vignette|upright|Action de la Compagnie générale des omnibus de Paris en date du . La Compagnie générale des omnibus (CGO) est constituée en 1855 par fusion de plusieurs compagnies de transports urbains parisiens, sur la pression des autorités de l'époque soucieuses d'organiser le transport public de voyageurs à Paris..

À cette époque de rapides évolutions techniques, la CGO expérimenta de nombreuses techniques : l'omnibus, le tramway, l'autobus, le trolleybus, que ce soit en traction hippomobile, à vapeur, à air comprimé, électrique par accumulateurs ou par captage du courant.

Cette société privée, titulaire d'une concession délivrée par la Ville de Paris, est intégrée le à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), et se trouve être ainsi un lointain ancêtre de l'actuelle Régie autonome des transports parisiens (RATP).

Histoire

Les prédécesseurs et la constitution de la CGO En 1662, Blaise Pascal, avec trois associés, initie l'entreprise des , qui comportent huit places et sont décorés aux écussons de la Ville. Mais le service disparaît au bout de quelques années.

En 1826, Stanislas Baudry, un homme d'affaires nantais, met en place un service pour convoyer ses clients du centre-ville de Nantes vers la rue de Richebourg, où se trouvent des bains publics qu'il a créés comme annexe d'une minoterie. Le service est d'abord gratuit, mais il se rend compte que des gens utilisent ce moyen de transport pour leurs déplacements personnels. Il institue alors un accès payant et crée une entreprise spécifique de transport urbain baptisée « La Dame Blanche », s'inspirant du succès de l'opéra-comique de Boieldieu, créé quelques mois auparavant. Il fonde ainsi le premier service français d'omnibus de l'ère contemporaineHistoire des omnibus sur le site « herodote.net »..

Alors que le seul moyen pour se déplacer est le fiacre, en 1828, le préfet de police de Paris Louis-Marie de Belleyme autorisa l'entreprise de Stanislas Baudry, Boitard et Saint-Céran, lEntreprise générale des omnibus (EGO) à exploiter une entreprise de voitures destinées à « transporter à bas prix les habitants de certains points de la ville à d'autres points également fixés et en suivant des itinéraires fixés par la ville », avec au plus dix lignes et cent voitures Les transports parisiens de 1623 à 1828, sur le site ressources.doc.free.fr. Consulté le 9 avril 2012.. La première ligne à itinéraire fixe exploitée allait de la rue de Lancry à la Madeleine et à la Bastille. Elle était desservie par une voiture à chevaux partant tous les quarts d'heure qui pouvait transporter jusqu'à quatorze personnes. L'arrêt était fait à la demande et le prix de la course, 25 cts, demeurait modique.

Entre le 11 avril et le 15 octobre 1828, l'EGO transporta plus de deux millions et demi de voyageursSource : Site de l'AMTUIR : Les transports urbains - 1870 -1890. En 1854, dernière année de fonctionnement de ces compagnies, elles transportèrent 30 millions de voyageursNicholas Papayanis, Les transports à Paris avant le métropolitain, in Le chemin de fer métropolitain à la conquête de Paris (1872-1945), Paris musées, 1997.. vignette|center|upright=2.0|Itinéraire des premières lignes d’omnibus en 1828.

Dès 1829, de nouvelles compagnies s’attaquent au monopole du transport urbain de la Société des Omnibus, établi par le successeur de Stanislas Baudry, Edme Fouquet - Société des Batignollaises, des Gazelles, des Favorites, des Hirondelles, Entreprise des Citadines, des Constantines, des Excellentes, des Béarnaises, des Dames-Réunies, etc. À la fin de l'année 1829, déjà dix entreprises exploitaient un parc de 264 voituresSource René Bellu cité en bibliographie ; leur nombre montera à une trentaine, encombrant progressivement les rues parisiennes. Agréée par la préfecture, chaque entreprise est propriétaire de son itinéraire et choisit le quartier qu'elle veut desservir. L'administration impose les stationnements, les tarifs et les correspondances.

Le Baron Haussmann, préfet de la Seine, soucieux de faciliter la fluidité de la circulation dans Paris et de limiter les effets néfastes de la concurrence entre compagnies qui exploitaient des tracés parfois identiques, favorisant certains quartiers au détriment d'autres,tout en facilitant les déplacements des touristes à l'Exposition universelle de 1855, décide de la fusion des entreprises, qui est effective en 1855. vignette|gauche|Kiosque de la CGO, place de la Concorde, photographié par Charles Marville, vers 1865.

Le monopole des transports de surface dans Paris intra-murosCe monopole ne comprend pas la ligne de chemin de fer américains (tramways hippomobiles) concédée à Alphonse Loubat entre Vincennes et Sèvres (Pont de Sèvres), ainsi que les omnibus spéciaux desservant les gares des grandes compagnies est donc confié à la Compagnie Générale des Omnibus (CGO) pour une durée de trente ans, du au , moyennant une redevance annuelle de , majorée de 1000 francs par omnibus au-delà du . Ce monopole, confirmé par le décret impérial du 22 février 1855, permet enfin une réorganisation rationnelle du réseau, sur la base d'un cahier des charges établi par la ville, prévoyant que l'administration pourrait exiger de la compagnie la mise en service de nouvelles lignes dans la banlieue d'alors.

La même année apparait sa concurrente dans le domaine des voitures de louage, la Compagnie générale des petites voitures.

Aristide Moreau-Chaslon (1800-1869). devient le premier président de la CGO, dont les statuts sont approuvés par l'Empereur le 22 février 1855.

En 1857, la CGO absorbe la compagnie d'Alphonse Loubat, qui exploitait à titre expérimental la première ligne de tramway hippomobile de la capitale, qu'on appelait alors chemin de fer américain.

En 1860, à la suite de la loi du 16 juin 1859 qui annexe à Paris les territoires situés « jusqu'au pied de l'enceinte fortifiée », la concession de la CGO est modifiée pour étendre à ces nouveaux territoires parisiens le transport public. La concession est portée à cinquante ans, et la redevance de stationnement due à la ville augmentée, avec une clause de partage des bénéfices..

Les omnibus vignette|Omnibus CGO à trois chevaux vers 1890, de la ligne D. vignette|Omnibus pour la gare de Lyon, sur le boulevard des Italiens au début du .On y voit l'encombrement de la circulation qui existait déjà. vignette|Omnibus de la ligne E, circulant boulevard Saint-Martin. vignette|Un omnibus pour la place du Châtelet à la porte de Montreuil. Lent, inconfortable et de capacité limitée, il a été avantageusement remplacé par le métro. vignette|La gare de Paris-Saint-Lazare dans les toutes premières années du , avec de nombreux omnibus de la CGO en stationnement vignette|La rue Saint-Lazare au tout début du supportait déjà un important trafic de véhicules de transports en commun : de nombreux omnibus et un tramway à air comprimé de la CGO vignette|Automotrice Mékarski de 1900.

En 1856, la CGO organise un réseau cohérent de 25 lignes d'omnibus, repérées par une lettre de l'alphabet. Elle dispose alors de et de . Sa trentaine de dépôts est répartie dans et hors les murs. Après avoir obtenu sa concession trentenaire, elle rachète le matériel roulant de ses concurrents et engage leurs dont , , , , et . Elle exploite alors 25 lignes.

En 1860, elle utilise 503 omnibus et 6 580 chevaux. En 1869, elle emploie , en 1877 et en 1899.

La CGO met en service en 1855 des omnibus à impériale dont l'accès, particulièrement malaisé se fait par des échelons, puis, en 1878 de lourdes voitures de 40 places à plate-forme arrière et dotées d'un escalier hélicoïdal d'accès à l'impériale, mais dont le poids nécessitait d'être tractées par trois chevaux. En 1889, elle met en service un type de voiture moins lourd, offrant 30 places, également à impériale et tirée par deux chevaux.

En 1883, la CGO exploitait les lignes d'omnibus suivantes : A : Auteuil - Madeleine () via les rues Jean de La Fontaine, Boulainvilliers, Passy, avenues Franklin, Trocadéro, place de l'Alma, avenue Montaigne, avenue des Champs-Élysées, place de la Concorde, rue Royale. B : Trocadéro - Gare de l'Est () via avenue Kléber, rue de Longchamp, rue de Lübeck, rue Boissière, rue Pierre-Charron, rue La Boétie, rue de la Pépinière, rue Saint-Lazare, rue de Châteaudun, rue La Fayette, rue de Chabrol, boulevard de Strasbourg. C : Porte Maillot - Hôtel de Ville () via avenue de la Grande-Armée, Place de l'Étoile, avenue des Champs-Élysées, place de la Concorde, rue de Rivoli, rue Saint-Denis, place du Châtelet, avenue Victoria. D : Ternes - Boulevard des Filles-du-Calvaire () via place des Ternes, rue du Faubourg-Saint-Honoré, rue Royale, Place de la Madeleine, rue Duphot, rue Saint-Honoré, place du Palais-Royal, rue de Rivoli, Rue du Pont-Neuf, rue Baltard, Pointe Saint-Eustache, rue de Turbigo, rue Réaumur, rue de Bretagne, rue des Filles-du-Calvaire, boulevard du Temple. E : Madeleine - Bastille () par les Grands Boulevards : boulevards de la Madeleine, des Capucines, des Italiens, Montmartre, Poissonnière, Bonne-Nouvelle, Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple, des Filles-du-Calvaire, Beaumarchais, Place de la Bastille, Boulevard Bourdon (près du canal Saint-Martin). F : Place Wagram - Bastille () via boulevard Malesherbes, rues Jouffroy, Tocqueville, de Lévis, boulevard des Batignolles, rues Andrieux, de Constantinople, de Rome, Saint-Lazare, place du Havre, rues du Havre, Auber, place de l'Opéra, rue du Quatre-Septembre, place de la Bourse, rues Notre-Dame-des-Victoires, Vide-Gousset, place des Victoires, rues Croix-des-Petits-Champs, Coquillière, Rambuteau, des Francs-Bourgeois, place des Vosges, rue du Pas-de-la-Mule, boulevard Beaumarchais. G : Place des Batignolles - Jardin des Plantes (). H : Clichy - Place de l'Odéon (). I : Place Pigalle - Halle aux Vins (). J : Montmartre (place Jules Joffrin) - Place Saint-Jacques (). K : Gare du Nord - Boulevard Saint-Marcel (). L : La Villette - Place Saint-Sulpice (). M : 276 rue de Belleville - Arts-et-Métiers (). N : 25 rue de Belleville - Louvre (). O : Ménilmontant - Gare Montparnasse (). P : Charonne (149 rue de Bagnolet) - Place d'Italie (). Q : Plaisance (198 rue de Vanves) - Hôtel de Ville (). R : Gare de Lyon - Saint-Philippe-du-Roule (). S : Barrière de Charenton - Place de la République (). T : Gare d'Orléans - Square Montholon (). U : Parc Montsouris (Avenue Reille - Place de la République (). V : Maine (Boulevard de Vaugirard) - Gare du Nord (). X : Vaugirard (rue Blomet) - Gare Saint-Lazare (). Y : Grenelle (Rue du Théâtre) - Porte Saint-Martin (). Z : Grenelle (Rue Mademoiselle) - Bastille (). AB : Passy (Place de Passy) - Place de la Bourse (). AC : Petite-Villette (Rue du Hainaut) - Champs-Élysées (Cours la Reine) (). AD : Place de la République - École militaire (). AE : Forges d'Ivry - Pont Saint-Michel (). AF : Panthéon - Place de Courcelles (). AG : Vaugirard (Porte de Versailles) - Louvre (). AH : Quartier d'Auteuil (Place de l'Embarcadère) - Place Saint-Sulpice) (). AI : Gare Saint-Lazare - Place Saint-Michel) (). AJ : Parc Monceau- Quartier de la Villette (Place de Bitche) ().

Malgré le développement de ses tramways, la CGO exploitait encore en 1889 quarante sept lignes d'omnibus, avec 742 voitures, qui transportèrent En effet, elle avait l'obligation contractuelle de créer une nouvelle ligne d'omnibus à chaque fois qu'une ligne de tramway supprimait une ligne d'omnibus. Par ailleurs, l'administration refusait l'installation de rails de tramways sur certaines artères prestigieuses (Champs-Élysées, avenue de l'Opéra et Grands Boulevards entre la Madeleine et la République), et les lignes d'omnibus qui suivaient ces itinéraires assuraient un service très intense.

Elle fait partie des dix premières capitalisations dès 1891, à la Bourse de Paris, où les sociétés de services (banque, transport, distribution de gaz ou d'électricité) sont dominantes.