vignette|Deux garçons jouant au gillidanda sur les ghats du Gange à Varanasi, en Inde Gillidanda (Gilli-Danda) est un sport traditionnel originaire du sous-continent indien, et largement pratiqué en Asie du Sud. On le retrouve également jusqu'en Asie du Sud-Est .

Le jeu se joue avec deux bâtons : un grand bâton appelé danda, qui est utilisé pour frapper un plus petit, le gilli . Il est similaire aux jeux de batte et de balle tels que le cricket et le baseball.

Le gillidanda est un sport ancien, dont l'origine pourrait remonter à plus de 2 500 ansSteve Craig (2002), Sports and Games of the Ancients: (Sports and Games Through History), , pages 63–65.

Histoire Le gillidanda trouve ses origines dans l'Inde ancienne. Ce jeu est pratiqué depuis des siècles et revêt une importance culturelle. Il constituait non seulement une source de divertissement, mais aussi un moyen de développer l'agilité physique et la coordination des joueurs.

Règles vignette|Un gilli Le gillidanda se joue avec deux instruments : un danda, un long bâton en bois, et un gilli, un petit morceau de bois ovale. Il se joue à quatre joueurs ou plus, en nombre pair.

Le danda doit mesurer environ 50 cm et le gilli environ 15 cm. Il existe certaines règles pour préparer les bâtons. vignette|Le garçon de gauche s'apprête à frapper le gilli avec le danda, tandis que celui de droite est en train de réceptionner. Au milieu d'un petit cercle, le joueur fait tenir le gilli en équilibre sur une pierre, incliné (un peu comme une balançoire à bascule), une extrémité touchant le sol tandis que l'autre est levée. Il utilise ensuite le danda pour frapper le gilli à l'extrémité levée, ce qui le projette en l'air. Pendant que le gilli est en l'air, le joueur le frappe le plus loin possible. Après avoir frappé le gilli, il doit courir et toucher un point convenu à l'avance à l'extérieur du cercle avant qu'un adversaire ne récupère le gilli. Après avoir été frappé, le gilli s'envole. Si un joueur de l'équipe adverse l'attrape, le frappeur est éliminé. Si le gilli atterrit au sol, le joueur adverse le plus proche a une chance de toucher le danda (placé sur le cercle) avec un lancer (comme un run out au cricket). S'il réussit, le frappeur est éliminé ; sinon, il marque un point et a une nouvelle chance de frapper. L'équipe (ou le joueur) qui a le plus de points remporte la partie. Si le frappeur ne parvient pas à toucher le gilli, au bout de trois tentatives, il est éliminé (comme un strike out au baseball). Après que le gilli a été frappé, les joueurs adverses doivent retourner au cercle ou, idéalement, l'attraper en plein vol sans qu'il touche le sol.

Le gillidanda n'a pas de dimensions spécifiques et le nombre de joueurs n'est pas limité.

Variantes Le gilli danda se décline en de nombreuses variantes régionales. Dans certaines versions, le nombre de points marqués dépend de la distance parcourue par le gilli après sa frappe. Cette distance est mesurée en fonction de la longueur du danda, ou parfois de celle du gilli . Le score dépend également du nombre de fois où le gilli est touché en l'air lors d'une même frappe. Si le gilli parcourt une certaine distance en deux frappes aériennes, le total des points est doublé. Si le gilli n'est pas frappé assez loin, le joueur doit le ramasser et recommencer.

Dans une variante, le batteur frappe le gilli et, lorsque celui-ci vole et retombe à une certaine distance (courte ou longue), il indique au lanceur la distance estimée entre sa position et l'endroit où le gilli est tombé, soit le nombre de longueurs de danda. C'est une estimation. Le lanceur accepte le score ou peut mesurer lui-même la distance. Si le score est incorrect après la mesure, le batteur est éliminé.

Reconnaissance Shobhit Maurya est actuellement champion du monde de gilli danda et détient plusieurs records du monde. Le Comité consultatif de l'UNESCO et le Conseil international des sports et jeux traditionnels (ICTSG) souhaitent vivement faire revivre et promouvoir tous ces sports traditionnels qui sont presque en train de disparaître dans le monde entier.

Jeux similaires dans le monde Des jeux similaires au gillidanda existent dans une grande variété de régions géopgraphiques. vignette|Une partie de billarda en Galice, Espagne

En Iran, Alak dolak (الک دلک) ou Aluch Aghach (ألوچ آقاچ). En Azerbaïdjan, Çilingağac (Chilingaghaj). En Galice, billarda. En Catalogne et dans la Communauté valencienne, bòlit. Aux Philippines, syatong ou pati-kubra (en Morong). En Italie, Lippa, Lipe, Tirolo ou S-cianco. Le jeu est présenté dans le film Attention, on va s'fâcher ! En Croatie, un vieux jeu de bergers pour enfants appelé Pikuća. Aux États-Unis, le pee-wee. Le Dainty, un jeu de balle de rue pratiqué à Schnitzelburg, dans le comté de Louisville, aux États-Unis. En Angleterre, le tip-cat, giddy-gaddy et cat's pallet. En Pologne, Klipa. En Malaisie, konda kondi. En Norvège, vippe pinne. En Roumanie, țurcă. En Russie et en Ukraine, chizhik (чижик). En Slovénie, pandolo. Au Mexique, charangay ou changais. À Cuba, Quimbumbia. À Terre-Neuve, un jeu traditionnel similaire pour les enfants est connu sous le nom de Tiddly ou Piddly. En Irlande, Cead (prononcé « Kyad »), qui se joue traditionnellement exclusivement un jour par an, le jour de la Saint-Patrick (17 mars), sur l'île d'Inishmaan (Inis Meáin) sur la côte atlantique de Galway. Chez les Abénaquis du Canada et des États-Unis, il existe un jeu appelé Moineau. Au Népal, un jeu similaire est connu sous le nom de Dandibiyo. Dans le nord de la France, le jeu de guise.

Dans la culture populaire Le film de bollywood Lagaan, sorti en 2001 mentionne le gillidanda, comme étant similaire au cricket.

Le film sportif marathi Vitti Dandu, sorti en 2014, a été réalisé sur le même sport.

Le film népalais de 2021, Damaru Ko Dandibiyo, avec Khagendra Lamichhane dans le rôle principal, raconte l'histoire d'une équipe d'outsiders remportant la ligue gillidanda.

L'écrivain hindi Premchand a écrit une nouvelle intitulée « Gilli-danda » dans laquelle il compare la simplicité et les émotions du passé aux valeurs modernes, tout en évoquant les inégalités de castes en Inde. Le protagoniste, qui est aussi le narrateur, raconte son incapacité à bien jouer au gilli-danda dans sa jeunesse. Il se souvient d'un ami qui maîtrisait parfaitement le gilli. Devenu adulte et fonctionnaire, il revient à la recherche de son vieil ami et le retrouve : très pauvre, il répond, à la question du protagoniste : « Où trouvons-nous le temps ? » Le protagoniste le convainc de jouer – il triche à chaque occasion – mais son ami se soumet docilement, même s'il n'aurait jamais laissé passé une triche pareille dans sa jeunesse. Après sa défaite, son ami l'invite à un match de gilli-danda le lendemain. Le protagoniste est choqué de voir son ami jouer aussi bien qu'avant et réalise qu'il l'avait laissé faire parce qu'il savait qu'il avait oublié les bases du gilli-danda. Le protagoniste se sent très petit et retourne en ville humilié.

Références

Catégorie:Sport en Inde