Une Chefferie de premier degré au Cameroun est une chefferie traditionnelle au Cameroun relevant du plus haut niveau de la hiérarchie des chefferies reconnues par l'État camerounais. Elle appartient à l'organisation administrative et coutumière des collectivités traditionnelles du pays.
Définition et cadre juridique Au Cameroun, les collectivités traditionnelles sont organisées en trois degrés hiérarchisés : chefferies de premier, de deuxième et de troisième degré.
Selon l'article 3 du décret n° 77/245 du 15 juillet 1977, est de premier degré toute chefferie « dont le territoire de compétence recouvre celui d'au moins deux chefferies de 2ème degré », ses limites territoriales n'excédant « pas en principe celles d'un département ».
Le statut des chefferies traditionnelles au Cameroun est principalement régi par le décret n° 77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles. Ce texte fixe la hiérarchie des chefferies, les règles de création, les modalités de désignation des chefs, leurs attributions, ainsi que les sanctions disciplinaires applicables.
Le décret a été modifié et complété par le décret n° 2013/332 du 13 septembre 2013.
Création et désignation Les chefferies de premier degré sont créées par arrêté du Premier ministre, contrairement aux chefferies de deuxième degré créées par le ministre chargé de l'administration territoriale et aux chefferies de troisième degré créées par le préfet.
Les chefs traditionnels sont, en principe, choisis au sein des familles appelées à exercer coutumièrement le commandement traditionnel. En cas de vacance, les notabilités coutumières compétentes sont obligatoirement consultées, et les chefs de premier degré sont désignés par le Premier ministre.
Le ministère camerounais de l'Administration territoriale publie une liste récapitulative des chefferies traditionnelles de premier degré par région, département et arrondissement.
Attributions Sous l'autorité du ministre chargé de l'administration territoriale, les chefs traditionnels ont pour rôle de seconder les autorités administratives dans leur mission d'encadrement des populations. Le décret les qualifie expressément d'« auxiliaires de l'administration ».
À ce titre, ils sont notamment chargés de transmettre à la population les directives des autorités administratives et d'en assurer l'exécution, de concourir au maintien de l'ordre public ainsi qu'au développement économique, social et culturel de leur unité de commandement, et de participer au recouvrement de certains impôts et taxes dans les conditions fixées par la réglementation.
Plusieurs travaux universitaires soulignent toutefois l'ambiguïté de ce statut, situé à l'intersection de la légitimité coutumière et de l'encadrement administratif moderne.
Contrôle administratif et sanctions L'activité des chefs traditionnels fait l'objet d'une appréciation annuelle de l'autorité administrative territorialement compétente.
En cas de faute dans l'exercice de leurs fonctions, d'inefficacité, d'inertie ou d'exactions à l'égard des populations, les chefs traditionnels peuvent faire l'objet de sanctions allant du rappel à l'ordre à la destitution. Effectifs Le ministère de l’Administration territoriale (MINAT) dénombre au Cameroun, en , 80 chefferies de premier degré et 862 chefferies de deuxième degré.
Cette liste comprend notamment des lamidats, des cantons et des chefferies supérieures dans plusieurs régions du pays, comme Tibati, Ngaoundéré, Banyo, Meiganga, Rey Bouba, Garoua, Foumban ou Bafut.
Région Chef-lieu Nombre de chefferies de Nombre de chefferies de Adamaoua Ngaoundéré 6 17 Centre Yaoundé 7 166 Est Bertoua 7 59 Région de l'Extrême-Nord Maroua 19 159 Région du Littoral Douala 11 50 Nord Garoua 5 33 Nord-Ouest Bamenda 5 123 Ouest Bafoussam 11 108 Région du Sud Ebolowa 3 105 Sud-Ouest Buéa 6 42 TOTAL 80 862 Notes et références
Voir aussi Articles connexes Chefferies traditionnelles au Cameroun Chefferie de second degré au Cameroun Chefferie de troisième degré au Cameroun
Bibliographie
Catégorie:Politique au Cameroun Catégorie:Société camerounaise