Les () sont des organismes photosynthétiques et autotrophes, caractérisés par des cellules végétales. Elles forment l'un des règnes des Eukaryota, regroupant notamment les plantes terrestres (Embryophytes), les algues vertes et les algues rouges (voir l'arbre phylogénétique plus bas).
La science des plantes est la botanique, qui dans son acception traditionnelle étudie aussi les champignons, les algues et les cyanobactéries (qui n'appartiennent pas au règne des Plantae).. L'ancien « règne végétal » n'existe plus dans les classifications modernes (cladistes ou évolutionnistes)..
Le nombre d'espèces de plantes est difficile à déterminer, mais il existerait (en 2015) plus de espèces décrites, dont la grande majorité sont des plantes à fleurs ( répertoriées), sachant que près de deux mille nouvelles espèces sont découvertes chaque année Steven Bachman, State of the World's Plants Report. 2016, Royal Botanic Gardens, Kew, p. 7/84, 2016 .. Depuis le début du , trois espèces de plantes disparaissent chaque année, principalement victimes de la déforestation. Une plante sur cinq serait menacée d'extinction.
Classification
Les plantes ont été jusqu'au milieu du l'un des trois grands groupes dans lesquels les êtres vivants étaient traditionnellement répartis, les deux autres groupes étant celui des animaux et celui des Fungi plus connus sous le nom de champignons. La division remonte aux environs du temps d'Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.) qui différenciait les plantes, celles-ci ne se déplaçant pas, et les animaux souvent en mouvement pour attraper leurs proies. Dans son Historia Plantarum, Théophraste (371-288 av. J.-C.) décrit près de 480 plantes et est le premier à proposer une classification basée sur des caractères propres aux végétaux et non sur des caractères anthropocentriques. Il en envisage d'ailleurs plusieurs : selon lui, les végétaux peuvent être répartis en quatre groupes selon leur hauteur : les arbres (, d'où la dendrologie), arbrisseaux (), sous-arbrisseaux () et plantes herbacées () parmi lesquelles il classe les plantes potagères et les céréales. Le savant grec considère également possible de distinguer à l'intérieur de ces grandes catégories les espèces domestiques et les espèces sauvages ou encore les espèces terrestres et les espèces aquatiques.. Il désigne le végétal et la plante de la même manière, avec le terme grec (d'où la phytologie) alors que les Romains emploient les termes latins d’ et ..
Au cours du Moyen Âge apparaissent des usages botaniques pour les termes et : le premier désigne les végétaux selon leur usage, c'est-à-dire à des fragments que l’on « plante », le second faisant référence au verbe vegetare utilisé dans le vocabulaire religieux au sens de fortifier, vivifier, faire croître (d’un point de vue spirituel). À partir du , les deux termes sont utilisés indistinctement ou alternativement pour désigner ce qui est vivant et immobile, par opposition à (vivant et mobile) et à (non vivant et immobile). À cette époque, des botanistes, notamment les frères Jean et Gaspard Bauhin, entament une réflexion sur le classement des plantes.. Ils cherchent à établir des groupes naturels de plantes à partir de leur ressemblance mais c’est le botaniste Andrea Cesalpino qui fait progresser la classification des plantes. Dans son livre intitulé , paru en 1583, il propose quinze classes qui se basent sur des critères stables, tels que le caractère ligneux ou herbacé de la tige (« Arbores, Fructices, Suffructices et Herbae », les arbres, arbustes, arbrisseaux et herbes), la présence ou l'absence de graines, la forme du fruit, la présence ou l'absence d'une enveloppe autour d'elle, la forme de la racine. Cette classification commode est employée durant deux siècles..
John Ray (1628-1705), naturaliste anglais, propose d'établir un nouveau système de classification ayant pour fondement le plus grand nombre possible de caractères de la fleur, du fruit ou de la feuille . Puis, Pierre Magnol (1638-1715), inventeur du terme famille, répertorie 76 familles de plantes. Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) établit un classement des végétaux suivant la structure des fleurs et introduit les notions d'espèce et de genre. Enfin, Carl von Linné (1707-1778), botaniste du roi de Suède, crée la base du système moderne de classification scientifique et codifie la nomenclature binominale des végétaux et des animaux. Ces deux groupes deviennent des règnes, végétal et animal. Sa classification des plantes basée sur le (nombre d'étamines) divise les groupes naturels, et est encore un obstacle au progrès en systématique. En 1763, Michel Adanson publie Familles des Plantes, dans laquelle il présente une classification naturelle basée sur ( végétaux). Cette classification naturelle est poursuivie par les de Jussieu et par la classification de Candolle qui améliore le système de Jussieu, en introduisant notamment les caractères anatomiques, qui permettent de distinguer les végétaux vasculaires qui présentent un système de circulation de la sève, des végétaux cellulaires.
Un certain nombre d'espèces anciennement considérées comme des plantes, tels les champignons, les algues unicellulaires voire les algues pluricellulaires, commencent à être exclus de ce groupe pour former des catégories propres dès la fin du .
Les premières classifications semi-phylogénétiques (basées sur une appréciation subjective d'ancienneté des caractères selon un postulat aujourd'hui abandonnéSelon ce postulat, les plantes présentant des caractères « primitifs » étaient considérées comme les ancêtres des autres.) sont l'œuvre de l'école allemande ( en 1883, classification d'Engler en 1924) et de l'école anglo-saxonne ( en 1915, en 1926)..
Les classifications modernes prémoléculaires des Angiospermes (classification de Takhtajan en 1943, classification de Cronquist en 1957, classification de Thorne en 1968, classification de Dahlgren en 1975) sont régulièrement révisées en fonction de progrès de la connaissance permettant de proposer de nouvelles hypothèses évolutives. Ces classifications complètent les classifications phylogénétiques moléculaires actuelles, notamment les classifications phylogéniques moléculaires en clades de l'Angiosperm Phylogeny Group. Au début du , la systématique est ainsi basée sur une organisation phylogénétique rendue plus concrète par la mise en évidence de synapomorphies morphologiques ou biochimiquesAline Raynal-Roques, , p. 48.
Aujourd'hui la communauté scientifique francophone privilégie le terme végétaux plutôt que celui de plante, mais dans le même temps ces deux termes ne désignent plus vraiment un groupe homogène dans les classifications phylogénétiques. Caractéristiques principales vignette|Toutes les plantes renferment des pigments photosynthétiques : chlorophylles (pigments verts), caroténoïdes (pigment orangés, bleus et rouges). Les pigments chlorophylliens, de loin les plus abondants, possèdent deux bandes d'absorption (bleu et rouge) dans le spectre lumineux, ce qui se traduit par une valeur maximale de la réflectance autour du vert, d'où la couleur verte des plantes. + Principales caractéristiques des plantesTypes de plante Caractéristiques généralesArchaeplastidaPhotosynthèse, chlorophylle.├─o└─oAlgues rougesChlorobionta (ou organismes verts page 8 : « Chlorobionta Bremer, 1985 (organismes verts) = Viridiplantae Cavalier-Smith, 1981 (plantes vertes). Les algues vertes n'étant pas des plantes (elles ne sont pas plantées dans un substrat), le terme Chlorobionta paraît préférable. »).├─o└─oAlgues vertesPlantes terrestresAdaptation à la gravité, archégones, embryon végétal.├─o└─oMoussesPlantes vasculairesFausses racines.Vaisseaux conduisant la sève, lignine, feuilles à nervures.├─o└─oPrêles, fougères…Plantes à grainesÉmancipation de la reproduction aquatique, graines.├─o└─oGymnospermesPlantes à fleursFleurs, protection des graines dans des fruits.
Les végétaux sont des organismes autotrophes, c'est-à-dire qu'ils produisent leur propre matière organique à partir de sels minéraux puisés dans le sol et de dioxyde de carbone, assimilé par les feuilles grâce à l'énergie solaire : c'est le mécanisme de photosynthèse. Ils lui doivent, par le biais de la chlorophylle contenue dans les chloroplastes, leur couleur verte. Les végétaux sont des organismes généralement fixés au sol par leurs racines (mais il y a des exceptions), ce qui les rend très dépendants des conditions de leur environnement ; cet état est lié à la nature cellulosique des parois cellulaires, aux tissus de soutien de la plante (collenchyme et sclérenchyme) et à certaines molécules particulières comme la lignine qui rend les tissus rigides. Les végétaux sont des organismes peu différenciés. Il existe peu de types de tissus ou d'organes différenciés, ce qui entraîne des propriétés particulières : une dimension potentiellement indéfinie et une capacité de régénération importante (d'où la possibilité de multiplication végétative). Les plantes ont besoin de différents éléments rassemblés pour survivre et pousser. Le premier est la lumière, utile pour le processus de photosynthèse, qui apporte de l'énergie. Ensuite viennent l'eau et la terre d'où sont tirés les nutriments, et l'air dont elles extraient le dioxyde de carbone, permettant également la photosynthèse. Les conditions exactes varient selon le type de plante. Au sein du règne végétal les plantes sont des organismes qui possèdent des racines et une partie aérienne.
Subdivisions Le biologiste Marc-André Selosse estime la définition du terme végétal discutable et arbitraire. Si on réunit tous les eucaryotes capables de photosynthèse, alors ce terme « flou » correspond à un groupe polyphylétique dans lequel sont rassemblées des espèces de nombreuses lignées évolutives diverses qui ont acquis (parfois par convergence) un plaste photosynthétiqueArbre phylogénétique des eucaryotes montrant les neuf grands groupes reconnus aujourd’hui : le terme végétal peut s'appliquer à la lignée ayant « adopté » la photosynthèse (6 groupes sur 9), la lignée verte, les plantes vertes ou les plantes terrestres, Les ronds roses représentent une endosymbiose (le nom indique l’origine de leur plaste), les triangles bleus la perte d'un plaste. Les champignons (en marron) sont constitués de deux lignées éloignées. Les animaux regroupaient traditionnellement les métazoaires (en bleu) et les protozoaires (en orange), qui sont éparpillés dans l'arbre. Tiré de Marc-André Selosse, 2012, p. 10. Chez plusieurs de ces lignées, la distinction animal/végétal est d'ailleurs ténue. Le système des cinq règnes de Whittaker. comprend les « Plantae » comme des eucaryotes photosynthétiques pluricellulaires (notion de métaphytes, conception non valide mais présente encore dans les manuels scolaires).. Selon une autre conception fonctionnelle macrocentrée, on peut restreindre cette définition aux Archaeplastida, comprenant les végétaux terrestres, les algues vertes et les algues rouges, ou plus restrictivement encore n'y inclure que les plantes vertes, la limiter aux plantes terrestres voire aux plantes à fleurs..
Algues thumb|upright|Algue verte de l'œuvre d'Ernst Haeckel, intitulée Kunstformen der Natur, 1904.
En classification classique, traditionnellement, seules les algues vertes ou Chlorophytes étaient considérées comme plantes, et ne formaient donc pas un sous-règne. La classification des autres algues dans le règne des plantes est une introduction de la classification scientifique amorcée depuis le . Auparavant, elles ont été classées de façon variable avec les protistes. Les progrès de la phylogénie ont fait disparaître certaines classes et des rapprochements morphologiquement inattendus s'opèrent dans la classification.
Plantes vertes Bryophytes