Louis Armand Chapelier est un botaniste et un voyageur-naturaliste français, né en 1778 et mort à Madagascar le .
Biographie Peu d'informations sont connus sur les origines de Louis Armand Chapelier.
Il est cité une première fois comme jeune assistant jardinier au jardin botanique de l'hôpital de la Marine de Rochefort placé sous les ordres du premier pharmacien en chef Jean-Baptiste Bobe-Moreau. L'entretien en était alors fait par un jardinier septuagénaire, Drouillard. Il y a constitué un herbier rangé d'après le système linnéen.
Il a été envoyé en mission à Madagascar par le gouvernement de la Convention, en 1794, où il a réalisé un jardin d'essai dans la basse vallée de l'Ivondro, près du village de Mahasoa et a laissé plusieurs manuscrits sur les productions végétales locales et aussi sur les usages et les mœurs des habitants.
Chapelier a rencontré André Michaux comme il l'écrit dans une lettre au gouverneur de l'Île de France, François-Louis Magallon, le : « Je recevrai avec reconnaissance les graines potagères que vous avez la bonté de m'offrir. Je les sèmerai à Hy-Satchan, lieu où je réside et que je ne quitte que pour mes excursions et où je cultive et conserve une quarantaine d'espèces d'arbre fruitiers et d'autres exotiques au sol de Madagascar, tels que : manguiers, goyaviers, avocayers, letchis, néfliers du Japons, rangey de la Réunion, thé, caféyiers, etc ..., qui y furent apportés par l'estimable et infortuné Michaux, naturaliste, voyageur de la République, lequel se trouvait comme vous l'avez dû apprendre à la tête de l'expédition du capitaine Baudin autour du monde ». Michaux était venu de France avec l'expédition Baudin dans laquelle fait aussi partie Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent. Ce dernier quitte l'Île de France pour revenir en France le et fait ses adieux à Michaux qui se rend à Madagascar peu après. Dans sa lettre du , Chapelier écrit dans la même lettre que Michaux est mort à Tamatave le . Il ajoute que « c'est depuis cette époque que j'habite le logement qu'il avait fait construire à Hy-Satchan », puis, plus loin, « J'avais, de concert avec le naturaliste mentionné ci-dessus, fait quelques essais pour écussonner le caféier sur un arbrisseau qui croit ici dans les bois et qui appartient au même genre ».
Au moment de la mort de Michaux, Chapelier est un inconnu. Il se manifeste auprès du gouverneur de l'Île de France Magallon après la mort de Michaux et lui fait des offres de service qui les acceptent. Chapelier décrit sa situation dans sa première lettre : « Je prolongerai mon séjour dans cette isle, vraie terre de promission pour qui sait l'apprécier et que j'allais quitter avec le plus amer regret, en étant chasser par la misère qui m'accablait ». Chapelier était au courant de la mission confiée par le général Magallon à Michaux. Il a probablement été le commensal de Michaux à Madagascar. Il occupe sa maison après sa mort. Les recherches menées par Michaux à Madagascar. Il est probable que Chapelier a récupéré ses notes dans lesquelles il a pu récupérer les renseignements scientifiques et techniques. Chapelier a constitué des herbiers remarquables et envoyé des échantillons de plantes à l'Île de France, comme le Vatou fekoune poutci, sans citer ses sources. Dans toutes ses communications scientifiques, Chapelier ne site que lui sans faire référence à Michaux.
Dans une lettre du 15 ventôse 1804 adressée au gouverneur de l'Île de France, Chapelier signale, d’Isatrana sur l’Ivondro, près de Tamatave, l'envoi d'un échantillon de « Vatou fekoune poutci (vato-faikono potsy) », pierre avec laquelle les Betsimisaraka fabriquaient encore à cette époque des ustensiles qui se taillaient facilement et durcissaient extrêmement au feu.
Oublié par le Directoire et l'Empire, Chapelier est mort de maladie, victime de l'insalubrité de l'île, à Madagascar, près de Tamatave, le .
Épidariste Colin, marchand établi à Port-Louis indique que peu avant sa mort Chapelier avait reçu les secours demandées à la Société d'émulation de l'Île de France pour entreprendre le voyage qu'il souhaitait faire à l'intérieur de Madagascar. Après sa mort, tous les objets et documents laissés par Chapelier ont alors été transportés à l'île Bonaparte pour y être vendus. Charles-Thomi Pitot, membre de la Société d'émulation de l'Île de France, est chargé par cette compagnie d'en faire l'acquisition. Il a acheté trois caisses contenant les papiers, les livres, divers échantillons végétales et minérales de Madagascar, des dessins d'arbres, de fleurs et d'herbes observés par Chapelier, des descriptions des usages, coutumes et mœurs des habitants de Madagascar ainsi que la correspondance qu'il avait eue avec Dupetit-Thouars, Petit-Radel, Céré, .... Pitot a remarqué dans ces documents vingt cahiers sur la langue madécasse devant constituer un dictionnaire qui lui avait été demandé par la Société d'émulation. Au moment où Pitot entreprend de transférer ces caisses à l'Île de France, Nicolas Ernault des Bruslys, commandant de l’Île Bonaparte, réclame les caisses comme étant la propriété du gouvernement. Pour transférer ces caisses à l'Île de France, il les met sur un seul vaisseau qui coule dans la baie de Saint-Paul pendant un ouragan.
Éponymie en botanique (Anacardiaceae) Poupartia chapelieri (Guillaumin) H.Perrier in Mem. Mus. Hist. Nat., Paris n.s., xviii. 246 (1944). (IK) (Annonaceae) Polyalthia chapelieri Baill. Adansonia 8: 349. 1868 (IK) (Araceae) Pothos chapelieri Schott Oesterr. Bot. Wochenbl. 5: 19. 1855 (IK) (Araliaceae) Panax chapelieri Drake in Journ. de Bot. 1897, 64. (IK) (Asteraceae) Gymnanthemum chapelieri (Drake) H.Rob. Proc. Biol. Soc. Washington 112(1): 240 (1999). (IK) (Bignoniaceae) Colea chapelieri DC. Prodr. (DC.) 9: 242. 1845 [1 Jan 1845] (IK) (Buddlejaceae) Nuxia chapelieri Jovet Notul. Syst. (Paris) 13: 103. 1947 (IK) (Burseraceae) Protium chapelieri Guillaumin Bull. Soc. Bot. France 56: 144. 1909 (IK) (Chrysobalanaceae) Parinari chapelieri Baill. Hist. pl. Madag., Atlas (1886) t. 12. (IK) (Clusiaceae) Ochrocarpos chapelieri Planch. & Triana Ann. Sci. Nat., Bot. sér. 4, 14: 366. 1860 (IK) (Euphorbiaceae) Croton chapelieri Baill. Recueil Observ. Bot. 1: 166. 1861 ; Adansonia [Baillon] (IK) (Flacourtiaceae) Ludia chapelieri Sleumer Adansonia sér. 2, 12(1): 93. 1972 (IK) (Icacinaceae) Cassinopsis chapelieri (Baill.) H.Perrier in Mem. Mus. Hist. Nat., Paris n.s., xviii. 291 (1944). (IK) (Lauraceae) Potameia chapelieri Baill. Bull. Mens. Soc. Linn. Paris i. (1885) 446. (IK) (Leguminosae) Dalbergia chapelieri Baill. Bull. Mens. Soc. Linn. Paris i. (1884) 436. (IK) (Malvaceae) Abutilon chapelieri Baill. Bull. Mens. Soc. Linn. Paris i. (1885) 508. (IK) (Melastomataceae) Medinilla chapelieri Cogn Monogr. Phan. [A.DC. & C.DC.] vii. (1891) 587. (IK) (Myristicaceae) Brochoneura chapelieri (Baill.) H.Perrier in Rev. Bot. Appliq. xxix. 409 (1949). (IK) (Ochnaceae) Discladium chapelieri Tiegh. Ann. Sci. Nat., Bot. sér. 8, 16: 352. 1902 (IK) (Poaceae) Cephalostachyum chapelieri Munro Trans. Linn. Soc. London 26(1): 140. 1868 [5 de marzo-11 de abril de 1868] (IK) (Rubiaceae) Gardenia chapelieri A.Rich. Mem. Fam. Rubiac. (Mem. Soc. Hist. Nat. Paris, v. 240 : 1834) 160 (1830). (IK) (Rutaceae) Euodia chapelieri Baill. Adansonia 10: 326. 1872 (IK) (Sapindaceae) Macphersonia chapelieri (Baill.) Capuron in Mem. Mus. Hist. Nat., Paris n.s., xix. 126(1969). (IK) (Sterculiaceae) Assonia chapelieri Kuntze Revis. Gen. Pl. (1891) 76. (IK)
Publications
Notes et références
Annexes
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