Les attaques d' au Mali sont une série d'attaques coordonnées survenues le , pendant la guerre du Mali. Elles sont menées par les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et les rebelles indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA) contre les villes de Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao, Bourem et Kidal.

Contexte

Les attaques de 2026 s'inscrivent dans une suite d'événements liés à la guerre du Mali. Depuis le , Bamako connaissait un embargo sur le carburant, les vivres et les marchandises. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) aurait en effet bloqué certains axes routiers importants du pays.

Déroulement Alliance du GSIM et du FLA Le , les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et les rebelles indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA) lancent une série d'attaques coordonnées sur les villes de Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et KidalMali: jihadistes et indépendantistes touaregs revendiquent des attaques coordonnées contre plusieurs villes du pays, RFI, 26 avril 2026.Célian Macé, Au Mali, jihadistes et indépendantistes lancent une offensive conjointe sans précédent, Libération, 26 avril 2026.Adama Keïta, Benjamin Roger et Anna Sylvestre-Treiner, Au Mali, les djihadistes font vaciller la junte en menant une attaque sans précédent, Le Monde, 26 avril 2026.Au Mali, des attaques coordonnées du Jnim et des rebelles touaregs bousculent la junte, France 24 avec AFP, 25 avril 2026.. Le FLA limite cependant ses actions au nord du paysMali : la junte en sursis ? Parlons-en avec Christophe Boisbouvier, Francis Kpatindé et Wassim Nasr, France 24, 28 avril 2026.. Pour la première fois, les deux groupes, auparavant antagonistes, affichent leur alliance, qualifiée de , contre l'armée malienne.

Selon le journaliste Wassim Nasr : .

Attaques du À Kati, où se situe le camp Soundiata Keïta, la plus importante base militaire du pays, l'attaque débute à l'aube par un attentat kamikaze au véhicule piégé qui détruit la maison et tue le ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara.... Vers 6 heures du matin, des assaillants vêtus d'uniformes maliens entrent en ville avec des motos et quelques pick-up. Le chef de la junte, Assimi Goïta, est exfiltré.

À Bamako, des combats ont lieu dans les rues de la capitale et près de l'aéroport. Les affrontements se seraient calmés dans l'après-midi.

Un hélicoptère de manœuvre et d'assaut Mil Mi-8 du groupe Africa Corps est abattu à Wabaria..

La ville de Kidal est prise par le FLA et le GSIM, à l'exception de la base militaire et de l'aéroport situés au sud de la ville, où les forces maliennes et les Russes de l'Africa Corps se retrouvent assiégées. Des négociations sont menées avec les mercenaires russes, qui auraient demandé l'ouverture d'un corridor de sortie pour se retirer des zones de conflit.

La ville de Gao est prise par les djihadistes et les rebelles, mais les militaires maliens tiennent toujours l'aéroport international de Gao Korogoussou. Les assaillants se seraient retirés de la ville au cours de la nuit.

La ville de Mopti est prise par le GSIM et le FLA qui prennent d'assaut la gendarmerie et le commissariat de police. Bourem est également investie.

Sévaré est attaquée, plusieurs postes militaires sont pris, mais les militaires maliens et les paramilitaires russes restent retranchés dans le camp principal.

En fin de journée, la junte malienne déclare que l'offensive des a été et que . Les GSIM et le FLA proclament quant à eux une .

Le lendemain matin, le FLA et le GSIM lancent un assaut contre le Camp 2 de Kidal, au sud de la villeMali: les combats reprennent à Kidal entre rebelles touareg alliés aux jihadistes face à l'armée, RFI, 26 avril 2026.. Peu après le FLA, annonce avoir obtenu un accord de l'Africa Corps pour obtenir son retrait de KidalAdama Keïta et Morgane Le Cam, Mali : la junte fragilisée après des attaques djihadistes d’une ampleur et d’une coordination inédites, Le Monde, 27 avril 2026... Environ russes sont évacués au cours de la journée, sous escorte du FLA, et conduits vers TessalitMarie Jégo et Morgane Le Cam, Mali : la Russie, alliée défaillante d’une junte menacée par l’offensive djihadiste, Le Monde, 28 avril 2026.. Les soldats maliens restés sur place sont quant à eux faits prisonniers. La ville de Kidal passe alors entièrement sous le contrôle du FLA et du GSIM.. Le journal Libération indique que Célian Macé, La chute de Kidal, un revers cuisant pour la junte malienne, Libération, 26 avril 2026..

Plusieurs autres localités du Nord sont également conquises, dont TessalitAnna Sylvestre-Treiner, Mali : l’embarras de la France face à la crise, Le Monde, 28 avril 2026..

Le même jour des affrontements sont encore signalés à Kati, où selon une source du journal Le Monde, des combattants du GSIM sont . À Sévaré, la situation est confuse selon l'AFP et des coups de feu se font encore entendre.

Suites Le , le GSIM annonce établir un blocus de la capitale malienne : Morgane Le Cam et Adama Keïta, Au Mali, djihadistes et indépendantistes accentuent la pression sur la junte : « A partir d’aujourd’hui, nous bloquons Bamako », Le Monde, 29 avril 2026.Mali: le blocus des jihadistes du Jnim s'installe peu à peu autour de Bamako, RFI, 30 avril 2026.David Baché, Mali: accalmie dans les affrontements, crispation à Bamako sous blocus, RFI, 4 mai 2026.. Le groupe présente cette action comme une mesure de représailles contre la population de la capitale pour avoir des djihadistes. Plusieurs routes sont coupéesMorgane Le Cam et Adama Keïta, Au Mali, les djihadistes veulent étouffer Bamako, Le Monde, 30 avril 2026. et des dizaines de camions sont incendiés dans les jours qui suivent. Certains convois sous escortes militaires parviennent cependant à franchir le blocusDavid Baché, Mali: les jihadistes attaquent des cars et des infrastructures électriques, l'armée poursuit ses opérations, RFI, 12 mai 2026.. Le 16 mai, plus de 700 camions-citernes parviennent ainsi à entrer dans la capitaleDavid Baché, Mali: l'armée multiplie les opérations, avec des succès et des exactions, RFI, 18 mai 2026.. Des scènes de lynchage sont également observées à Bamako, où une dizaine de Peuls ou de personnes suspectées d'être liées aux djihadistes, sont brûlés et dépecés en pleine rue par des habitants.

Pendant ce temps, le FLA poursuit ses opérations dans le Nord du Mali. Entre le 26 et le , il s'empare de Ber et de Léré, dans la région de Tombouctou, ainsi que de Tessit et d'Intahaka, dans la région de Gao. Le FLA mène également une attaque contre le petit camp militaire de Gourma-Rharous. Un porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, annonce le que le retrait des forces russes est à Aguel'hoc et Tessalit, dans la région de Kidal. Il déclare également que .

De son côté, l'armée malienne tente de répliquer en menant des frappes aériennes sur Kidal le Mali : frappes aériennes de l’armée à Kidal, contrôlée par les rebelles touareg ; la France recommande à ses ressortissants de quitter temporairement le pays, Le Monde avec AFP et Reuters, 29 avril 2026..

Le même jour, l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) tente une attaque sur la ville de Ménaka, mais celle-ci est repousséeMali: des détonations entendues à Bamako, la ville de Kidal toujours aux mains du Jnim, RFI, 28 avril 2026.. Au sud-ouest de cette ville, l'armée malienne abandonne également le camp de LabbezangaMali : Assimi Goïta reparaît, les jihadistes menacent d’assiéger Bamako, Libération avec AFP, 28 avril 2026.. Celui-ci est investi par l'EIGS, mais l'armée malienne en reprend le contrôle début mai.

Le , les rebelles du FLA prennent le contrôle du camp militaire de Tessalit qui est abandonné sans combat par les forces russo-maliennesMali: le camp de Tessalit sous le contrôle des rebelles du FLA, RFI, mai 2026... Un convoi militaire quitte également Aguel'hoc le , mais les forces russo-maliennes y maintiennent leur présenceDavid Baché, Mali: combats en vue dans la région de Kidal, durcissement du blocus jihadiste sur Bamako, RFI, 7 mai 2026.. Environ 400 militaires maliens et 100 paramilitaires russes formaient la garnison d'Aguel'hoc avant l'offensive d'avrilBenjamin Roger, Au Mali, la junte et son allié russe perdent du terrain dans le Nord, Le Monde, 4 mai 2026.. Les forces évacuées de Tessalit et d'Agulel'hoc se retirent alors sur la ville d'Anéfis, au sud de la région de Kidal.

Le , le GSIM mène plusieurs attaques contre les chasseurs dozos dans plusieurs localités des régions de Mopti et de Bandiagara, faisant une cinquantaine de morts selon des sources de RFI.

Bilan humain Le bilan des pertes n'est pas connu. Le soir du , la junte n'admet que civils et militaires. Le lendemain, dans la soirée, le chef d’état-major des armées, le général Oumar Diarra, évoque . Une source hospitalière a quant à elle rapporté à l'AFP 23 morts civils et militaires lors des combats qui ont eu lieu aux abords du camp militaire de Kati.

Par ailleurs, un hélicoptère Mi-8AMTSh utilisé par l'Africa Corps a été abattu dans la région de Gao. Selon le blogueur russe Ilya Tumanov, l'équipage et un groupe de tir mobile que l'hélicoptère transportait n'auraient pas survécu.

Selon le FLA, plusieurs dizaines de militaires maliens ont été tués et 200 autres ont été faits prisonniers à KidalDavid Baché, Mali: les rebelles du FLA revendiquent détenir plus de 200 militaires maliens à Kidal, RFI, 14 mai 2026..

Vidéographie Mali : les premières images des attaques de « groupes terroristes » contre plusieurs villes, Le Monde, 25 avril 2026.

Réactions L'Alliance des États du Sahel se montre discrète. Toutefois, des responsables de l’AES annoncent des opérations aériennes conjointes et un soutien sécuritaire coordonné en appui au Mali.

Organisations intergouvernementales : L’Organisation des Nations unies a fermement condamné les attaques au Mali et s’est dite préoccupée par la dégradation de la situation sécuritaire. Elle a appelé à une réaction internationale coordonnée et à un soutien renforcé pour aider les autorités maliennes à lutter contre le terrorisme et stabiliser le pays. : Le bureau du président de la Commission de l'Union africaine Mahamoud Ali Youssouf publie un message disant qu'il « condamne fermement ces actes, qui risquent d'exposer les populations civiles à des dommages importants, et réaffirme l'engagement inébranlable de la Commission en faveur de la promotion de la paix, de la sécurité, de la bonne gouvernance et de la stabilité au Mali ». CEDEAO : La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a fermement condamné les attaques au Mali, qu’elle considère comme une menace pour la paix et la stabilité régionale. Elle a exprimé sa solidarité avec les autorités et le peuple maliens, et a appelé à une mobilisation collective des États membres pour renforcer la lutte contre le terrorisme et sécuriser la région. : Le porte parole de l'UE pour les Affaires étrangères annonce que : et réaffirme la détermination de l'UE .

Pays : L’Algérie a fermement condamné les attaques au Mali et rejeté catégoriquement toutes les formes de terrorisme. Elle a exprimé sa solidarité avec le peuple malien et réaffirmé son soutien aux efforts visant à rétablir la sécurité et la stabilité dans le pays. : Le Bénin a condamné les attaques au Mali et les a qualifiées d’actes terroristes. Il a exprimé sa consternation face à la violence et sa solidarité avec le peuple malien et ses autorités. Il a aussi présenté ses condoléances aux victimes et réaffirmé son soutien au Mali dans cette épreuve. : Le Maroc a fermement condamné les attaques djihadistes au Mali et a également exprimé sa solidarité et son soutien aux autorités maliennes. : La Mauritanie a condamné les attaques au Mali et exprimé sa solidarité avec le pays voisin. Elle a affirmé suivre la situation avec inquiétude et soutenir les efforts pour rétablir la sécurité et la stabilité dans la région.