré à Flossenbürg, il est affecté au Kommando de Flöha, où les détenus sont soumis au travail forcé pour la construction de fuselages de chasseurs Messerschmitt Bf 109. Mort Sa fin tragique est rapportée par un codétenu : un jour, en balayant sa baraque, Abel brise accidentellement une vitre. En guise de sanction, le chef de baraquement (un geôlier français) l'oblige à dormir sous la vitre brisée. Fragile des bronches et exposé au froid glacial, il tombe malade et s'éteint à l'infirmerie du camp le , à l'âge de 63 ans. Distinctions et reconnaissance
(1937).
Reconnu « Mort pour la France » et « Mort en déportation » (arrêté du 26 janvier 1995).
Hommages et postérité Abel Maugain est inhumé au cimetière communal de Civray (86).
Son nom figure sur : Le monument aux Morts de Couture-d'Argenson. Le Mémorial du Grand Orient de France (Paris 9e). Le Livre Mémorial des Déportés de France.
Notes et références
Liens externes
Cimetières du Mellois - Sépulture à Civray.
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