Mohamed Messaoud Kellou (né le à Mansoura, wilaya de Bordj Bou Arréridj, Algérie, et mort le à Paris) est un diplomate et avocat algérien. Militant du Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre d'indépendance algérienne, il représente le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) au Royaume-Uni puis au Pakistan, avant de mener une longue carrière d'ambassadeur dans six pays au nom de la République algérienne démocratique et populaire. Il appartient à la génération fondatrice de l'Union Générale des Étudiants Musulmans Algériens (UGEMA), qui forma les premières cohortes de diplomates de l'Algérie indépendante.
Jeunesse et formation Né à Mansoura (wilaya de Bordj Bou Arréridj) de Arezki Kellou et Zehoua Kellou, Mohamed Messaoud Kellou poursuit des études de droit aux universités d'Alger et de Montpellier.
Étudiant, il milite au sein du Parti du Peuple Algérien (PPA) et côtoie des figures qui deviendront des acteurs majeurs de la Révolution algérienne, notamment Hafid Kéramane au lycée Albertini de Sétif. À cette époque, Montpellier accueille une importante communauté étudiante algérienne — troisième ville de France pour le nombre d'étudiants musulmans algériens après Paris et AlgerClement Moore Henry, Combat et Solidarité Estudiantins — L'UGEMA (1955-1962), Casbah Éditions, Alger, 2010, .
Il devient président de l'Union Générale des Étudiants Musulmans Algériens (UGEMA), chargé des affaires étrangères.
Engagement au sein du FLN (1954–1962)
L'UGEMA, unité de combat du FLN Fondée le 8 juillet 1955 à Paris, l'UGEMA fut l'une des premières associations légales à représenter les aspirations de la Révolution algérienne. Elle se définit comme « unité de combat » du FLN tout en gardant son autonomie, et fut officiellement dissoute par le gouvernement français le 28 janvier 1958, avant de continuer à opérer en exil.
La revue Mémoria cite Mohamed Messaoud Kellou parmi les membres fondateurs du premier Comité exécutif de l'UGEMA, aux côtés de Lakhdar Brahimi, Lamine Khène, Rédha Malek et Belaïd Abdesselam.
L'historien et ancien dirigeant de l'UGEMA Lamine Khène, témoin direct, le décrit parmi les étudiants algériens « les plus visibles » qui faisaient « leur apprentissage de la diplomatie en tant que représentants du FLN » et, après la création du GPRA, « en tant que chefs de mission diplomatique auprès des pays qui avaient reconnu ce dernier ». Il le cite nominativement aux côtés de Lakhdar Brahimi, Mohammed Harbi et d'autres figures majeures de la Révolution.
Ces étudiants devinrent après l'indépendance les premières cohortes de diplomates, hauts fonctionnaires et cadres de l'Algérie nouvelle.
Représentant du FLN au Royaume-Uni (1957–1961) Après le déclenchement de la guerre d'Algérie le 1 novembre 1954, Mohamed Messaoud Kellou rejoint le Front de Libération Nationale (FLN), introduit dans le mouvement par un oncle paternel, qui sera par la suite assassiné par l'OAS.
Il est nommé représentant du FLN au Royaume-Uni de 1957 à 1961, depuis lequel il mène une intense activité diplomatique en faveur de l'indépendance algérienne.
En octobre 1958, il représente le FLN au congrès du Parti travailliste britannique à Scarborough. Au cours d'une réunion dans un hôtel de la ville, il lance un appel aux délégués travaillistes pour qu'ils accordent leur appui au gouvernement provisoire en exil de Ferhat Abbas.
En janvier 1959, il adresse une lettre officielle au Secrétaire Général du Trades Union Congress (TUC), témoignant de son activité de lobbying auprès des syndicats britanniquesTUC Papers, 292/964.1, Modern Records Centre, Université de Warwick. Cité dans ResearchGate, « Not on the French radar? Situating Algeria in Labour's map of solidarity at the Modern Records Centre (1954–1965) »..
En mars 1961, il se rend à Dublin où il tient une conférence à Trinity College. L'Irlande constitue une cible diplomatique stratégique : ayant elle-même lutté contre l'occupation britannique, elle offre un parallèle naturel avec la cause algérienne face à la France coloniale. L'événement est couvert par le journal algérien El MoudjahidSlimane Hargas, « Ce que l'Algérie doit à la lutte d'indépendance de l'Irlande », Orient XXI, juillet 2022..
Il est également à l'origine de la publication du journal militant Free Algeria, édité en Allemagne par la Fédération de France du FLN.
Des documents le concernant sont conservés aux Archives nationales du Royaume-UniThe National Archives (Kew), réf. 7bf23fa0-90b2-4834-a9c9-8db7a84e4984, discovery.nationalarchives.gov.uk ainsi qu'aux archives de la London School of EconomicsLSE Archives, réf. WIGG/3/38, archives.lse.ac.uk.
Chef de la mission diplomatique du GPRA au Pakistan (1961–1962) En 1961-1962, il est nommé chef de la mission diplomatique du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Pakistan, représentant l'Algérie en guerre auprès d'un pays musulman alliéThe International Who's Who of the Arab World, éd. Sayed Mohamed Mahdi Al-Tajir, 1978, p. 285, ..
Carrière diplomatique après l'indépendance (1962–1988) À l'indépendance de l'Algérie en 1962, il est nommé Directeur des Affaires africaines, asiatiques et sud-américaines au ministère des Affaires étrangères (1962–1963), avant d'entamer une longue carrière d'ambassadeur dans six pays sur trois continents : PaysPériodeSource officielle1963–1964JORADP n° 4, 1964Journal Officiel de la République Algérienne (JORADP), n° 4, 1964, joradp.dz1964–19701970–1975JORADP n° 95, 1970Journal Officiel de la République Algérienne (JORADP), n° 95, 1970, p. 1074, joradp.dz1975–1977Ambassade d'Algérie à PékinListe des anciens ambassadeurs d'Algérie en Chine, embbeijing.mfa.gov.dz1979–1982JORADP n° 98, 1974Journal Officiel de la République Algérienne (JORADP), n° 98, 1974, joradp.dz1982–1984 Il préside la Commission des Affaires Étrangères de 1977 à 1979.
De 1984 à 1988, il occupe le poste de Ministre Plénipotentiaire au ministère des Affaires étrangères à Alger.
Après la diplomatie À partir d'octobre 1988, il exerce comme avocat à la Cour d'Appel, spécialisé en droit international.
Il décède le à Paris (13 arrondissement)Open Archieven (Pays-Bas), réf. ins:29bb74ac-caef-4aa1-c39d-7be98035582c, openarchieven.nl.
Vie personnelle Mohamed Messaoud Kellou épouse en premières noces Annyssa Abdelkader en 1965, avec qui il a trois filles : Maya, Amina et Mouna Kellou. Après le décès d'Annyssa, il se remarie avec Bibia Bentchikou, décédée en 2021. Il a quatre petits-enfants : Camila et Neila (filles de Maya), Maximilian et Constantin (fils de Mouna).
Références
Voir aussi
Articles connexes Guerre d'Algérie Hafid Kéramane Lakhdar Brahimi Ferhat Abbas Organisation armée secrète Bordj Bou Arréridj
Bibliographie
Lamine Khène, « Les étudiants algériens face à la colonisation », El-Massadir, n° 8. Clement Moore Henry, Combat et Solidarité Estudiantins — L'UGEMA (1955-1962), Casbah Éditions, Alger, 2010. The International Who's Who of the Arab World, éd. Sayed Mohamed Mahdi Al-Tajir, 1978, p. 285. Mémoria — La Revue de la Mémoire d'Algérie, Groupe El-Djazair.com, Supplément n° 24, mai 2014.
Liens externes
Document aux National Archives du Royaume-Uni Mohamed Kellou, représentant du FLN à Londres (1961) — YouTube « La bataille et la plume » — L'Expression, 2014
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