est un genre fossile de dinosaures théropodes du clade des Ornithomimosauria. Découvert au Niger dans la formation d'Elrhaz, du Crétacé inférieur, il est connu à partir d’un squelette partiel comprenant des vertèbres caudales, des os du membre postérieur et quelques fragments de côtes. Même si les restes sont incomplets, Afromimus est devenu important pour l’étude des théropodes africains du Crétacé inférieur. On n'en connait qu'une espèce, son espèce type .
Historique
Le genre Afromimus et l'espèce Afromimus tenerensis sont décrits en 2017 par le paléontologue américain Paul Sereno (1957-).
Fossiles Selon Paleobiology Database en 2026, ce genre Afromimus a une seule collection référencée de fossiles, de l'Albien du Crétacé inférieur, c'est-à-dire datant de .
Étymologie Son nom signifie littéralement « imitateur africain », en référence à l’interprétation initiale de l’animal comme un ornithomimosaurien. Plus tard, plusieurs analyses ont suggéré qu'il appartenait plutôt aux abélisauroïdes, un groupe de théropodes carnivores surtout connu du Gondwana.
Découverte Le spécimen type dAfromimus a été découvert en 1997 dans la localité de Gadoufaoua, au sein de la formation d’Elrhaz, dans le désert du Ténéré au Niger. Il est conservé sous le numéro MNBH GAD112 au Musée National Boubou Hama à Niamey. Ce fossile a ensuite été décrit scientifiquement en par Paul Sereno, qui a établi le genre Afromimus et l’espèce Afromimus tenerensis.
La découverte a d’abord été interprétée comme celle d’un ornithomimosaurien africain, ce qui était très remarquable, car ces dinosaures sont mieux connus en Amérique du Nord et en Asie. Cependant, des réévaluations ultérieures ont proposé une interprétation différente, en plaçant Afromimus parmi les abélisauroïdes, et plus précisément possiblement au sein des Noasauridae. Cette évolution des hypothèses montre bien la difficulté d’interpréter des fossiles fragmentaires.
Classification Lors de sa description, Afromimus a été attribué aux Ornithomimosauria, en raison de certains caractères des vertèbres caudales et des membres postérieurs. Cette interprétation était surprenante, car elle impliquait la présence d’un groupe de théropodes très dérivés dans l’Afrique du Crétacé inférieur.
Afin de tester rigoureusement les affinités d'Afromimus, les chercheurs l'ont intégré à trois jeux de données phylogénétiques : deux englobant les théropodes de manière générale, issus des travaux de Carrano et al. (2012) et Choiniere et al. (2012), et un troisième portant spécifiquement sur les Ceratosauria, issu des travaux de Brissón Egli et al. (2016). Les arbres phylogénétiques les plus parcimonieux des deux premières analyses ont permis de classer Afromimus parmi les Ceratosauria, le regroupant avec Masiakasaurus et Majungasaurus dans le premier, et avec Masiakasaurus dans le second. En forçant Afromimus à appartenir aux ornithomimosaures, l'arbre obtenu pour la dernière analyse s'est avéré moins parcimonieux. Enfin, l'ajout d'Afromimus à la matrice centrée sur les Ceratosauria a conduit à son appartenance aux Noasauridae, au sein d'un groupe polytomique (groupe non résolu). Dans cette analyse, l'inclusion d'Afromimus parmi les Ceratosauria est étayée par le tubercule ilio-fibulaire proéminent ; son inclusion parmi les Noasauridae est étayée par l'extrémité inférieure aplatie du tibia et la fusion du processus ascendant de l'astragale avec le péroné. Au vu de ces résultats, Cerroni et ses collègues ont rattaché Afromimus aux Abelisauroidea, avec une position probable au sein des Noasauridae. Cependant, ils l'ont maintenu comme taxon valide en raison du processus postérieur important du chevron et de la couverture étendue de la fosse fibulaire par la crête tibiale du péroné.
Paléoécologie La paléoécologie d'''Afromimus correspond à un environnement continental du Crétacé inférieur, dominé par des plaines alluviales, des rivières et des zones sujettes à des alternances de sécheresse et d’inondation. La formation d’Elrhaz représente un système fluvial très riche, où vivaient de nombreux animux terrestres et semi-aquatiques. Dans cet écosystème, Afromimus occupait probablement une niche de petit ou moyen prédateur terrestre.
Si l’interprétation abélisauroïde est correcte, Afromimus devait être un théropode relativement léger, capable de se déplacer rapidement dans un paysage ouvert. Il aurait pu se nourrir de petits vertébrés, de charognes ou d’animaux de petite taille présents dans les zones riveraines. La morphologie de ses membres postérieurs suggère un animal adapté à la course ou à une locomotion agile, ce qui concorde avec un mode de vie de prédateur opportuniste.
Habitat L’habitat dAfromimus était constitué de plaines inondables tropicales ou subtropicales, sous un climat plus humide que celui du Sahara actuel. Au Crétacé inférieur, le nord du Niger était occupé par un vaste système fluvial avec des marécages, des chenaux et des zones végétalisées. Cet environnement offrait des ressources abondantes à une faune variée, tout en imposant des contraintes liées aux crues saisonnières et aux déplacements d’eau.
Les rivières et les zones humides devaient concentrer une grande partie de la vie animale. Les grands herbivores, les crocodiliens, les poissons et les petits vertébrés s’y côtoyaient, tandis que les théropodes comme Afromimus exploitaient les marges du système. Ce cadre écologique explique pourquoi la formation d’Elrhaz est si riche en fossiles et si importante pour la compréhension des écosystèmes africains du Crétacé.
Paléofaune Parmi les dinosaures herbivores, Nigersaurus taqueti est sans doute le plus célèbre. On retrouve aussi Ouranosaurus nigeriensis et Lurdusaurus arenatus ainsi qu’Elrhazosaurus nigeriensis, des ornithopodes. Suchomimus tenerensis est l’un des carnivores les plus connus. Kryptops palaios est un autre grand théropode, plus fragmentaire mais important pour comprendre la diversité des prédateurs du site. Des restes d’autres théropodes ont également été signalés, ce qui montre que l’écosystème abritait plusieurs niveaux de prédateurs.
Les crocodiliens et autres crocodyliformes occupent une place majeure dans la faune d’Elrhaz. Le plus célèbre est Sarcosuchus imperator. D’autres crocodyliformes sont également présents en raison de la présence de marais et de rivières exceptionnellement nombreux. Laganemys tenerensis'', une tortue aquatique, a été retrouvée dans le site. Les poissons et les formes aquatiques sont également bien représentés, avec des coelacanthes et des dipneustes signalés dans les synthèses de la faune. À cela s’ajoutent des amphibiens, ce qui confirme la forte dépendance de l’écosystème aux milieux d’eau douce.
Voir aussi La liste des genres de dinosaures Liens externes
Bibliographie
Publication originale
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Genre monotypique de théropodes (nom scientifique) Catégorie:Dinosaure d'Afrique Catégorie:Taxon fossile décrit en 2017 Catégorie:Paléontologie au Niger Catégorie:Ornithomimosauria Catégorie:Dinosaure du Crétacé inférieur Catégorie:Taxon fossile décrit par Paul Sereno