Louis Nicolas Philippe Auguste, baron (en 1810), puis comte de Forbin (né au château familial de la Roque-d'Anthéron le Archives départementales des Bouches-du-Rhône, LA ROQUE-D'ANTHERON, Acte:Baptême,1777 Vue . Auteur : Comte de Marcellus, Éditeur : Challamel (Paris), 1843, page III., mort le à Paris) est un peintre, écrivain archéologue et administrateur français, ancien élève de DavidBiographie de Forbin sur www.correspondance-delacroix.fr consulté le 13/12/2012. Il succéda à Vivant Denon en 1816 comme directeur général du musée du LouvreLouis Gabriel Michaud , 1817, tome III .

Biographie Enfance et éducation Dès l'enfance, Auguste de Forbin fréquente François Marius Granet avec lequel il est élève du peintre Jean-Antoine ConstantinMusée Granet Aix-En-Provence à Aix-en-Provence. Une amitié solide se noue entre les deux hommes et, par la suite, Forbin aide Granet dans sa carrièreBiographie de Granet consultée le 13/12/012..

En 1793, il est à Lyon lors du siège de la ville par la Convention, assiste à la mort de son père et de son oncle, est recueilli et est élevé par un habile dessinateur lyonnais, Jean-Jacques de Boissieu, qui l’initie à la pratique de son art. Son goût pour la peinture le conduit ensuite à Paris où il est rejoint par son ami Granet. Tous deux prennent des cours auprès du peintre Jean-Louis de Marne, puis quittent son atelier pour devenir élèves de Jacques-Louis David.

Jeunesse En 1799, il est incorporé dans le de chasseurs à cheval, et deux ans après dans le de dragons.

Ensuite, il quitte une première fois sa carrière militaire pour se consacrer à la peinture. Il visite l’Italie, où il obtint la protection de la princesse Borghese (sœur de Napoléon), dont il devint le chambellan en 1803 et l'amant jusqu'en 1807,1814, Lettre VI . Leurs amours furent abritées par le château de la Mignarde à Aix-en-Provence, où Pauline effectua des séjoursDannery Letizia, Les grandes familles d'Aix-en-Provence : Les Sechiari, publié le 14/11/2002 dans L'Express, et au château de La Barben appartenant à la famille de Forbin où un boudoir a été décoré pour elle par GranetDescription Intérieur du Château de la Barben sur www.chateaudelabarben.fr.

Chateaubriand écrit à propos de cette époque (été 1805) dans Mémoires d'Outre-tombe : Chateaubriand, Mémoires d'Outre-tombe, Tome 2, Livre 17, Chapitre 3voir aussi Chateaubriand de Ghislain de Diesbach. Lors d'un séjour à Aix-en-Provence, en , elle fut reçue à l'hôtel de Forbin. Il en perdit brusquement l'estime en octobre de la même annéeForbin Historiques des rues d'Aix-en-Provence.

Napoléon l'envoya alors au Portugal où il réintégra l'armée, attaché à l'état major du duc d'Abrantès (Junot). Il participe alors à première invasion napoléonienne du Portugal et reçoit la croix de la Légion d'honneur. Il se distingue en particulier durant la bataille d'Évora, où il fut un des tout premiers à entrer dans la ville avec le général Pierre MargaronCharles Théodore Beauvais de Préau, .

Il sert ensuite sous les ordres du maréchal duc d'Istrie (Bessières) pendant la campagne d'Allemagne et d'Autriche. Après le traité de Schönbrunn, il retourne en Italie pour se consacrer aux arts.

Direction des musées de France Il revient à Paris en 1814 au moment de la Première Restauration puis des Cent-Jours durant lesquels il termine son tableau Mort de Pline.

Il est nommé directeur général des musées royaux sous la Seconde Restauration, le 16 juin 1816, en succédant au démissionnaire Vivant Denon. Pendant les 25 ans de son directorat, il ne s'occupe pas seulement du musée du Louvre, dans lequel est inauguré le 15 décembre 1827 le musée Charles X, à l'origine du département des antiquités egyptiennes d'ajourd'hui. En effet, il fait créer en 1818 le musée du Luxembourg, consacré à exposer les oeuvres des artistes vivants.

Son rôle lui demande aussi de gêrer les commandes d'oeuvres et des décors pour les bâtiments de propriété royale, dont il décide artistes et sujets. Font partie de cette catégorie, au Louvre, les peintures au plafond du grand escalier, des salles du Musée Charles X et les salles dites Campana, ainsi que un projet pour le musée Dauphin (actuel Hôtel de la Marine), jamais réalisé.

Sous sa direction de nombreuses œuvres entrent dans les collections du Louvre, comme Les Sabines et son pendant Léonidas aux Thermopyles de David. Entrent aussi des antiquités comme celles acquises durant son voyage dans le Levant, en particulier des statues égyptiennes comme celle de Sekhmet qui porte l'inscription Forbin sur le pilier dorsalStatue de Sekhmet, Collections du Louvre. Entre également la Vénus de Milo découverte en 1820. Son futur gendre Marcellus s'est rendu sur place lors de l'acquisition de cette statue par la France.

Après plusieurs années de persévérance, il parvient après la mort de l'artiste, à convaincre le ministre Sosthènes de La Rochefoucauld de financer l'acquisition du Radeau de la Méduse de Géricault en 1824. Le tableau est acheté par l'intermédiaire de Dedreux-Dorcy ami du peintreRevue des Deux Mondes - 1879 - tome 36 sur Wikisource..

Voyages Voyage dans le Levant thumb|Vue de Jérusalem près de la vallée de Josaphat par Forbin. En 1817, Forbin entreprend un long voyage dans le Levant dans l'intérêt des arts. Il embarque à bord de différents navires appartenant à la division navale française au Levant commandée par le commandant Halgan, et arrive après plusieurs étapes jusque Saint-Jean-d'Acre, l'expédition se poursuivant ensuite à terre. Forbin est accompagné des peintres Pierre Prévost et son neveu Léon Mathieu Cochereau ainsi que l'architecte Jean-Nicolas Huyot. L'abbé de Forbin-Janson les accompagne durant la première partie du voyage. Linant de Bellefonds, membre de l'équipage de leur premier navire, quitte celui-ci et se joint en septembre à l'expédition pour aider Pierre Prévost dans son travailForbin (Louis-Nicolas Phillipe Auguste, comte de) « Voyage dans le Levant en 1817 et 1818 ». Paris, de l'Imprimerie Royale (lithographie de G. Engelmann), 1819., consulté le 1er mars 2024..

Les principaux lieux visités sont dans l'ordre Milos, Athènes, Constantinople, Éphèse, Saint-Jean-d'Acre, Jérusalem, Gaza, Damiette, Le Caire, Louxor, Thèbes, Rosette et Alexandrie.

De nombreuses péripéties, le décès de Léon Mathieu Cochereau et la blessure de Jean-Nicolas Huyot émaillent l'expédition. Le , après une longue traversée orageuse à bord d'un brick, le voyage s'achève par un séjour au lazaret de Marseille. Forbin ajoute dans son récit "Voyage dans le Levant" qu'il a acquis durant ce voyage pour d'antiquités pour le musée Royal frais de transport compris.

Dans son texte Voyage dans le Levant (1819) il raconte l'amour tragique du jeune Arabe Ismail pour la chrétienne Mariam. Le peintre Horace Vernet réalise une étude pour un tableau aujourd'hui perdu Ismail et Mariam (1819) qui est conservé au Musée de l'Ermitage à Saint-Petersbourg sous le titre "Tête d'un arabe".

Un mois à Venise thumb|redresse|Un mois à Venise, 1825. En 1820, il fait un autre voyage en Sicile, qui comme celui de 1817, fait l'objet d'une publication et sur .

Déclin En 1828, il subit une attaque vasculaire dont il ne se remet jamais entièrement. En 1841 une seconde attaque le laisse paralysé, il meurt peu de temps après à Paris.

Il est inhumé au cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence.

Famille Fils de François, Anne, Gaspard, Palamède de Forbin marquis de Pont-à-MoussonForbin sur Base Roglo et de Françoise Marthe de Milan de la Roque, il appartient à la branche familiale des Forbin-la Barben.

Le , il épouse à Dompierre-les-Ormes (71), une riche héritière, Mélanie Roseline Félicité de Dortan dame d'Audour née le , décédée à Lyon le , (fille de Charles François Marie Joseph de Dortan et de Thérèse Rosaline Claudine de Damas)Archives départementales de Saône et Loire : Commune de Matour, Mariages de 1792 à 1802, 10 messidor an 7 (28 juin 1799) (Vue 98/131)PARENTÉ DE LA BIENHEUREUSE MARGUERITE - MARIE ALACOQUE, seconde édition, Autun, 1879, page 63.. Grâce à sa femme Forbin hérite du château d'AudourDictionnaire des Châteaux de France, Bourgogne et Nivernais, p. 140, Françoise Vignier..

De ce mariage naissent deux filles : (Marthe-Constance-Rosseline) Lydia née le à Dompierre-les-Ormes. Marthe-Lydia épouse le Vicomte Alexandre Paul de Pinelli. De ce mariage naissent en 1823 Auguste de Pinelli (peintre)Portrait du roi en buste, dans la base arcade du ministère de la culture. et le Mélanie (arrière-grand-mère de Louise de VilmorinFrançoise Wagener Chapitre I.). En 1843, après le décès du Vicomte de Pinelli, Lydia épouse Claudius Jacquand, artiste peintreJacques du CHAYARD, Histoire d'Émeringes, D'après une thèse de Dominique RICHARD (Conseiller culturel au conseil Général de Savoie), consulté le 04/06/2013.. Valentine en 1804 (épouse du comte de Marcellus).

Œuvres alt=Vue intérieure du cloître Saint-Sauveur à Aix-en-Provence, 1829.|vignette|redresse|Vue intérieure du cloître Saint-Sauveur à Aix-en-Provence, 1829. thumb|redresse|Ruines de l'abbaye de Sylvacane, gravure d'après Forbin, 1859. Peintures Procession des Pénitents noirs, 1806 ; Vision d’Ossian, 1806Voir le tableau de Girodet Ossian reçoit les héros français morts pour la Patrie, 1805, au château de La Malmaison. ; Mort de Pline, ; l’Éruption du Vésuve, 1817, qui lui ouvrit les portes de l’Académie des beaux-arts ; Religion au tribunal de l’Inquisition, 1817 ; Inés de Castro couronnée après sa mort, 1819 ; Vue de Jérusalem près de la vallée de Josaphat, 1825, musée du Louvre ; exposé au Salon de 1831 ; Campo Santo à Pise, 1827Rabbe,Sainte-Preuve, . ; Cloître de Santa Maria Novella à Florence, 1827. ; Vue intérieure du cloître Saint-Sauveur à Aix-en-Provence, 1829, musée du Louvre.

Publications

Charles Barimore, roman sentimental, 1810Revue des Romans/Louis Nicolas Philippe Auguste de Forbin sur Wikisource.

, 1823 ; Mois à Venise, 1824, ouvrage accompagné de vues prises par lui-même.

Hommages Auguste de Forbin a reçu les distinctions suivantes : médaille d'or au salon de 1808, membre de l'académie des beaux-arts (élu en 1816)Liste des académiciens - SECTION VI - MEMBRES LIBRES sur www.academie-des-beaux-arts.fr, consulté le 21/09/2013. commandeur de la Légion d'honneur (), après avoir été fait chevalier en 1809 et officier en 1817. chevalier de Saint-Louis et de l'ordre souverain de MalteÉtienne Parrocel, , publié en 1832, page 344..

Une place devant le château de la Roque-d'Anthéron porte son nomla-roque-d-antheron-13/centres-de-readaptation-de-convalescence sur www.pagesjaunes.fr consulté le 27/02/2013, une plaque gravée en souvenir de sa naissance en ce lieu y est visible.

Iconographie Il fut portraituré par Delacroix en 1812 (coll. particulière), et vers 1851 par l'aixois Joseph Marius Ramus (1805-1888), auteur d'un buste de lui en Hermès en marbre, entré au musée du Louvre en 1853, d'après un modèle exposé au Salon de 1831Reproduction dans Le comte de Nieuwerkerke - Art et Pouvoir sous Napoléon III, catalogue de l'exposition du château de Compiègne, 6/10/2000-8/01/2001, p.91..

Il est présent sur le tableau l'Atelier de M. Horace Vernet, en collection particulière..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie F. Fayot, « Comte de Forbin, nécrologie », in L'artiste, 1841, Tome 7, . Directeur général des musées de France. Auteur : comte de Marcellus, éditeur : Challamel (Paris), 1843 Paul Masson (sous la direction de), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 17 volumes parus de 1913 à 1937, tome XI, . Louis du Chalard & Antoine Gautier, Les panoramas orientaux du peintre Pierre Prévost (1764 - 1823), in Orients, Bulletin de l'association des anciens élèves et amis des langues orientales, , .